Étiquette : Premier Ministre

Discours de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre, au Forum international Paris Europlace

Mardi 9 juillet 2019
Paris, Pavillon Gabriel

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le président d’Europlace, cher Augustin de Romanet,

Mesdames et messieurs les élus franciliens,

Mesdames et messieurs, chers amis,

Peut-être que certains d’entre vous…

Agenda prévisionnel de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre, du lundi 8 juillet 2019 au dimanche 14 juillet 2019

Lundi 8 juillet 2019
10h00 : Entretien avec Mme Frédérique VIDAL, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Hôtel de Matignon

15h45 : Signature avec le Président de la République des contrats de convergence et transforma…

Le sommet de Poznan sur les Balkans occidentaux

Le Premier ministre a rappelé l’attention que la France porte à cette région. Il a présenté la nouvelle stratégie française pour les Balkans occidentaux impulsée par le président de la République au sommet informel du 29 avril dernier à Berlin. Elle pr…

Discours à l’occasion de la visite sur le site de la plateforme de recherche en énergétique MYRTE

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le ministre d’État,

Monsieur le président du Conseil exécutif de la collectivité de Corse,

Messieurs les parlementaires,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

J’ai souhai…

Discours à la Citadelle de Bastia

Seul le prononcé fait foi

Madame la Ministre,
Monsieur le Président du Conseil exécutif de la collectivité de Corse,
Messieurs les parlementaires
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

C’est la première fois que je m’exprime en Corse …

Agenda prévisionnel de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre, du lundi 1er juillet 2019 au vendredi 5 juillet 2019

Lundi 1er juillet 2019
16h00 : Entretien avec Mme Élisabeth BORNE, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition Écologique et Solidaire, chargée des transports
Hôtel de Matignon

18h00 : Entretien avec M. Roch WAMYTAN, président du Con…

Remise du rapport du Haut Conseil pour le Climat

Remise du rapport du Haut Conseil pour le Climat

Le Premier ministre a reçu aujourd’hui le premier rapport du Haut Conseil pour le Climat. Présidée par la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré, et composée de 10 autres scientifiques, économi…

Conférence de presse conjointe avec M. Dmitri Medvedev, président du Gouvernement de la Fédération de Russie

Le Havre
Lundi 24 juin 2019

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs,

C’est un très grand plaisir pour moi d’accueillir mon homologue russe Dmitri MEDVEDEV au Havre aujourd’hui et je voudrais vou…

Bilan et perspectives du 3ème Comité interministériel de la transformation publique

Dossier – Bilan et perspectives du 3ème Comité interministériel de la transformation publique

Dossier de presse – 3ème Comité interministériel de la transformation publique

Dossier de presse – 3ème Comité interministériel de la transformation publique

Clôture du colloque « Médias, liberté et création »

Mercredi 19 juin 2019

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le ministre, cher Franck,

Monsieur le président, cher Roch-Olivier Maistre,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Messieurs les anciens présidents du CSA…

Présentation de la réforme de l’assurance chômage

Hôtel de Matignon
Mardi 18 juin 2019
Seul le prononcé fait foi

La réforme de l’assurance chômage que nous vous présentons aujourd’hui avec Madame la ministre du Travail s’inscrit dans une grande ambition que nous portons depuis deux ans.

Cette ambiti…

Agenda prévisionnel du lundi 17 juin 2019 au vendredi 21 juin 2019

Lundi 17 juin 2019
09h30 1ère convention internationale « Team France Export »
Rouen

19h00 Invité de l’émission « C à vous » sur France 5

Mardi 18 juin 2019
08h30 Petit-déjeuner de la majorité
Hôtel de Matignon

10h00 Entretien avec les partenaires s…

Dossier de presse – Point d’étape sur la réforme du dispositif de soutien public à l’export

Réforme du dispositif de soutien public à l’export

Discours du Premier ministre – 1ère Convention nationale Team France Export

Rouen
Lundi 17 juin 2019
Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est un plaisir de vous retrouver ici à Rouen. Dans « Cette vieille cité normande » que Madame…

Discours du Premier ministre au Congrès annuel de Villes de France

Albi
Vendredi 14 juin 2019
Seul le prononcé fait foi

Madame la présidente, chère Caroline,

Madame le maire,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Monsieur le président délégué,

Mesdames et Messieurs.

«Dans notre France mod…

Renouvellement de la Commission nationale consultative des droits de l’homme

L’arrêté relatif à la composition de la Commission nationale consultative des droits de l’homme est publié ce jour au Journal Officiel.
En nommant 18 nouveaux membres issus d’horizons variés, le Gouvernement a procédé à un large renouvellement afin de …

Déclaration de politique générale au Sénat

Sénat, jeudi 13 juin 2019

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Si j’utilise aujourd’hui l’alinéa 4 de l’article 49 de la Constitution, pour vous demander l’approbatio…

Le permis pour tous : une formation personnalisée et de qualité, un permis de conduire moins cher

Mesure 1
Gratuité du code (formation et examen) pour les volontaires SNU

Mesure 2
Développer l’usage du simulateur de conduite dans la formation

Mesure 3
Développer l’apprentissage de la conduite sur boîte automatique

Mesure 4
Favoriser l’accès à la…

Séminaire de travail avec le Gouvernement et des représentants de la majorité

Déclaration du Premier ministre
Hôtel de Matignon – 29 avril 2019

Seul le prononcé fait foi.

Après les annonces du président de la République jeudi, dernier j’ai choisi de réunir l’ensemble des membres du Gouvernement ainsi que les présidents des gro…

Communiqué – Deux accords ambitieux signés entre les acteurs du logement social et l’Etat

Deux accords ambitieux signés entre les acteurs du logement social et l’Etat pour soutenir la construction, la rénovation et la transformation du secteur

Le Premier ministre a signé avec Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des Territoires et …

Discours lors de la cérémonie de commémoration du génocide arménien de 1915

L’Arménie expire. Mais elle renaîtra.

Discours du Premier ministre – Inauguration du bâtiment de jonction Orly 3

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Messieurs les présidents de conseils départementaux,
Mesdames et Messieurs,

Vous avez tout dit, cher Augustin de Romanet. Comme…

Conférence de presse Notre Dame de Paris

Palais de l’Elysée
Mercredi 17 avril 2019
Seul le prononcé fait foi

Mesdames et messieurs,

Le président de la République a exprimé hier soir l’émotion de la nation face à l’incendie qui a ravagé la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Cette émotion, c’…

Discours du Premier ministre – Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation

Seul le prononcé fait foi
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,

Daech est à terre. Après cinq ans de terreur, son emprise territoriale en Syrie et en Irak est anéantie, grâce à l’action de la coalition internationale et de nos ar…

Renouvellement de la Commission nationale consultative des droits de l’homme

L’arrêté relatif à la composition de la Commission nationale consultative des droits de l’homme est publié ce jour au Journal Officiel.
En nommant 18 nouveaux membres issus d’horizons variés, le Gouvernement a procédé à un large renouvellement afin de …

Renouvellement de la Commission nationale consultative des droits de l’homme

L’arrêté relatif à la composition de la Commission nationale consultative des droits de l’homme est publié ce jour au Journal Officiel.

En nommant 18 nouveaux membres issus d’horizons variés, le Gouvernement a procédé à un large renouvellement afin de…

Déclaration du Gouvernement en application de l’article 50-1 de la Constitution, relative au Grand débat national, suivie d’un débat

Discours de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre

Déclaration du Gouvernement en application de l’article 50-1 de la Constitution, relative au Grand débat national, suivie d’un débat

Assemblée nationale

Mardi 9 avril 2019

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le président,

Mesdames et Messieurs,

Madame et Messieurs les présidents de groupes,

Mesdames et Messieurs les députés.

Le Grand débat national que le président de la République a lancé il y a trois mois s’est achevé hier. Durant ces 3 mois, nos concitoyens ont inventé un moment inédit de démocratie. Les chiffres témoignent d’un dialogue d’une ampleur exceptionnelle : plus de 10 000 réunions publiques, plus de 16 000 cahiers, ou plus exactement plus de 16 000 communes ayant ouvert des cahiers à nos concitoyens, c’est à dire une commune sur deux, près de 2 millions de contributions en ligne, 21 conférences citoyennes, … Et ce, Mesdames et Messieurs les Députés, sans aucun incident d’ordre public, de débat, de désaccord parfois, mais dans un esprit de concorde qui apaise et qui, reconnaissons-le, donne une autre image de notre pays que celle des violences de rue qui se sont succédées chaque samedi.

Je l’ai dit : ce succès populaire n’est pas le succès du Gouvernement, il n’est le succès d’aucun parti, d’aucune fraction du peuple, il est le succès des Français.

