Les légumes coûtent nettement plus cher cet été. Selon la dernière édition de l’Observatoire des prix de Familles Rurales, les prix progressent de 10% en agriculture conventionnelle et de 7% en bio, sous l’effet notamment des aléas climatiques. Les courgettes, tomates et haricots verts enregistrent les plus fortes augmentations.
L’étude, réalisée à partir de 118 relevés de prix effectués entre le 8 et le 21 juin dans 40 départements français, met en évidence des écarts parfois spectaculaires selon les produits. Elle souligne également que cette flambée s’inscrit dans une tendance de long terme, les légumes ayant vu leurs prix progresser bien plus vite que l’inflation générale au cours de la dernière décennie.
Le principal enseignement de cette édition 2026 est sans équivoque. Le panier moyen de légumes en agriculture conventionnelle augmente de 10% sur un an, tandis que celui des produits biologiques progresse de 7%. Cette évolution tranche avec celle des fruits, dont le prix moyen reste quasiment stable en conventionnel (-0,2%) et diminue même de 10% en bio.
Certaines références estivales connaissent une véritable envolée. Les courgettes affichent une augmentation de 32% en agriculture conventionnelle, les tomates grappe de 31% et les haricots verts de 24%. En bio, les courgettes progressent encore davantage qu’attendu (+28%), tandis que les haricots verts et les poivrons verts gagnent chacun 19%.
Tous les produits ne suivent toutefois pas cette trajectoire. Les oignons voient leur prix diminuer de 23% en conventionnel et de 15% en bio. Les pommes de terre reculent également de 13% en conventionnel et de 21% en agriculture biologique. Elles demeurent d’ailleurs les légumes les plus abordables du panier étudié, avec un prix moyen de 1,23 euro le kg en conventionnel.
À l’inverse, les haricots verts restent parmi les produits les plus onéreux, atteignant 7,14 euros le kg en conventionnel et près de 13 euros en bio.
Cette baisse de l’offre intervient au moment où la demande reste traditionnellement élevée pour les produits estivaux. Les courgettes, les tomates ou encore les haricots verts figurent parmi les légumes les plus consommés durant la saison estivale. Lorsque les disponibilités diminuent, les prix réagissent rapidement.
En revanche, la situation apparaît plus favorable pour plusieurs fruits. Malgré des épisodes météorologiques instables, la production de fruits à noyau a été abondante. Cette offre importante, associée à des opérations promotionnelles dans les magasins, a contribué à limiter les hausses et même à faire baisser plusieurs références biologiques.
L’association constate d’ailleurs qu’une famille de quatre personnes doit consacrer environ 162 euros par mois pour acheter un panier conventionnel permettant de respecter les recommandations alimentaires, contre 265 euros pour un panier exclusivement biologique. Le surcoût atteint ainsi 103 euros chaque mois.
Même si le prix moyen des fruits bio diminue cette année, le différentiel avec les produits conventionnels demeure conséquent. Les fruits biologiques restent en moyenne 61% plus chers et les légumes bio 67% plus coûteux que leurs équivalents conventionnels.
Autre enseignement préoccupant : les ménages les plus modestes sont également ceux qui subissent les plus fortes augmentations. Le panier constitué uniquement des cinq fruits et légumes conventionnels les moins chers augmente ainsi de 15% en un an. Réduire la diversité des achats permet certes de limiter les dépenses, mais protège de moins en moins contre l’inflation.
Cette situation alimente la réflexion autour de la proposition de loi visant à instaurer un panier permanent de produits favorables à la santé vendus à prix coûtant. L’association reprend à ce sujet une formule devenue célèbre de Serge Papin, ancien dirigeant de la distribution et ministre chargé du Pouvoir d’achat : « Le coco de Paimpol finance le coca d’Atlanta ». Selon Familles Rurales, cette image illustre le fait que certains produits essentiels contribuent à financer la rentabilité globale des enseignes.
L’organisation appelle ainsi les parlementaires à soutenir ce texte afin d’améliorer durablement l’accès aux fruits et légumes, sans diminuer la rémunération des producteurs ni imposer la vente à perte aux distributeurs. Son objectif est de rendre ces produits essentiels plus accessibles dans un contexte où leur inflation dépasse désormais largement celle de l’ensemble des biens de consommation.


