Pour finir l’année, je suis parti marcher au bord de la mer, entre Saint Malo et le Mont Saint Michel. Oui, une bien sale année. Déjà, 1815, une année de défaite et d’occupation, 1915, année la plus sanglante de l’histoire de France. 2015 fut aussi une sale année, une année pourrie. Depuis mon éveil à la conscience politique, en 1974, je n’ai jamais connu une aussi sale année. Le terrorisme a frappé à trois reprises. Les 7 et 9 janvier, puis le 13 novembre, Paris a connu le sang, les larmes et la peur. Il est des familles qui pleurent toujours leurs enfants disparus dans les massacres de 2015. Nous avons assisté à la « déchéance » du monde politique, non pas dans sa totalité bien sûr, les exceptions existent, mais globalement, dans son ensemble. Quoi? face à la terreur, et au martyre des Français, plutôt que d’essayer d’établir les responsabilités de ce désastre, d’œuvrer à des réponses concrètes, opérationnelle, réalistes, le monde politique a choisi la fuite dans la récupération émotionnelle, la grandiloquence, la course aux polémiques stériles et inutiles – symboliques – aux provocations qui font du bruit, oublier tout le reste, et qui éloignent toujours plus les Français du monde réel, avec en toile de fond, l’obsession des places à conserver ou conquérir. Bien sûr, la poussée du parti lepéniste fut une autre monstruosité de l’année 2015, mais résultat de la déchéance globale – pas générale – du monde politique. Déchéance, déchéance, le grand mot à la mode, pire que déclin, pire que décadence, la déchéance… 2015, année de la déchéance… Plus que deux jours à vivre cette sale année.
Maxime TANDONNET


