Une éventuelle absence de majorité absolue? C’est à la fois peu et beaucoup

Nous sommes nombreux, parmi les observateurs de la vie politique à le souhaiter plus ou moins: quoi? L’absence de majorité présidentielle absolue au second tour des législatives. D’abord, ce n’est pas gagné selon les sondages, mais c’est une possibilité, un scénario envisageable. Ce serait à la fois peu et beaucoup, pas forcément dans le bon sens.

En fait, ce serait assez peu. Le président Macron est un communiquant qui a été élu sur le thème de la « transformation de la France » en 2017 mais dont la débauche de communication n’a servi qu’à masquer l’immobilisme total d’un quinquennat sur le plan des réformes économiques et sociales nécessaires et la ruine des finances publiques. Une majorité absolue a pour objectif de permettre à un chef de l’Etat de promouvoir de grandes réformes. L’absence de majorité absolue lors du deuxième quinquennat ne ferait qu’amplifier encore l’immobilisme: ni plus, ni moins! Elle n’empêcherait en rien l’exubérance narcissique comme masque du néant. Par ailleurs, le macronisme et le mélenchonnisme ont la même souche idéologique: le parti socialiste. Ils sauront se retrouver sur le sociétal (sécurité, immigration, moeurs)…

Mais ce serait quand même beaucoup: d’abord, un grave désaveu pour l’Elysée, la sanction de présidentielles bâclées ou étouffées, un signe de profonde défiance envers le président réélu, une sorte de mandat présidentiel mort-né. Bref, cinq ans de perdus pour la France, mais c’était déjà en germe quand les Français l’ont réélu. La ruine politique qui s’annonce peut permettre de trouver un espace pour bâtir autre chose… Aussi une respiration démocratique, l’atténuation du jupéterisme autocratique et vaniteux. Des choses aussi invraisemblables que le renouvellement indéfinis de l’état d’urgence et la suspension de la liberté (covidesque) seront plus difficiles à instaurer sans débat. Le Parlement pourrit alors retrouver un semblant d’espace de débat. Mais il convient de ne pas se réjouir: avec 500 députés sur 577 issus de la mouvance socialiste, communiste et écologiste, enrichie de quelques félons, le pire est peut-être à attendre.

MT

Author: Redaction