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Le sondage interdit

dimanche 22 janvier 2017 - 11:30

Le sondage CEVIPOF deimagesQ97MTRRD janvier 2017 sur la confiance des Français devrait être le « livre de chevet » de tous les responsables politiques. Pourtant, largement passé sous silence, boycotté par la France dite « d’en haut », tant il dérange ses habitudes de pensée, il exprime le sentiment de la majorité silencieuse. Pour 89% des Français, les responsables politiques « ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux ». 64% font confiance à leur maire, mais 25% au président de la République. 70% pensent que la « démocratie fonctionne mal ». 83% font confiance aux hôpitaux,  82% à l’armée, 81% aux PME, mais 24% aux médias et 11% aux partis politiques… La politique inspire à 40% de la méfiance, 28% du dégoût, 10% de l’ennui, 3% de la peur, soit 81% de perception négative. 75% estiment que le notions de droite et de gauche ne veulent plus dire grand chose. 77% jugent les politiques devraient moins communiquer et « prendre des mesures dans l’intérêt général ». 79% pensent que les grandes décisions engageant l’avenir doivent « faire l’objet d’un débat approfondi », et 79% que « les camps opposés devraient s’entendre dans l’intérêt du pays ». 91% sont « attachés à la démocratie » et 62% veulent que « les citoyens participent davantage à la décision ». 32% se sentent « uniquement français, 34% plus Français qu’Européens et 33% autant Français qu’Européens ».

Le spectacle actuel de la politique française est en effet affligeant. Elle se présente comme une gigantesque duperie au détriment de la France profonde : obsession carriériste, démagogie forcenée (le revenu universel), idolâtrie nihiliste (Macron, le Pen), mépris de la France profonde à travers le déni des sujets fondamentaux, notamment la réforme de la démocratie. Sous l’effet d’une mode idéologique venu d’outre-Atlantique, les candidats se proclament tous « anti système » mais se vautrent dans la routine politicienne sans tenir le moindre compte de l’attente d’une transformation radicale de la vie publique qui  s’exprime des profondeurs de la Nation: démocratie de proximité autour des communes, recours au référendum, recomposition générale de la politique française, réhabilitation de l’autorité du gouvernement sous le contrôle d’un Parlement représentatif des citoyens, prise en compte systématique de l’avis des Français sur les grands sujets, l’immigration, l’Europe, l’école, l’autorité, l’économie, la sécurité, etc. C’est pourquoi sans doute cette enquête du CEVIPOF qui dérange fait l’objet d’un véritable boycott et d’un enterrement médiatique de première classe…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 


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