Les dangers d’un éventuel troisième confinement

Le pouvoir politico-médical tâtonne. Un jour, il est question de « confinement serré », quelques heures après, d’un confinement sans fermeture des écoles… Les indicateurs chiffrés sur lesquels il se fonde au quotidien ne disent rien de l’essentiel: ce grondement sourd, dans les profondeurs du pays, que l’épaisseur des murs des palais dorés empêche d’écouter. De fait, un troisième confinement serait infiniment plus dangereux – explosif – que les précédents. Après le psychodrame des masques, la succession de deux confinements et déconfinements, plusieurs couvre-feu, à 20 puis à 18 heures, le pataquès des vaccins, par-delà tous les sondages truqués, la confiance populaire est brisée. Dans ses profondeurs, le pays pense que ses dirigeants ne savent pas où ils vont. Surtout, la peur, source de la soumission et de la servilité, a fortement reculé. L’an dernier, l’effet surprise de l’ inconnu a tétanisé la France. Mais les uns et les autres s’habituent à tout, y compris à la mort qui rode sur la planète. Le terreur du virus s’est estompée (à l’exception des personnes à risque) presque par habitude. Même les prédictions apocalyptiques assenées quotidiennement effrayent de moins en moins. Le courage, face à un risque faible ou mesuré ce qui le différencie de l’inconscience, est de nouveau dans l’air. Avec lui, le goût de la liberté est en train de renaître. Quand elle est présente, nul ne s’en aperçoit. mais quand elle est saccagée, martyrisée, sacrifiée, son absence fait mal; et avec le goût de la liberté, celui de la résistance. La France – comme ailleurs en Europe – est dangereusement déchirée, entre les anciens qui réclament toujours plus de protection et les jeunes jetés dans l’enfer du désœuvrement, de l’exclusion, souvent de la misère et la solitude, qui exigent désormais le droit de vivre. Cette déchirure  est porteuse de tous les dangers. La crise sanitaire et la succession des mesures restrictives a ressuscité la classe des parias. Les petits commerçants, les restaurateurs, les gens de la culture, du sports, des stations de ski, du tourisme, les étudiants dont la formation est dévastée, n’ont plus rien à perdre. Ruinés, accablés, méprisés, désespérés, privés, non pas seulement de leurs moyens de vivre, mais pire, de leur raison de vivre : combien sont-ils? Des dizaines de millions. Ils forment désormais un lumpenproletariat du covid-19 dont la détresse et le malheur constituent le carburant inflammable d’une révolte. Enfin, au total, l’absence de toute perspective, l’impression que le jeu des confinements et déconfinements, stérile, inefficace sur le long terme, peut durer encore des années, alimentent un désespoir collectif. Ce ne sera pas faute de l’avoir dit et d’avoir prévenu: la situation est explosive et il ne manque plus que l’étincelle.

Maxime TANDONNET

Author: Redaction