Maxime Tandonnet

Sur le retrait de la statue de Saint Michel aux Sables-d’Olonne (pour Figaro Vox- extraits)

La commune des Sables-d’Olonne pourrait être contrainte de retirer une statue de l’archange Saint-Michel de la place publique où elle a été installée en octobre 2018. La cour administrative d’appel de Nantes a en effet confirmé le 16 septembre dernier un jugement du tribunal administratif de Nantes, saisi par une fédération de libre pensée, considérant cette œuvre comme ayant un caractère religieux.

Quand ce genre d’affaire se présente, la réponse de la justice tient dans l’appréciation du caractère religieux de l’œuvre en question […] En appliquant cette logique dans toute sa rigueur, il faudrait retirer la croix de Lorraine, à Colombey-les-deux Eglises, qui à l’origine est un emblème ou signe religieux (« la croix patriarcale »). La statue de Sainte jeanne d’Arc à Paris devrait être impérativement déboulonnée. La fontaine Saint Michel qui représente aussi Saint Michel terrassant le démon, monument emblématique d’un quartier parisien aurait toutes les bonnes raisons d’être détruite à son tour. (Et pourquoi le deux poids deux mesures entre Paris et la province ?) Et ne parlons pas des innombrables calvaires sur les routes françaises […]

En mars 2022, le maire des Sables-d’Olonne Yannick Moreau avait organisé un référendum où 94,5 % des 4593 votants avait soutenu le maintien de la statue sur la place […] Le mal Français s’exprime à cette occasion dans toute sa splendeur. Cette affaire reflète le drame du mépris qui imprègne l’idéologie dominante : l’avis des gens n’a aucune importance, aucun intérêt, des « élites » éclairées pensent et décident pour eux et leurs représentants élus. Elle illustre l’idéal de déconstruction ou de la table rase, au centre de la pensée contemporaine : les traces de la tradition chrétienne sont à effacer pour construire un monde meilleur. Ce genre de dossier donne enfin lieu à un sentiment d’acharnement absurde : dès lors que cette statue ne gêne personne localement, en tout cas la quasi-totalité de la population, pourquoi en faire une affaire d’Etat ? A l’origine, le principe de laïcité avait pour objectif de promouvoir la tolérance. Il ne doit pas servir d’alibi à l’intolérance et au mépris. 

MT

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Author: Redaction