Derrière l’omniprésence des écrans, une réalité plus discrète s’impose : une part significative de la population française peine encore à utiliser pleinement les outils numériques, malgré leur diffusion massive dans la vie quotidienne, constate l’INSEE.
Par ailleurs, une frange plus éloignée encore du numérique persiste. Toujours selon l’INSEE, 15,7% de la population est en situation d’illectronisme en 2023. Ces individus n’ont pas utilisé Internet récemment ou ne disposent pas des bases nécessaires pour naviguer en ligne. Dans un contexte de dématérialisation accélérée, cette absence de compétences numériques constitue un frein majeur à l’autonomie quotidienne.
Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans les pratiques numériques contemporaines. Toutefois, leur utilisation efficace suppose des compétences numériques spécifiques, notamment en matière de communication et de gestion des données personnelles. En conséquence, certains utilisateurs se retrouvent exposés à des risques accrus. Sans compétences numériques solides, il devient plus difficile d’identifier une information fiable, de paramétrer correctement un compte ou de protéger sa vie privée sur les réseaux sociaux. L’INSEE souligne que ces fragilités concernent des publics variés, ce qui montre que le déficit de compétences numériques ne se limite pas à une catégorie d’âge ou de statut social.
De plus, cette insuffisance de compétences numériques a des répercussions sociales durables. Elle peut accentuer l’isolement, freiner l’insertion professionnelle et limiter la participation à la vie citoyenne. Les données de l’INSEE montrent ainsi que la transition numérique, loin d’être uniquement technologique, demeure un enjeu social majeur, appelant des réponses adaptées aux besoins réels de la population.