Mais ce succès n’aurait pas été possible sans le soutien des élus, et je voudrais les remercier. Les maires, d’abord, qui ont organisé de très nombreux débats partout en France. Quelle que soit la taille ou la localisation géographique des communes qu’ils ont la charge d’administrer, les maires ont répondu présents par les cahiers, par les réunions d’initiative locales. Sur un peu plus de 10 000 réunions organisées, plus de la moitié ont été organisées par des maires. C’est un engagement évidemment remarquable que je veux saluer. Mais aussi les formations politiques que vous représentez. J’ai eu l’occasion de l’indiquer la dernière fois que je me suis exprimé à cette tribune, certaines formations politiques ont accueilli l’idée de ce Grand débat avec scepticisme, mais la quasi-totalité d’entre elles a accepté d’en jouer le jeu, et même en en connaissant les limites, je suis certain que nous saurons ensemble mesurer la richesse exceptionnelle d’une parole collectée et saluer l’expression directe de plus d’un million et demi de Français. Cette expression nous oblige, nous ne serons sans doute pas tous d’accord sur l’interprétation et encore moins sur les suites politiques à donner, mais il me semble important de saluer l’esprit républicain des élus de la nation, et singulièrement de ceux qui composent cette assemblée, comme il me semble important de saluer l’engagement des partenaires sociaux et du monde associatif dans ce moment démocratique.

À cet égard, Monsieur le Président, je voudrais remercier l’Assemblée nationale d’avoir organisé, la semaine dernière, son Grand débat. Il eût été paradoxal que l’on débatte partout en France sauf ici.

La crise des gilets jaunes est née d’une taxe et de la hausse plus générale des prix du carburant. Avant de prendre d’autres formes, pas toutes acceptables, elle a été l’expression d’un malaise profond chez beaucoup de nos compatriotes. Aucun d’entre nous ici, qui suivons et qui participons à la vie politique, n’ignorons ce malaise, cette colère qui, depuis longtemps déjà, a à certaines occasions manifesté son intensité : c’est le 21 avril 2002, c’est les émeutes urbaines de 2005, c’est le non au référendum de 2005 et la ratification parlementaire de 2007, c’est l’élimination de l’ensemble des partis politiques traditionnels en 2017. Toutes ces manifestations, toute cette colère, elle est ancienne et elle a pris la forme aujourd’hui de ces rassemblements spontanés sur les ronds-points, puis de manifestations parfois violentes.

Permettez-moi tout d’abord de revenir sur les causes profondes qui ont alimenté cette colère.

La première, c’est la baisse de pouvoir d’achat de beaucoup de nos concitoyens depuis la crise financière de 2008, dont, 10 ans après, nous n’avons pas fini de subir le choc. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, le pouvoir d’achat par habitant était toujours égal à sa valeur de 2010, alors que sur la même période, en Allemagne par exemple, il progressait de 7 %. Parce que le chômage a progressé de plus de 2 points entre 2008 et 2016. Parce que la croissance a stagné sur cette période. Parce que les impôts ont continué à augmenter sans interruption.

La deuxième cause, c’est, après des années de crise ou de croissance molle, la conviction terrible qui s’est installée chez des millions de Français, que leurs enfants – nos enfants – vivraient moins bien que nous. Que les inégalités, les injustices s’accroissent, qu’elles se figent, qu’elles se transmettent et qu’au fond, la réussite ne dépendrait pas des mérites individuels mais du milieu de naissance ou du lieu de résidence, ou, plus exactement encore, que les mécanismes qui ont existé pour corriger ces biais ne fonctionneraient plus à la hauteur et à l’intensité qui devrait être les leurs. Dans une République qui a fait de la promotion sociale sa promesse et peut-être sa promesse fondamentale, cette inégalité de destin est, Mesdames et Messieurs les députés, la pire des injustices. Elle est au cœur de l’engagement du président de la République, et je sais qu’elle est au cœur de tous ceux qui croient profondément, sur tous ces bancs, aux valeurs de la République.

Enfin, la dernière cause, c’est l’éloignement. L’éloignement physique, géographique parfois, plus généralement la disparition de cette fraternité. Parce que des lignes de train ont fermé, parce que des médecins sont partis et n’ont pas été remplacés, parce que des services publics ont déménagé à 30 ou 50 kilomètres, parce que nos modes de vie, nos règles d’urbanisme, nos choix publics, Mesdames et Messieurs les députés, ceux des années 1970 et 1980 en matière d’urbanisme, ceux des années 1980 et 1990 en matière d’urbanisme commercial, tous ceux-là ont poussé à l’étalement urbain et à la désertification des centres-villes. Des métropoles de taille européenne se sont imposées, et c’est une immense réussite parce tout ne marche pas mal en France. Mais nous n’avons pas su, nous n’avons pas pu faire la même transformation pour certaines villes moyennes qui se paupérisent, ou pour de nombreuses zones rurales. Et puis nos concitoyens ont le sentiment que les décisions sont prises ailleurs, que leurs élus, que les fonctionnaires qui servent l’administration deviendraient anonymes, lointains, différents d’eux, et qu’il y aurait toujours une norme pour s’opposer à une solution.

Au final, le mouvement que nous connaissons depuis novembre dernier, le soutien dont il a pu se targuer, tout cela exprime un besoin de considération et de reconnaissance, une volonté d’être associé à la décision au lieu de la subir.

Ces causes profondes, nous le savons tous, ne sont pas propres à la France. Si les histoires nationales sont spécifiques, comment ne pas faire le lien avec des expressions politiques que nous avons connus au Royaume-Uni, en Italie, aux États-Unis ? La manifestation est conforme peut-être au génie national et propre à la France, mais les causes sous-jacentes sont, elles, me semble-t-il, bien plus générales et bien plus partagées dans le monde occidental qu’elles ne le seraient spécifiques à notre pays.

En France, cette expression n’a pas amené au succès d’un parti populiste. Elle a d’abord pris la forme d’un sursaut, avec l’élection du président de la République. Elle a pris la forme d’une union nationale aux législatives, quand des femmes et des hommes venus d’horizons différents de ce qui était la droite, de ce qui était la gauche, ont exprimé leur accord avec le diagnostic du président de la République et décidé de dépasser des vieux clivages pour refuser la politique du pire, pour refuser un nouveau quinquennat pour rien, et pour se mettre au travail afin de réparer le pays.

Deux ans plus tard, parce que les causes profondes dont je veux parler n’ont pas disparu, et aussi parce que nous avons bousculé le pays pour le transformer, il est monté en France une colère. Celle de citoyens qui, durant de longues années, ont pris l’habitude de subir leur lot d’injustices. Celle de citoyens qui, par pudeur souvent, ne se plaignaient pas parce qu’ils estimaient qu’il y avait pire situation que la leur. Celle de citoyens qui ne demandent pas la charité mais la justice la plus élémentaire, celle qui consiste à vivre et à élever leurs enfants grâce à leur travail.

Cette indignation, nous l’avons entendue, et nous avons commencé à y répondre avec le soutien de cette majorité. Nous avons annulé la taxe qui a été le déclencheur de cette colère. Nous avons corrigé l’augmentation de CSG sur les retraités. Nous avons pris des mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat en accélérant fortement la trajectoire prévue initialement sur la prime d’activité et sur l’exonération des heures supplémentaires.

Mais le président de la République, Mesdames et Messieurs les Députés, nous a demandé d’aller au-delà et de ne pas nous contenter de ces mesures d’urgence. Il n’a pas cherché, comme d’autres avaient pu le faire, à clore ce débat, à endormir la colère avec de l’argent public ou en prenant de l’argent aux entreprises et aux actifs qui font la richesse et la production de ce pays. Au contraire, il a pris le risque du débat. Il a demandé que nous y consacrions du temps à ce débat pour que toutes les sensibilités s’expriment, y compris dans leurs contradictions, et pour que tous nos concitoyens, autant ceux qui ont l’habitude de prendre part à des débats publics que ceux qui s’en sentent exclus, puissent avoir accès à un mode d’expression, que ce soit le cahier ouvert dans leur commune ou la réunion d’initiative locale quand ils souhaitaient confronter leurs idées, entendre et débattre, ou bien par internet pour ceux qui préféraient cette façon de s’exprimer. L’important était d’avoir un débat foisonnant pour qu’aucun des biais propres à une façon de s’exprimer ne puisse être surdéterminant, de façon à ce que chacun puisse avoir la chance d’avoir accès à ce débat. On a d’ailleurs vu, Mesdames et Messieurs les Députés, que les thèmes de décembre dans les cahiers ouverts en mairie ne sont pas exactement ceux de janvier et de février dans les réunions locales ou dans les conférences citoyennes.

Sous le contrôle des garants, la restitution a eu lieu hier et j’’ai eu l’occasion d’indiquer quelles étaient les principales leçons que le Gouvernement tirait du Grand débat : d’abord, un immense besoin de justice et d’équité, j’y reviendrai, et puis quatre exigences.

