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M. Fillon, le peuple et la volonté générale

mercredi 8 février 2017 - 21:22

xvmeb8e8b20-e6ce-11e6-b71d-891f4c05b256Ci-dessous le texte superbe que m’a adressé M. René Chiche, professeur agrégé de philosophie.

Le peuple est admirable pour choisir les dépositaires de son autorité, dit Montesquieu. En toute question qui lui est soumise, et où certains imaginent pouvoir lui prescrire ce qu’il doit penser et faire, c’est à lui et à lui seul qu’il revient de trancher. Il a toujours raison, même si l’on pense qu’il a tort. Et, bien qu’il ne manque pas de prophètes patentés ni d’improbables devins pour en ausculter l’expression et en sonder les voies, celles-ci leur sont et leur resteront toujours aussi impénétrables que l’isoloir, ce refuge de la démocratie qui met le citoyen à l’abri du bruit et de la fureur.
L’expression du peuple, quand il vote, est comme l’orage que nous envoie la nature et qui nous trempe. Elle est un phénomène aussi naturel que n’importe quel autre, quoique ses causes soient assurément plus complexes que les phénomènes météorologiques. Certains se demandent fébrilement ce que veut le peuple et s’improvisent sans prudence en interprètes autorisés de ses soubresauts, chose aussi ridicule que le fait de supposer à la nature quelque intention afin d’expliquer l’orage. La plupart des observateurs et commentateurs politiques en sont encore à ce qu’Auguste Comte appelait le stade fétichiste du développement de l’esprit, les plus avancés atteignant avec difficulté le stade métaphysique, aucun n’étant parvenu à l’état positif, si bien que le fait qu’on les écoute autrement que pour s’instruire de la bêtise et de ses innombrables formes ne cesse de me surprendre.
François Fillon remportera l’élection pour une seule et simple raison, qui n’a d’ailleurs même pas de rapport direct avec lui ni avec son programme. Cette raison a pour nom la volonté générale, qui n’a rien à voir avec la somme des volontés de chacun, fut-elle majoritaire. Or la volonté du peuple, qui est par nature constante et invariable, ne se laisse pas facilement retourner contrairement à ce qu’on appelle l’opinion, laquelle est versatile par nature, comme chacun sait. François Fillon sera le prochain président de la République parce que le peuple a un profond désir de redressement de la France, de reconstruction de l’école, et de rétablissement de l’autorité. Et qu’il ne trouvera manifestement pas dans les quelques soixante-dix jours qui nous séparent de l’élection un autre candidat pour l’incarner.
René CHICHE, professeur de philosophie


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