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Les sables mouvants

mercredi 7 décembre 2016 - 7:58

sans-titreNous vivons une époque politique très particulière. L’incertitude est la maîtresse du monde. Nous ne pouvons rien prévoir, rien anticiper. L’opinion atteint un niveau de versatilité, d’imprévisibilité sans précédent. Le pays est littéralement déboussolé, par le contexte des massacres terroristes qui l’on ensanglanté, par le désastre du chômage et de la fragmentation, du repli identitaire, la montée des haines et de la violence, de la pauvreté qui atteint des records, par les excentricités des dirigeants politiques. Il ne faut pas y voir à proprement parler une colère, celle qui provoque des émeutes et des guerres civiles, mais plutôt un sentiment d’anomie, de nihilisme, de scepticisme radical, de dégoût de tout, un climat plus propice à la révolte qu’à la révolution. En France, nous marchons sur des sables mouvants. Qui pouvait s’attendre à la rentrée de septembre, à la chute d’Alain Juppé, que tout le monde ou presque voyait futur président de la République, à celle de Nicolas Sarkozy et de François Hollande? Qui pariait sur le succès « aux primaires de la droite et du centre », de François Fillon? Ce phénomène touche le monde occidental: Brexit, Trump, référendum italien Renzi, Merkel en mauvaise posture, paralysie de l’Espagne, etc. L’opinion semble gagner par la frénésie de prendre le contrepied de  tout ce que le monde politico-médiatique veut lui imposer. Dès lors, la vie politique paraît livrée à tous les vents et toutes les tempêtes, à des courants obscurs, aux retournements les plus stupéfiants. Dans 4 mois, nous aurons de grandes élections en France. Il serait folie de penser que  tout est gagné d’avance pour le camp des républicains modérés, le nôtre. Dans le monde actuel, toute certitude semble destinée à être contredite par les événements, tout calcul voué à être brisé… L’avenir est otage des soubresauts de l’émotion collective. Le plus invraisemblable, aujourd’hui, peut se produire et plonger le pays dans une affreuse tragédie. Ne rien exclure, surtout le pire, la victoire du néant: une élection de M. Valls, voire M. Mélenchon ou Mme Le Pen, puis un furieux chaos parlementaire, une paralysie générale, l’achèvement de la descente aux enfers de la France. Se tenir près à l’invraisemblable pour tenter de le conjurer par tout moyen: telle est la seule attitude valable aujourd’hui.

Maxime TANDONNET

 

 

 


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