Ce qui caractérise les tueurs sanguinaires islamistes, aujourd’hui, outre leur sadisme et leur perversité, c’est leur lâcheté: il s’attaquent toujours à des personnes désarmées au moment où elles s’y attendent le moins. Ils ne cherchent pas à défier l’autorité, le pouvoir, comme les terroristes de jadis. Non, il s’en prennent à des femmes, des enfants, des jeunes, des professeurs en train d’enseigner. Ils visent l’innocence, la pureté, la simplicité de la vie quotidienne, ce qu’il y a de plus précieux dans la société, un professeur de français en train de transmettre le savoir. Il ne s’en prennent pas à l’autorité – ils sont bien trop lâches – mais à l’image même de la vie quotidienne. A cet égard, ils sont dans une logique nihiliste d’extermination, de sublimation de la mort et la destruction, l’incarnation du mal absolu, nihiliste, destructeur, comme le miroir des heures les plus sombres de l’histoire. Le professeur de français exerce le plus beau métier du monde, celui qui consiste à transmettre le savoir et la richesse du langage et de la littérature. C’est lui qui symbolise les lumières de l’intelligence et de la civilisation qu’il faut anéantir. Mais hélas, ce goût de l’extermination ne trouve face à lui guère de résistance à la hauteur du défi. A chaque fois, vous l’avez remarqué, les mêmes paroles reviennent: « jamais plus », « union nationale », « le crime de trop ». Les mêmes perroquets répètent: « celui qui touche à un professeur touche à la République ». Mais non! Ce n’est pas la République qui était visée à titre essentiel: c’est une vie humaine, celle d’un père de famille de 57 ans, Dominique Bernard, qui ne demandait qu’à vivre avec son épouse et ses trois filles, un professeur de français qui aimait son métier, le plus beau métier du monde consistant à transmettre les splendeurs de la langue française aux nouvelles générations! C’est bien lui et non la République, lui et tout ce qu’il représente, un père de famille, professeur de la plus belle langue du monde, une image de la vie quotidienne, de la vie française qui était ciblé. Alors quoi? On prononce des hommages? On illumine le palais Bourbon, on dépose des petites fleurs et une marche blanche? Mais cela ne règle rien. Il faut d’abord établir les responsabilités, la chaîne des responsabilités: qu’est-ce qui a permis que dans la France de 2023 un professeur de français puisse être ainsi massacré pendant son cours. Où sont les défaillances? Et prendre toutes les sanctions qui s’imposent jusqu’au plus haut niveau, sans copinage, sans protection, sans considération politicienne. Puis changer la loi, autrement que dans l’esbroufe narcissique et impuissante, pour maîtriser l’immigration et faciliter l’expulsion des tueurs potentiels. Mais voilà, nous savons d’ores et déjà que rien de tout cela ne se fera.
MT