La première exigence -c’est peut-être la plus difficile à entendre pour nous, et quand je dis pour nous, j’entends pour nous tous, ici – prend la forme d’un mur de défiance qui sépare beaucoup de Français de ceux qui les représentent et influent sur leur vie, qu’ils soient élus, hauts fonctionnaires, syndicalistes, journalistes. À part les maires, pas une seule organisation, pas une seule catégorie d’élus n’échappe à cette défiance. Bien sûr, individuellement, nous avons des soutiens mais collectivement, nous serions aveugles d’imaginer que cette défiance n’est pas élevée et n’est pas grandissante. Cette défiance, elle ne naît pas d’hier. Elle date d’il y a longtemps. L’antiparlementarisme a des racines profondes dans notre pays, bien entendu, mais elle s’est développée en réaction à des pratiques auxquelles les lois sur le financement de la vie politique, puis la loi pour la confiance dans la vie politique de septembre 2017, ont mis fin. Cette loi était la première loi de la législature, et nous pouvons en être fiers. Il faut le dire fortement. Les pratiques qui ont suscité ces réactions, ont cessé depuis longtemps. Le financement de la vie politique est considérablement assaini par rapport à ce qui prévalait il y a 20, 30 ou 40 ans. Le cumul n’existe plus. Les rémunérations des élus ne sont certainement pas imméritées, et elles sont plafonnées, et il est injuste d’incriminer les élus d’aujourd’hui pour les errements d’hier. Mais il faut le constater humblement, la défiance demeure. Elle a prospéré sur des échecs collectifs, comme la permanence d’un chômage de masse et le blocage progressif de l’ascenseur social. Sans doute a-t-elle aussi prospéré sur des maladresses, des malentendus, et j’en prends bien volontiers toute ma part.

La leçon de ce Grand débat, c’est que pour répondre à cette défiance, nous devons construire une démocratie plus délibérative, parce que le temps médiatique, le temps économique et le temps politique s’accélèrent, parce qu’on ne peut plus discuter de l’avenir du pays uniquement une fois tous les 5 ans. Tous les élus locaux le savent d’ailleurs, certains projets et certains événements nécessitent de consulter. Cette forme de démocratie participative reste à construire au niveau national, en nous inspirant notamment du succès du Grand débat. Mais n’ayons pas peur, dans cette assemblée, de rappeler que si une plus forte association de nos concitoyens est nécessaire, rien ne remplacera la démocratie représentative. Pour qu’elle devienne précisément plus représentative, plus transparente et plus efficace, nous avions formulé des propositions dans le cadre du projet de réforme institutionnelle. Je regrette qu’au moment où nous aurions dû prendre les décisions qui s’imposaient, certains aient préféré se concentrer sur d’autres enjeux. Je ne doute pas, Mesdames et Messieurs les Députés, que le président de la République y reviendra.

La deuxième exigence, c’est de mettre fin à l’exaspération fiscale. Certains ont sans doute l’impression d’avoir déjà entendu ces mots de ras-le-bol fiscal, qui ont été formulés à l’été 2013 sans être malheureusement suivis d’effets. Si on additionne tous les prélèvements, les pouvoirs publics ont ponctionné les foyers et les entreprises de 217 milliards d’euros supplémentaires de 2007 à 2017.

Depuis notre entrée en fonction, nous avons tiré les conséquences de cette situation, notamment en baissant les cotisations salariales et en engageant la suppression de la taxe d’habitation, pour rendre du pouvoir d’achat aux Français. Nous l’avons sans doute fait trop lentement et en prenant le risque de la confusion, puisque nous avons en parallèle augmenté dans une moindre mesure la CSG et la taxe carbone. Les mesures de pouvoir d’achat annoncées en décembre dernier ont corrigé ce qui devait l’être, le Grand débat nous invite à aller plus loin.

Les Français ne nous demandent pas, Mesdames et Messieurs, de faire preuve d’imagination fiscale mais de baisser leurs impôts et ils font preuve de clairvoyance et de responsabilité, une clairvoyance et une responsabilité qui mériteraient je crois de faire école. Ils savent qu’on ne peut pas baisser les impôts sans baisser la dépense, ils savent que les dettes sont toujours remboursées et que c’est un fardeau que nous n’avons pas le droit de léguer à nos enfants et ils savent que réduire la dépense publique ce ne doit pas simplement être des incantations. J’ai entendu certains il y a 2 ans réclamer le départ de 500 000 fonctionnaires sans préciser lesquels, les mêmes regrettaient la réduction des emplois aidés alors qu’ils avaient proposé leur suppression complète. Être pour les économies en général et contre la baisse des dépenses en particulier ça n’a aucun sens. Le courage ne doit pas être le grand flou.

La vérité, c’est que c’est difficile de réduire la dépense publique mais la bonne nouvelle c’est que c’est ce que nous faisons :

  • nous avons réduit le déficit public qui est passé de 3,5% en 2016 à 2,5% en 2018, à 2,3% en 2019 si on exclut le coût du CICE.
  • Nous avons en 2018 réduit les dépenses publiques en volume de 0,3%. Cela signifie que pour la première fois depuis 1970 les dépenses ont progressé moins vite que l’inflation. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’entre 2017 et 2019 le poids de la dépense publique dans le PIB a baissé de plus d’un point, passant de 55% à 53,8. Personne ne s’esbaudira devant les chiffres mais ils existent et nous pouvons les assumer.
  • Nous avons mis en œuvre cette politique de baisse de la dépense publique en faisant de vrais choix de politique publique et de justice sociale. Nous avons assumé de fortes augmentations de dépenses sur nos priorités : la défense, la sécurité, la justice, l’éducation avec notamment le dédoublement des classes et les universités, l’écologie, la politique du handicap et les plans banlieue et pauvreté. En parallèle, nous avons mis en œuvre des réformes majeures en matière de logement et de formation professionnelle qui nous ont permis de réduire significativement les dépenses correspondantes.

La troisième exigence c’est de répondre au cri d’alarme de certains de nos compatriotes contre l’isolement, contre l’abandon. Une souffrance dont les causes sont de nature diverse, je l’ai dit, c’est l’étalement urbain, c’est le déséquilibre entre les métropoles et leurs communes proches, c’est la disparition des commerces de centre-ville, c’est la fermeture de services publics qui sont souvent d’ailleurs la conséquence mais qui accélèrent les phénomènes que je viens de décrire.

Nos chantiers en la matière sont immenses. Nous devons, je le crois profondément, réconcilier les métropoles avec leurs territoires proches. Nos prédécesseurs ont réussi à rééquilibrer la relation entre Paris et les régions, nous avons des métropoles qui rayonnent bien au-delà de nos frontières et c’est une bonne nouvelle. Nous devons conduire le même exercice à l’intérieur des territoires pour que toutes les communes, petites ou moyennes, bénéficient de leur dynamique, c’est le chantier d’une génération.

Nous devons répondre à ce qui est dit sur la complexité du millefeuille politique et administratif. Nos concitoyens apprécient d’autant plus les élus et les fonctionnaires qu’ils sont proches d’eux, à portée d’engueulades comme dit le président de la République. Avec les associations d’élus, nous prendrons des initiatives sur le fonctionnement commune-intercommunalité, sur l’articulation région-département, sur le bon équilibre entre l’Etat central et l’Etat local.

Nous allons accélérer un certain nombre de chantiers que nous avons engagés depuis 2 ans, c’est le déploiement du très haut débit pour tous d’ici 2022, c’est la réorientation massive de nos investissements en faveur des transports du quotidien, c’est la mise en œuvre du plan de lutte contre les déserts médicaux, c’est le plan pour les quartiers et le plan cœur de Villes. Soyez assurés que dans les choix que nous aurons à faire sur les dépenses publiques ces priorités seront préservées.

Il s’agit enfin d’alléger les normes et de remettre du service public et donc des fonctionnaires sur le terrain en leur donnant les moyens d’agir et de décider localement. Notre service public se transforme, de plus en plus de services sont accessibles le soir, à distance et c’est très bien ainsi. Mais le service ça n’est pas que du clic, ça n’est pas certainement que de la norme. Nous avons commencé avec la loi Essoc considérablement enrichie par le travail des parlementaires, nous continuerons.

La dernière exigence est écologique. Nous sommes entrés en novembre dernier dans une crise sociale en portant haut notre ambition de financer la transition écologique par une hausse de la taxe carbone. Nous nous sommes trompés sur la méthode, pas sur l’ambition.

Une des nombreuses bonnes nouvelles de ce Grand débat c’est l’engagement des Français pour le climat. Difficile en effet de ne pas mettre en relation les centaines de milliers de contributions au Grand débat et les signataires de la pétition dite de « l’affaire du siècle » comme il serait inconvenant et déraisonnable de ne pas se réjouir du succès de « la Marche pour le climat ».

