Le nouveau palmarès 2025 de l’Institut national de la propriété industrielle confirme un rebond marqué des dépôts de brevets en France. Derrière une hausse globale, quelques grandes sociétés dominent très largement le classement, tandis que certaines filières industrielles concentrent l’essentiel de l’innovation.
Sans surprise, l’industrie automobile et aéronautique reste en tête. En 2025, Stellantis occupe la première place avec 1.294 demandes de brevets déposées auprès de l’INPI. Le groupe consolide ainsi son avance et confirme son intensité d’innovation, notamment dans l’électrification et les technologies embarquées.
Juste derrière, Safran totalise 1.266 dépôts. L’équipementier aéronautique maintient un niveau très élevé d’activité, reflet des investissements soutenus dans les moteurs, les matériaux avancés et les systèmes de défense. En troisième position, le groupe Renault affiche 746 demandes, ce qui confirme le poids structurant du secteur automobile dans les brevets français.
Le classement se poursuit avec L’Oréal, qui enregistre 714 dépôts. Le géant des cosmétiques illustre la vitalité de l’innovation dans la chimie et la beauté. Du côté de la recherche publique, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) se distingue avec 568 brevets, confirmant le rôle stratégique des organismes publics dans l’écosystème national.
D’autres groupes industriels figurent parmi les dix premiers déposants. Valeo comptabilise 457 demandes, tandis que Airbus en dépose 295. Enfin, Orange (288 brevets) et Thales (246 brevets) témoignent du dynamisme des télécommunications et de la défense.
Ce constat souligne une concentration significative de l’innovation protégée au sein des grands groupes disposant de moyens financiers et juridiques importants. Déposer un brevet représente un coût non négligeable et nécessite une stratégie industrielle claire. Par conséquent, les structures les plus capitalisées restent les mieux armées pour sécuriser leurs inventions.
Par ailleurs, neuf établissements publics de recherche ou d’enseignement supérieur apparaissent dans le classement. Le CEA et le CNRS occupent des positions centrales, démontrant que la recherche académique demeure un pilier essentiel de l’innovation française. L’interaction entre laboratoires publics et grandes sociétés joue ainsi un rôle déterminant dans la production de nouvelles technologies.
Ensuite, les secteurs du numérique et des télécommunications conservent une place significative, portés par la transformation digitale des entreprises et l’essor des technologies connectées. Orange, par exemple, maintient un niveau de dépôts élevé, ce qui illustre la montée en puissance des infrastructures numériques.
La santé, la cosmétique et la chimie constituent également un pôle important d’innovation. La présence de L’Oréal dans le top 5 confirme la compétitivité française dans ces domaines. Enfin, les secteurs de l’énergie, des équipements multi-industries et du luxe apparaissent dans le classement, même si leur volume de brevets reste inférieur à celui de la mobilité.
Ainsi, la progression globale de 8,7% des demandes en 2025 ne masque pas une réalité : l’innovation brevetée en France demeure largement structurée autour de quelques grandes sociétés industrielles et d’acteurs publics majeurs. Les brevets restent un indicateur clé de compétitivité technologique et un levier stratégique pour les entreprises engagées dans la course mondiale à l’innovation.


