L’indifférence et ensuite…

Ils sont douze, comme les apôtres. Leur visage trône sur la place du marché. Mais nul passant ne s’y intéresse, nul ne s’attarde. Ils sont comme posés là, inutiles, dans l’indifférence générale. Même les tagueurs, même les habitués des graffitis électoraux, pour la moindre cantonale, cette fois-ci les ignorent. Selon un sondage CSA de ce matin, 70% des Français ne veulent pas de la réélection de M. Macron. C’est pourtant bien lui qu’ils s’apprêtent, sauf surprise, à reconduire à l’Elysée. L’ancien ministre de M. Hollande en 2017, fier comme Artaban, leur avait promis un « renouvellement », une « transformation de la France » et même un « nouveau monde ». Les naïfs y ont cru (moi, jamais). Le bilan de son mandat est de fait accablant: effondrement scolaire, poussée de la violence et de l’insécurité, saccage des libertés, pauvreté et chômage massif (nié par des statistiques manipulées), dramatique explosion des déficits et de la dette publique, affaiblissement de l’Etat de droit, clanisme et corruption… Le cadavre de son premier quinquennat exhale une odeur fétide de narcissisme obsessionnel, de félonie et de courtisanerie. Désormais, il n’a plus rien à dire ni à proposer en dehors d’un vague conservatisme teinté de progressisme. Les Français, à 70%, n’en veulent plus mais vont probablement le reconduire. Une seule alternative leur est laissée: le recours à l’héritière de Jean-Marie le Pen, c’est-dire le naufrage dans la démagogie grossière et salace. Nul ne sait à coup sûr ce qui va résulter de ce duel minable entre la peste et le choléra. Mais par la suite, quel qu’en soit l’issue, la France doit s’attendre à un dégoût radical de la chose publique et l’effondrement du pays dans un profond et violent chaos. Cette apothéose de la médiocrité ne débouchera pas sur autre chose que « les larmes et le sang »: cela, vous en avez ma parole.

MT

Author: Redaction