Les Français, nos compatriotes nous ont dit qu’ils étaient prêts à changer de comportement mais qu’ils ne voulaient pas être pris au piège, qu’ils ne voulaient pas opposer la fin du mois et la fin du monde. A nous de trouver le bon rythme, les bonnes normes, les bons mécanismes d’accompagnement et d’incitation. Ils ne veulent plus non plus d’incantations. Que dire en effet, Mesdames et Messieurs les députés, d’une soi-disant programmation pluriannuelle de l’énergie arrêtée en 2015 censée réduire à 50% la part du nucléaire 10 ans plus tard et qui ne prévoyait aucune fermeture de centrale à part celle de Fessenheim, et encore dans les conditions que l’on connaît. Que dire en matière d’énergies renouvelables du décalage entre les annonces et les réalisations dans plusieurs filières. De notre côté, nous avons inscrit dans la loi la fin des permis d’exploration d’hydrocarbures, nous avons renégocié l’ensemble des contrats d’éoliennes offshore pour faire baisser très significativement le prix de rachat de cette électricité verte et nous organisons la fermeture des centrales à charbon d’ici 2022.

Au-delà de ces 4 exigences, 3 autres thèmes se sont invités dans ce Grand débat, preuves qu’il n’était d’ailleurs pas si fermé que cela. Ce que les Français voulaient dire, ils l’ont dit et ils ont clairement exprimé leur angoisse sur l’avenir de notre système de santé. Qui va remplacer le médecin de famille qui part à la retraite ? Dans quel hôpital accoucher ? Est-ce que je vais continuer à bénéficier d’une sécurité sociale qui rembourse à haut niveau ? Parce qu’il est par définition un service public des plus essentiels, l’accès aux soins cristallise cette crainte de l’éloignement, ce refus de l’isolement que j’évoquais tout à l’heure. Quand dans certains territoires la moyenne d’âge des médecins généralistes frise les 65 ans on comprend les craintes de nos concitoyens.

Une autre angoisse s’est fortement exprimée dans les débats liés à la dépendance et à la solidarité entre les générations. Comment trouver, Mesdames et Messieurs les députés, un EHPAD pour mes parents ? Avec quelle qualité de prise en charge ? Avec quel reste à charge ? Cette question de la prise en charge de la dépendance est montée très fortement des territoires, nous la sentions déjà venir mais il est clair qu’elle appelle une réponse.

Je parle de nos aînés mais le troisième thème qui s’est imposé concerne nos enfants, c’est celui de l’éducation et plus largement de la formation avec deux messages forts qui doivent être entendus : une approche qui respecte et qui s’adapte aux territoires des zones rurales aux quartiers prioritaires et un plaidoyer pour l’apprentissage, perçu à juste titre comme la meilleure voie d’entrée dans la vie active.

Santé, dépendance éducation : trois thèmes dont les Français se sont saisis à juste titre. Ils sont au cœur des enjeux de justice sociale et des inégalités de destin et au cœur de l’action du gouvernement.

Sachons partager aussi, Mesdames et Messieurs les députés, ce qui n’a pas été dit dans ce Grand débat national ou très peu. Certains nous soupçonnent déjà de faire le tri, de n’écouter ce que nous avons envie d’entendre, je leur propose au contraire d’être également attentifs à ce qui n’a pas été formulé.

Le chômage, Mesdames et Messieurs les députés, est assez largement absent de ces échanges. Sans doute surplombe-t-il les paroles des Français qui nous parlent de pouvoir d’achat, de mal-vivre, de temps partiel subi qui explique des fins de mois difficiles mais cette absence, ce silence nous disent aussi peut-être à quel point notre société s’est d’une certaine manière résignée à ce chômage de masse, qu’il est devenu une donnée, une fatalité et non plus un mal à guérir. Pourtant le travail est bien notre combat central qui vise à donner des leviers, pour produire avant de redistribuer, pour créer des emplois avant de verser des allocations pour investir plutôt que d’indemniser. Dans chacun de nos choix nous défendons une société du travail, nous voulons que le travail paie davantage et qu’il soit toujours plus intéressant de travailler que de rester inactif. Cette cohérence a très largement inspiré les décisions annoncées le 10 décembre dernier.

Le deuxième grand absent de ce débat c’est la sécurité. Les sujets régaliens ne figuraient pas dans les questionnaires adressés aux Français. Ces thèmes auraient pu, comme d’autres, s’imposer. Cela n’a pas été le cas. Et il faut relever que lorsqu’on interroge les Français sur les économies à faire en matière de dépenses publiques ceux qui ont répondu proposent d’abord de réduire notre effort de défense. Ce n’est pas, Mesdames et Messieurs les députés, le choix que nous avons fait, bien au contraire. Le monde dans lequel nous vivons est dangereux et il ne va pas l’être moins dans les années qui viennent. Ce danger peut être loin de nos frontières, il peut aussi se manifester au plus près de chacun d’entre nous, nous en avons été témoins très douloureusement ces dernières années. Nos intérêts doivent pouvoir être défendus, nous n’allons donc pas changer d’orientation sur ces sujets : mettre plus de policiers et de magistrats sur le terrain, donner à nos armées les moyens dont elles ont besoin c’est plus que jamais notre engagement pour notre pays.

Je parlais des dangers du monde et, pour en terminer avec ce qui n’a pas été exprimé lors de ces échanges, le monde justement, la mondialisation, l’Europe sont assez largement absents du Grand débat. La mondialisation est pourtant là avec ses opportunités, avec ses menaces et nous ne protégeront pas les Français en érigeant des frontières intérieures ou en leur proposant le grand rétrécissement. La France n’a pas besoin d’avoir peur, elle a besoin de faire entendre sa voix pour une Europe qui libère et qui protège, c’est l’affaire des prochaines échéances électorales et je suis heureux que nous puissions collectivement, pas simplement dans le monde politique nous exprimer et défendre à cette occasion notre vision, nos valeurs.

Mesdames et Messieurs les députés, voilà les exigences que nous devons pouvoir collectivement retenir. Sur certains points, reconnaissons-le, après bientôt deux ans, c’est une invitation pour nous à corriger la méthode, à prendre en compte de nouvelles priorités. Sur beaucoup d’autres points ces exigences rejoignent des transformations que nous avons engagées, des choix que nous avons fait : baisser les impôts, rénover notre vie démocratique, engager la transition écologique, construire des réponses adaptées aux territoires, tout cela rejoint les engagements de campagne du président de la République, tout cela rejoint la feuille de route de ce Gouvernement, tout cela rejoint les chantiers qui se déploient depuis presque 2 ans. Ce que nous disent les Français c’est qu’ils ne voient pas assez les résultats, que les choses ne bougent pas assez vite, c’est une puissante incitation à redoubler d’efforts.

Le président de la République présentera prochainement ses orientations. Il l’a annoncé, ces décisions seront puissantes et concrètes, elles seront fidèles à l’esprit de dépassement de cette majorité, loin des vieux clivages, où les valeurs de justice, d’intérêt général et d’efficacité sont les boussoles de l’action publique.

Sur les sujets qui devront faire l’objet d’une concertation, le président de la République fixera le cap et annoncera l’ouverture de grands chantiers. Car il nous appartient, Mesdames et Messieurs les députés, de passer du consensus sur le diagnostic au compromis et aux choix démocratiques qui font les grandes solutions avec les élus locaux quand il s’agit de l’avenir de nos territoires, avec les organisations syndicales et patronales quand il s’agit de faire vivre la démocratie sociale, avec les associations dont le grand débat a rappelé le rôle essentiel dans notre vie citoyenne. Nous conduirons ces chantiers en nous inspirant de ce que nous avons déjà réussi à faire en Bretagne avec le pacte breton ou dans la Creuse avec le plan particulier pour le département. Nous serons tous jugés à notre capacité à construire ensemble ces solutions dont beaucoup devront être du sur mesure dans la continuité de la République contractuelle voulue par le président de la République.

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, chacun est évidemment libre de tirer des événements de ces quatre derniers mois les conclusions qu’il souhaite. En ce qui me concerne j’en retiens une principale : c’est un puissant besoin de transformation. Transformation de nos outils, transformation de nos institutions, transformation de nos procédures, de nos faiblesses coupables dont notre dette publique est le témoin muet, rampant et menaçant. Ce n’est pas le statu quo dont la France a besoin mais c’est de transformation, pas de violence mais de dialogue, de courage et de vérité. C’est ce à quoi nous a invités depuis deux ans le président de la République, c’est ce qui fait que, venus d’horizons divers, les élus de la majorité sont réunis autour de lui sur ces bancs.

Je vous remercie.

Discours – Premier ministre – Déclaration du Gouvernement en application de l’article 50-1 de la Constitution

Communiqué du Premier ministre – Restitution du Grand débat national

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires, les maires, les élus,
Mesdames et Messieurs les Directeurs d’administrations,
Mesdames et Messieurs les Garants du Grand débat national,
Mesdames …

Agenda prévisionnel du lundi 8 avril 2019 au vendredi 12 avril 2019

Lundi 8 avril 2019
08h15 Entretien avec Mme Margrethe VESTAGER, commissaire européenne à la Concurrence
Hôtel de Matignon

09h00 Restitution du Grand débat national
Grand Palais, Paris

13h00 Déjeuner avec le Président de la République
Palais de l’Élys…

Plan particulier pour la Creuse

Dossier de presse – Plan particulier pour la Creuse – 05.04.2019

Déclaration conjointe d’Édouard Philippe et du Premier ministre et ministre de l’Intérieur de l’État du Qatar

Seul le prononcé fait foi

Merci Monsieur le Premier ministre,

C’est aujourd’hui ma première visite officielle au Qatar et je voudrais évidemment remercier très vivement Son Altesse l’Émir AL-THANI de l’accueil qu’il m’a réservé, qu’il a réservé à l’ensemble de la délégation française et puis aussi à mon homologue et ministre de l’Intérieur Cheikh ABDALLAH avec lequel je me suis longtemps entretenu ce matin. Le Qatar a, depuis plusieurs décennies – vous l’avez dit Monsieur le Premier ministre – fait le choix d’un partenariat poussé, fidèle avec la France et la France s’est toujours tenue aux côtés du Qatar pour participer à l’accomplissement de la vision qu’il a de son propre destin comme de sa place dans le monde.

Au cours des dernières décennies, le Qatar a souhaité développer une économie diversifiée et moderne, il a affirmé ses ambitions culturelles, il a fait le choix de la Francophonie, le Qatar est aujourd’hui un membre associé à l’Organisation internationale de la Francophonie. Nous travaillons avec le Qatar sur la lutte contre le terrorisme et la résolution des crises et c’est donc sous le signe de l’amitié que se déroule cette première visite officielle de ma part.

Le déplacement répondait à 3 objectifs. Le premier c’était évidemment la culture. Nous avons assisté hier et participé à l’inauguration du Musée national du Qatar où j’ai eu l’honneur de représenter le président de la République. Cette inauguration est évidemment un grand moment dans l’histoire du Qatar, d’abord parce que ce projet a été pensé et initié il y a longtemps ; qu’il a pu voir le jour grâce au concours d’un nombre considérable d’acteurs du pays ; qu’il est magnifique tant par son geste architectural que par le projet de démonstration de ce qu’est l’histoire du Qatar en mobilisant l’ensemble des éléments de son patrimoine, de sa culture, de son histoire depuis les temps très lointain jusqu’à la modernité la plus récente. C’était évidemment pour la France aussi, en plus d’un moment de fête et d’un moment d’amitié, un moment de fierté puisque le geste architectural est dû à Jean NOUVEL qui a créé cette rose des sables assez extraordinaire, et puis avec Jean NOUVEL d’autres artistes français sont intervenus dans la construction, dans la réalisation de ce projet ambitieux, je pense évidemment au cinéaste Jacques PERRIN et au sculpteur Jean-Michel OTHONIEL.

Le deuxième objectif de cette visite, c’est l’approfondissement d’un partenariat économique qui est déjà très dense en commençant par une passion commune : le sport et, au sein de cette passion commune du sport, par une passion plus forte et encore plus commune, le football puisque évidemment en 2022 le Qatar va accueillir la Coupe du monde au cours de laquelle la France défendra son titre. Chacun a bien à l’esprit que les Coupes du monde constituent des événements à l’ampleur planétaire qui posent des questions multiples et des défis considérables en termes de sécurité, en termes de logistique, en termes d’accueil, en termes d’infrastructures et évidemment la France, les autorités françaises se tiennent à la disposition du Qatar pour participer et pour accompagner l’organisation de cet événement. Je me rendrai cet après-midi dans un des futurs stades de la Coupe du monde. J’ai bien noté d’ailleurs, Monsieur le Premier ministre, que le Qatar avait remporté la Coupe d’Asie des nations après un parcours tout à fait remarquable des Al-Annabi ce qui laisse en perspective des confrontations amicales et sportives entre l’équipe de France et l’équipe du Qatar. Je souhaite pour ma part que l’équipe de football puisse connaître le succès que l’équipe de France de handball avait connu en 2015, ici, à Doha, puisque c’est en 2015, à Doha, que l’équipe de France de handball avait gagné la Coupe du monde. C’est au fond comme une invitation à reproduire ce succès. Nous pouvons également faire mieux s’agissant des échanges économiques et des investissements. Les investissements du Qatar sont les bienvenus en France. La France est le troisième pays de destination des investissements qatariens en Europe, c’est vrai en matière sportive mais c’est évidemment vrai également en matière industrielle. Nous souhaitons que ces investissements puissent avoir une couverture géographique plus large et ne pas être cantonnés en Ile-de-France. Nous encourageons par ailleurs les entreprises françaises à venir au Qatar, elles y sont bienvenues. Je visiterai, cet après-midi, une des stations du futur métro de Doha qui résume, je crois, à elle seule, parfaitement l’expérience, le savoir-faire et la capacité pour les entreprises françaises de coopérer en bonne intelligence avec les autorités du Qatar. Il y a, en matière d’infrastructures de transport comme, plus généralement, en matière de villes intelligentes, d’utilisation des énergies renouvelables, des compétences françaises, des besoins français et qatariens, et l’idée de pouvoir développer nos coopérations en cette matière apparaît extrêmement prometteuse.

Troisième objectif de ce déplacement : la paix, l’éradication du terrorisme à l’heure où la région est traversée par de fortes tensions. La lutte contre le terrorisme, la lutte contre son financement, la lutte contre l’idéologie qui le sous-tend sont des priorités partagées. Le moment de notre rencontre est symbolique, alors qu’on vient de proclamer en Syrie la fin de la domination de Daesh sur un territoire, mais cette fin de domination territoriale ne doit pas nous conduire à baisser la garde. Nous en avons parlé en détails. Je n’oublie pas non plus, d’ailleurs, que c’est depuis la base d’Al Oudeid que sont dirigées une partie des opérations aériennes de la coalition en Syrie et en Irak, lesquelles ont permis de défaire le projet territorial de Daesh. Il se trouve que plusieurs dizaines de militaires français participent aux opérations de la coalition depuis cette base, je veux évidemment saluer leur engagement.

Enfin, nous avons évoqué les divisions entre les pays du Golf. En la matière, la position de la France est constante. Les différends doivent se régler par le dialogue entre les pays de la région. Les populations, les familles, les étudiants ne doivent pas faire les frais des désaccords entre les États. Dans cet environnement incertain, il nous est apparu aujourd’hui toujours plus clairement que les échanges entre la France et le Qatar devaient être profonds, réguliers et qu’il en allait de notre intérêt commun. C’est ce qui a justifié la mise en place d’un dialogue stratégique bilatéral au niveau des ministres des Affaires étrangères, qui a débuté le 11 février dernier. J’ai prolongé aujourd’hui, avec l’Émir et avec Monsieur le Premier ministre, ces échanges. Je retiens beaucoup de choses de ces premières heures, trop courtes mais néanmoins déjà très intenses, et notamment le fait que le Qatar, avec l’investissement qu’il consent dans l’économie française, avec le choix qu’il a fait de développer notamment le système éducatif français sur son territoire, le Qatar connaît sans doute mieux la France que la France ne connaît le Qatar, et c’est la raison pour laquelle nous devons nous atteler à intensifier nos échanges dans tous les domaines : éducatif, scientifique, économique, en matière de recherche aussi. Nous devons faire en sorte que ces échanges intenses, la densité de ces liens, la richesse de notre partenariat nous permette d’affronter ensemble les moments difficiles qui parfois apparaissent, mais aussi nous permettre d’envisager un avenir commun et confiant.

Je vous remercie beaucoup, Monsieur le Premier ministre, pour votre accueil.
Déclaration conjointe du Premier ministre et du Premier ministre et ministre de l’Intérieur de l’État du Qatar

Discours du Premier ministre devant la Communauté française du Qatar

Seul le prononcé fait foi. Quand je pense au Qatar, je pense en général à une coupe. Pas à une coupe du monde, même si, s’agissant du Qatar, la coupe du monde, c’est un sujet important.

Comité interministériel pour la Santé

Dossier de presse – Comité interministériel pour la Santé – 25.03.2019

Couverture numérique du territoire

Le Premier ministre a détaillé le bilan des avancées pour garantir les objectifs fixés par le président de la République :

d’un bon débit pour tous et la généralisation d’une couverture mobile de qualité dès 2020,
du très haut débit pour tous en 20…

Réunion suite aux événements survenus hier aux Champs-Elysées

A la demande du président de la République, le Premier ministre a réuni cet après-midi Mme Nicole BELLOUBET, Garde de Sceaux, ministre de la Justice, M. Christophe CASTANER, ministre de l’Intérieur et M. Laurent NUNEZ, secrétaire d’Etat auprès du minis…

3ème comité interministériel de l’aide aux victimes

Le Premier ministre a réuni lundi 11 mars 2019, le troisième comité interministériel de l’aide aux victimes en présence de Mme Nicole BELLOUBET, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, M. Christophe CASTANER, ministre de l’Intérieur, Mme Jacqueline G…

10ème anniversaire de l’Autorité de la concurrence

Seul le prononcé fait foi

Madame la présidente de l’Autorité de la concurrence,
Mesdames et messieurs les membres du collège,
Mesdames et messieurs,

Le 4 août 2008 donc. Je vous rassure : je ne me suis pas trompé d’événement. Ni de date. L’autorité d…

Discours à l’occasion du 10ème anniversaire de l’Autorité de la concurrence

Seul le prononcé fait foi

Madame la présidente de l’Autorité de la concurrence,
Mesdames et messieurs les membres du collège,
Mesdames et messieurs,

Le 4 août 2008 donc. Je vous rassure : je ne me suis pas trompé d’événement. Ni de date. L’autorité d…

Conférence de presse sur l’assurance chômage

La lutte contre le chômage reste notre premier objectif. La tendance que nous connaissons est meilleure : le taux de chômage est passé à la fin de l’année 2018 en dessous de 9% pour la première fois depuis 10 ans. On peut donc saluer ce résultat, mais …

Prolongation de l’appel à candidature du label Grande cause nationale 2019

Un appel à candidature a été lancé le 01 février dernier pour l’obtention du label « Grande cause nationale 2019 ».

Pour laisser le temps aux différents organismes de se mobiliser et compte-tenu de l’importance du sujet, nous prolongeons la période de…

Lancement de la contractualisation avec les Départements de la stratégie pauvreté

Seul le prononcé fait foi.

Mesdames et Messieurs les ministres,
Monsieur le Président Dominique Bussereau,
Mesdames et Messieurs les Présidents,

Le Président de la République a lancé, le 13 septembre dernier, une stratégie globale de prévention et de…

Rapport relatif à la prévention, l’efficacité, l’équité et la maîtrise des arrêts de travail

M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre a reçu le rapport de MM. Jean-Luc BÉrard, Stéphane Oustric et Stéphane Seiller relatif à la prévention, l’efficacité, l’équité et la maîtrise des arrêts de travail.

Le Premier ministre a confié le 17 septembre 20…

Réunion avec les quatre associations à l’origine de la pétition « l’Affaire du siècle »

Nous saluons la mobilisation des Français qui ont signé la pétition « l’affaire du siècle », et le Gouvernement, par la voix du ministère de la Transition écologique et solidaire, répondra dans les délais impartis à la demande préalable formulée par les quatre organisations à l’origine de la pétition.

En revanche, nous récusons l’accusation « d’inaction climatique » :

  • La France est parmi les pays les plus actifs pour lutter contre le dérèglement climatique, et l’un des moins émetteurs des pays développés.
  • La France est le premier grand pays à avoir interdit tout nouveau permis d’exploitation d’hydrocarbures.
  • Nous arrêterons la production d’électricité à partir de charbon d’ici 2022, sous réserve d’assurer la sécurité d’approvisionnement.
  • Nous accélérons le développement des énergies renouvelables, en particulier celles qui se substituent aux énergies fossiles : nous avons augmenté de 50 % le Fonds Chaleur en 2019
  • Nous respectons nos engagements européens et internationaux : les objectifs 2020 en matière d’émissions de gaz à effet de serre seront atteints.
  • Après une hausse en 2017, les émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation d’énergie ont baissé en 2018, contrairement à la tendance mondiale et celle de la grande majorité des pays développés.
  • Dès le début du quinquennat, nous nous sommes fixés un cap ambitieux : zéro émission de CO2 d’ici 2050. Nous visons désormais d’émettre moins de CO2 que ce qui peut être absorbé par nos forêts et nos sols.
  • Notre engagement écologique se traduit par des mesures pour les plus modestes qui peuvent par exemple isoler leurs combles et changer leur chaudière pour 1 €, et bénéficier de 4 000 € pour acquérir un nouveau véhicule, neuf ou d’occasion.

Tout cela n’est néanmoins pas suffisant : le récent rapport du GIEC a montré que, collectivement, nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire.

C’est pourquoi nous souhaitons que tous les Français qui ont signé cette pétition s’investissent pleinement dans le Grand débat, pour contribuer à identifier les mesures qui permettront de mieux accompagner les Français qui souhaitent agir pour le climat. La transformation en profondeur de notre société, de notre économie, de nos comportements, nécessite la coopération de tous, citoyens, ONG, collectivités, entreprises, État.

Parmi les contributions qui remontent de la plate-forme du grand débat national, beaucoup de citoyens nous interpellent sur le devoir d’exemplarité de l’Etat en matière d’environnement. Ils ont raison. Plusieurs propositions seront présentées prochainement. Elles porteront notamment sur le soutien financier pour les agents qui se rendent au travail à vélo ou en covoiturage, des partenariats avec des acteurs du covoiturage, la suppression du plastique jetable, mais également la réduction de la consommation d’énergie des bâtiments de l’Etat et une alimentation plus durable. Ces propositions seront enrichies en donnant directement la parole aux agents. A l’occasion de la consultation que le gouvernement va engager avec les agents publics pour simplifier leur quotidien, ils pourront faire remonter les mesures concrètes à mettre en œuvre au quotidien pour que l’Etat employeur soit véritablement exemplaire du point de vue de son impact sur l’environnement.

Contacts : 01 42 75 50 78/79 – communication@pm.gouv.fr
Communiqué de presse de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre – Rapport de M. Gilles CARREZ, député, sur les ressources de la S

Remise du rapport de la députée Françoise Dumas sur le permis de conduire

M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre
a reçu le rapport de la députée Françoise DUMAS sur le permis de conduire

La députée Françoise DUMAS a remis aujourd’hui au Premier ministre son rapport sur le permis de conduire, intitulé « Vers un permis de cond…

Contrat d’action publique et pacte d’accessibilité pour la Bretagne

Dossier de presse – Contrat d’action publique et pacte d’accessibilité pour la Bretagne – 08.02.2019

Signature du Contrat d’action publique pour la Bretagne

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Monsieur le président du conseil régional de Bretagne,
Mesdames et Messieurs les présidents d’exécutifs locaux,
Mesdames et Messieurs les maires,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les conseillers régionaux,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Depuis une vingtaine de mois, j’ai développé une habitude. Celle de relire d’anciens discours. C’est toujours utile et, quand on se rend en Bretagne, c’est moins long que les « Mémoires d’Outre-Tombe ». J’ai donc relu deux discours. Deux discours dits de « Quimper ». Celui que le général de Gaulle a prononcé le 2 février 1969 et celui que le président de la République a prononcé le 21 juin 2018.

L’histoire ne se répète pas, ce qui ne l’empêche pas d’entrer parfois en résonnance. C’est le sentiment que j’ai eu en relisant ces deux discours. Deux discours qui portent sur la Bretagne et son avenir. Deux discours qui, bien que très différents, évoquent des besoins, des chantiers, des aspirations similaires. Non que rien n’ait été réglé dans le passé. Mais, comme il y a 50 ans, nous connaissons des évolutions économiques, sociales, technologiques que nous devons préparer, accompagner et anticiper.

Ces besoins, ce sont des besoins d’infrastructures, de télécommunications : c’était le téléphone dans la République du général DE GAULLE ; c’est le numérique dans celle d’aujourd’hui. Autre besoin, crucial pour la Bretagne, celui des transports, de l’accessibilité. Ces deux discours traitent également de transformation agricole, de développement industriel, d’avenir de la pêche. Enfin, ils abordent la question de la décentralisation. C’est en effet à Quimper que le général DE GAULLE a annoncé la naissance des futures régions. Et c’est à Quimper que le président de la République a tracé les contours d’un nouveau « pacte girondin ».

Je suis donc très heureux de poursuivre ici à Rennes mon tour du Grand Ouest que j’ai commencé ce matin à Nantes. Nous avions arrêté le principe de cette tournée il y a un an presque jour pour jour, au lendemain de la décision que nous avons prise au sujet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une décision qui était, je le rappelle, une décision d’apaisement, mais aussi de déblocage de l’avenir du Grand Ouest « où les nuages de l’inquiétude s’alourdissaient à l’horizon » pour paraphraser le général DE GAULLE à Quimper.

Nous avions ainsi convenu de poursuivre le dialogue pour définir les contours d’une nouvelle contractualisation avec chacune de ces deux régions, dans l’esprit du « pacte girondin » que le Président de la République avait annoncé.

Un même fait générateur, mais un résultat très différent. Le fait générateur est le même pour les deux régions – répondre à un très important besoin de mobilité. Très vite, Elisabeth BORNE a missionné M. ROL-TANGUY pour revoir les orientations du rapport du conseil d’orientation des infrastructures à l’aune des engagements pris par le Gouvernement à la suite à l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Durant ce travail d’instruction, nous nous sommes rendu compte, même si nous nous en doutions, que les attentes des Ligériens n’étaient pas forcément les mêmes que celles des Bretons.
Et c’est certainement le principal message que je veux adresser aujourd’hui : notre volonté de promouvoir ce que le président de la République a appelé « une décentralisation de projet ». Une décentralisation de projets qui repose, pour ce qui nous concerne, sur une déconcentration renforcée.

Nous avons décidé de faire confiance. Faire confiance aux élus. Aux initiatives locales. Faire confiance aux préfets, à nos services déconcentrés, qui ont conduit les discussions de ces pactes. De faire confiance à l’imagination, à une forme de souplesse et au bon sens. Pour construire avec vous, monsieur le président, une réponse qui soit totalement adaptée à la Bretagne, en n’hésitant pas parfois, à pousser un peu les murs du droit commun, pour expérimenter en avant-première, cette notion de différenciation.

Mais me direz-vous, pourquoi avoir fait de la Bretagne ce laboratoire de l’action publique ?

Je vous rassure : il ne s’agit évidemment pas de demander aux Bretons d’essuyer les plâtres, bien au contraire. Si cette expérience est aujourd’hui possible, c’est en grande partie pour quatre raisons.
D’abord, vous étiez candidats ! Les élus bretons expriment depuis longtemps leur volonté – une volonté ferme, « toute bretonne » si j’ose dire – de prendre leur destin en main. De l’eau a coulé sous les ponts depuis la fin de la « Guerre folle » et le « Traité du Verger » : on peut donc appréhender ces questions de manière un peu plus décrispée que durant la construction de l’Etat central.

Ensuite, nous ne partons pas de zéro. Les élus bretons – Jean-Yves LE DRIAN en tête– et mes prédécesseurs ont ouvert la voie, tracé le chemin, grâce à l’élaboration puis à la conclusion en 2013, du Pacte d’avenir pour la Bretagne.

Vous avez également une pratique de la démocratie locale, de la construction des politiques publiques tout à fait particulière. Certains y verront peut-être la lointaine influence des « Etats de Bretagne ». Une démocratie locale qui se construit aujourd’hui autour de la conférence territoriale de l’action publique, et plus globalement autour des différentes enceintes de concertation qui ont le mérite de produire du consensus et des résultats, dans une relation de confiance et de partenariat remarquable avec les services de l’Etat.

Enfin, la Bretagne a ceci de particulier qu’elle exprime une très forte demande « de plus d’Etat déconcentré », avec l’idée de réinvestir la capacité de l’Etat à décider localement pour tenir compte des enjeux propres à la région et je dois dire, c’est assez inédit !

Nous avons donc un contrat pour l’action publique en Bretagne à deux volets, qui s’inscrit dans l’esprit du pacte girondin du président de la République.

Premier volet : le Pacte d’accessibilité. L’accessibilité, c’est un peu le combat historique de la Bretagne depuis le 19ème siècle. Un sujet qui réunit tous les élus, tous les parlementaires, avec constance, et qui a permis, durant les années 70, de lancer le « Plan routier breton » puis de mener à bien, le projet de Bretagne à grande vitesse, avec – il faut le reconnaître – et c’est tout à l’honneur de l’ancien président de région, Jean-Yves LE DRIAN, un niveau d’intervention financière des collectivités tout à fait exceptionnel à l’époque.

Ce que je retiens de nos discussions, c’est votre volonté, qui est aussi la nôtre, de concentrer les efforts sur la mobilité du quotidien. De ne pas s’accrocher à de grands projets dont on ne peut pas toujours garantir le financement, mais de sélectionner de manière très précise, très fine, les lignes, les axes dont les gens ont vraiment besoin et y consacrer tous nos efforts.

Le premier concerne la mise à 2 X 2 voies de la RN 164. On en connait tous le caractère central, dans tous les sens du terme. Or, après des décennies de promesses non tenues ou de manière très partielle, moins des 2/3 de l’axe est achevé. C’est pourquoi le Pacte prévoit d’en accélérer franchement les travaux. L’idée c’est que d’ici la fin du quinquennat, nous ayons en grande partie achevé le dernier 1/3. Et pour ce qui n’aura pas été fait, que l’on ait procédé aux acquisitions foncières nécessaires et réalisé les études. Et comme l’a rappelé le président de la République au mois de juin dernier, l’Etat et le conseil régional financeront ces travaux de manière paritaire.

Nous faisons aussi du renforcement de la plateforme aéroportuaire de Rennes une question centrale. Pour permettre à la Région de l’aménager et de l’agrandir, nous allons faciliter le transfert en pleine propriété – et c’est un effort réel pour l’Etat – du foncier nécessaire aussi vite que possible. L’Etat apportera aussi son soutien au développement de nouvelles liaisons vers des hubs internationaux, et plus particulièrement entre Brest et Amsterdam. De même, nous défendrons auprès de la Commission européenne le principe d’une liaison Quimper-Orly sous obligation de service public et l’Etat y apportera son concours financier.

Enfin quelques illustrations qui vont intéresser les Finistériens présents dans la salle dont je connais la très forte préoccupation pour ces questions d’accessibilité. Et au cas où je ne l’aurais pas en tête, je pourrais compter sur le président de l’Assemblée nationale et les parlementaires pour me le rappeler. C’est René PLEVEN qui dans son ouvrage « L’avenir de la Bretagne » écrivait : « L’Europe commence à l’océan ». Ce à quoi on pourrait ajouter : « et elle ne s’arrête pas là ». D’où la nécessité d’aller jusqu’à l’océan et de bien « l’amarrer » au reste du continent. Le Pacte prévoit ainsi le maintien, comme l’avait annoncé le président de la République, de l’objectif de placer Brest et Quimper à 3h de Paris et à 1h30 de Rennes. Nous conduirons des études sur la possibilité d’augmenter la fréquence des trains bolides, en visant une offre quotidienne et en préservant la desserte actuelle. Il confirme aussi le lancement des études sur la section nouvelle entre Rennes et Redon, de manière à ce que les travaux servent à l’ensemble des territoires au sud de Brest jusqu’à Quimper. De même, nous mènerons les expertises complémentaires sur l’axe Nord vers Brest. Enfin, vous pouvez compter sur le soutien total de l’Etat dans le cadre du Brexit pour porter à Bruxelles, la voix des ports bretons dans la cadre de la révision du mécanisme européen d’interconnexion. Avec comme objectif : étendre le corridor atlantique jusqu’à la pointe bretonne pour garantir une meilleure connexion européenne jusqu’à l’Irlande.

Deuxième volet du pacte : le volet « laboratoire » de l’action publique. Le contrat que nous allons signer, cher Loïg, avec madame la préfète, c’est au fond la préfiguration de ce qu’apportera la différenciation que nous avons inscrite dans le projet de réforme de la Constitution. Son but : adapter l’action publique – la nôtre et la vôtre- aux besoins locaux. La simplifier aussi en réduisant le nombre d’interlocuteurs. Je ne vais pas détailler ici toutes les mesures de ce contrat. Je voudrais juste prendre quelques illustrations de cette nouvelle approche.

Vous exercez depuis 2016 une délégation de compétence dans le domaine du livre et du cinéma qui a porté ses fruits et qui va être étendue à l’éducation artistique. Ainsi, nous dessinons ensemble les contours d’un nouveau lien entre culture et territoire, plus à l’écoute des projets, plus proche des citoyens. Nous approfondissons aussi l’approche dans le domaine de la vie associative, en avance de phase de la réorganisation territoriale de l’Etat dont nous avons lancé le mouvement l’été dernier. Concrètement, cela veut dire moins de guichets pour les associations et ; plus de transparence, de lisibilité dans nos responsabilités respectives. Dernière illustration : nous allons confier à la région la gestion du volet régional du programme national en matière d’alimentation et de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Autre exemple de cette approche : miser sur ce qui marche ! Nous allons capitaliser sur votre expérience réussie d’une Breiz Cop : sur des politiques aussi essentielles que la gestion de l’eau, le renforcement de la biodiversité ou la construction de politiques régionales énergétiques, nous devons agir de manière complémentaire et coordonnée. Concrètement, cela veut dire se mettre d’accord sur une gouvernance partagée – c’est ce que nous allons faire dans le cadre du Parlement de l’eau, des dispositifs d’interventions financières complémentaires, des dispositifs d’observation partagés, le tout en bonne intelligence avec les EPCI. Et cela implique de sortir de « nos silos respectifs » pour travailler de manière totalement complémentaire.

Autre point qui m’est particulièrement cher et pour lequel, nous allons développer cette logique de différenciation : le domaine maritime. Je prends deux exemples. Le premier, c’est l’éolien en mer dont l’Etat et la région veulent faire une priorité. Dans ce domaine, la région co-animera les débats publics portant sur les projets d’énergies marines. Elle sera associée à l’élaboration des cahiers des charges des appels d’offres pour les énergies renouvelables. En clair : il n’y aura aucun projet conduit en Bretagne dont nous n’aurons pas fixé ensemble le cadre de mise en œuvre. Second exemple, les ports : nous nous mettrons d’accord sur les ambitions et les moyens notamment humains des services de l’Etat pour le développement portuaire ; là encore, ça n’a l’air de rien, mais je peux vous dire à l’aune de mon expérience au Havre, que ces questions peuvent empoisonner la vie des professionnels.

Enfin, le contrat énumère les champs d’action dans lesquels nous nous sommes mis d’accord pour expérimenter des modes de mise en œuvre différenciés, plus adaptés aux besoins et savoir-faire locaux. C’est vrai par exemple dans la mise en œuvre du plan d’investissement dans les compétences et des politiques d’orientation, de formation professionnelle et d’apprentissage. Nous faisons confiance au quadripartisme régional pour tester toutes les expérimentations possibles pour répondre aux besoins de formation des Bretons.

Par ailleurs, ce que je trouve particulièrement intéressant dans le pacte breton, c’est que ce contrat, signé avec la région, implique la mobilisation de l’ensemble des collectivités bretonnes dans sa mise en œuvre. Ce sera notamment le cas dans le domaine du logement. Nous nous sommes mis d’accord pour proposer au Parlement, une expérimentation totalement inédite dans le champ fiscal, consistant à laisser aux acteurs locaux, membres du comité régional de l’habitat et de l’hébergement, le soin de définir en partie les critères de zonage du Pinel, tout en veillant, j’y tiens, à éviter l’étalement urbain. L’idée, que je trouve très forte dans la période actuelle, est de créer une solidarité entre des communes. Ainsi, des communes qui sont aujourd’hui intégralement éligibles au dispositif « Pinel » pourront y renoncer pour certains de leurs quartiers au profit d’autres communes qui n’y sont pas éligibles, mais où le marché du logement est tout de même tendu. C’est le cas par exemple de la métropole et de la ville de Rennes – dont je souhaite saluer l’engagement dans cette démarche concrète, et totalement inédite, d’alliance des territoires à l’échelle d’une région.

Autre illustration avec le développement des langues de Bretagne. J’ai bien compris votre souhait de conforter le modèle de développement des écoles sous contrat bilingues, avec l’idée de permettre à ces écoles de bénéficier du versement du forfait communal par les communes. Vous comprendrez que ce n’est pas une décision complètement évidente à mettre en œuvre et qu’elle ne peut se prendre indépendamment des maires. C’est pourquoi nous sommes mis d’accord, avec Loïg CHESNAIS-GIRARD pour laisser aux communes de Bretagne, représentées au sein de la conférence territoriale de l’action publique, et à la CTAP plus globalement, le soin de se prononcer sur la possibilité d’élargir le forfait scolaire aux écoles bilingues sous contrat. Si les maires sont d’accord et que la CTAP émet un avis favorable, alors le Gouvernement en tiendra compte pour proposer les modifications législatives nécessaires.

Un dernier mot enfin sur la façon dont je conçois le contrat que nous signons ensemble aujourd’hui. Je souhaite qu’il soit adaptable, que l’on puisse continuer à le faire vivre. Je souhaite qu’il puisse essaimer auprès d’autres collectivités bretonnes volontaires. Enfin, j’aimerais qu’il conserve son agilité, en particulier dans les modes de discussion qui l’ont précédé. Cette agilité permettra d’approfondir certains engagements identifiés dans le pacte ou à venir, comme celui de la couverture numérique où beaucoup reste à faire pour atteindre les objectifs fixés par le président de la République et nous y veillerons avec Jacqueline GOURAULT.

C’est donc un nouveau mode de relation entre l’Etat, une région, et potentiellement toutes les collectivités de cette région, que nous essayons d’inventer. Parce que nos concitoyens expriment, on l’entend tous les jours dans les débats, un puissant besoin de proximité. Un besoin d’efficacité et de simplicité. Pour eux, et je les comprends, peu importe qui est responsable de quoi. Ce qu’ils veulent, c’est un interlocuteur unique, une porte d’entrée, des procédures lisibles. Le reste, c’est-à-dire la tuyauterie administrative, ça nous regarde nous, pouvoirs publics. Et ce n’est pas aux Français de supporter le poids de cette complexité.

Il fallait une terre de dialogue ; une terre de traditions ; une terre d’audace, de bon sens et d’innovation pour avancer. Et cette terre, c’est la vôtre, celle de Bretagne qui, grâce à ce pacte et toujours pour paraphraser le général DE GAULLE, « joue un rôle digne d’elle dans l’ensemble français d’aujourd’hui et demain » !
Discours – Signature du Contrat d’action publique et du pacte d’accessibilité pour la Bretagne

Colloque Vallée de la Seine – Paris

M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre, avec Mme Élisabeth BORNE, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports, se rendra au Colloque Vallée de la Seine

Jeudi 7 février 2019, Paris

Le Pr…

Lutte contre les sargasses dans la Caraïbe

Réunion de travail avec le sénateur Dominique THÉOPHILE

La lutte contre les sargasses dans la Caraïbe passe par des actions de coopération à l’échelle du bassin océanique

Édouard PHILIPPE, Premier ministre, a reçu ce jour, en présence de François de …

Labellisation de 56 pôles de compétitivité pour la phase 4 des pôles de compétitivité (2019-2022)

Le Gouvernement a lancé en juillet 2018, en lien étroit avec les Conseils régionaux, un appel à candidatures pour désigner les pôles de compétitivité sur la période 2019-2022.

Conformément aux dispositions du cahier des charges, les dossiers ont fait …

Entretien avec M. Dominique THÉOPHILE, sénateur

M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre,
avec M. François de RUGY, ministre d’État, ministre de la Transition Écologique et Solidaire,

recevra M. Dominique THÉOPHILE, sénateur
sur la lutte contre les sargasses dans la Caraïbe

Mardi 5 février 2019
Hôtel…

Discours lors du 80e anniversaire du Centre national de la recherche scientifique

Discours de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre
80ème anniversaire du Centre National de la Recherche Scientifique

Paris

Vendredi 1er février 2019

Seul le prononcé fait foi

Madame la ministre,
Monsieur le président,
Monsieur le commissaire europé…

Lancement du label Grande cause nationale 2019

Un appel à candidature est lancé pour l’obtention du label Grande cause nationale 2019.

Attribué par le Premier ministre, ce label valorisera les actions menées pour la protection des femmes, thème de la Grande cause nationale 2019, qui s’inscrit dans…

Vers une loi de programmation pluriannuelle de la recherche

Dossier de presse – Vers une loi de programmation pluriannuelle de la Recherche – 01.02.19

80ème anniversaire du CNRS

M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre,
avec Mme Frédérique VIDAL, ministre de l’Enseignement Supérieur,
de la Recherche et de l’Innovation
prononcera un discours à l’occasion du 80ème anniversaire du Centre National de la Recherche Scientifique
Vendred…

Allocution à Coubert sur le thème de la sécurité routière

Seul le prononcé fait foi. Au fond l’idée c’était de se dire qu’il ne fallait jamais céder à la résignation et c’est une des choses que vous témoignez tous les jours ici.

Discours du Premier ministre, Édouard Philippe, sur le bilan 2018 de la sécurité routière

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le maire,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs,

C’est la deuxième fois que je viens ici. J’étais venu en décembre 2017 visiter l’établissement, rencontrer celles et …

Agenda prévisionnel de M. Édouard Philippe Premier ministre du lundi 28 janvier au vendredi 1er février 2019

Lundi 28 janvier 2019

09h45 : Déplacement en Seine-et-Marne

15h30 : Entretien avec M. Christophe CASTANER, ministre de l’Intérieur
Hôtel de Matignon

20h00 : Entretien avec M. Bruno LE MAIRE, ministre de l’Economie et des Finances
Hôtel de Matignon

Agenda prévisionnel de M. Édouard PHILIPPE Premier ministre du lundi 28 janvier au vendredi 1er février 2019

Lundi 28 janvier 2019

09h45 : Déplacement en Seine-et-Marne

15h30 : Entretien avec M. Christophe CASTANER, ministre de l’Intérieur
Hôtel de Matignon

20h00 : Entretien avec M. Br: uno LE MAIRE, ministre de l’Economie et des Finances
Hôtel de Matignon…