Entre les symboles et la réalité

images (3)Jeudi matin dernier, à dix heures, une personnalité politique de premier plan, plusieurs fois  ministre,  haut placée auprès du président Sarkozy, m’appelait sur mon téléphone portable. J’étais heureux d’entendre sa voix qui me rappelait tant de souvenirs. Il me félicitait pour mes chroniques qu’il lisait avec attention et dont il s’inspirait dans certaines interventions. Celle sur les quotas d’immigration européens lui avait été particulièrement utile, me disait-il, et elle avait été largement utilisée en haut lieu. En revanche, il n’était pas d’accord sur ce que j’avais écrit concernant le droit du sol, d’où la raison de son appel. En effet, selon lui, les symboles avaient une importance déterminante en politique, et le droit du sol en était un, décisif. Tout est affaire de sensibilité personnelle. Il me semble, sans prétendre détenir la vérité, que les symboles divisent, passionnent, excitent, mais éloignent de l’efficacité et de la réussite. Je songe, (en pleine lecture des Mémoires du duc de Broglie), au comte de Chambord, en 1873, qui bloque la restauration monarchique en s’accrochant obstinément à son « drapeau blanc » et à l’inverse, deux ans plus tard, les républicains et les Orléanistes qui mettent définitivement en place la République française à travers une Constitution la mentionnant à peine et en éludant toute forme de débat de principe. Derrière l’idée de symbole se profile celle de passion et de séduction. Il me semble que les citoyens ont aujourd’hui davantage besoin de raison, de factuel, de réalité, de concret en un mot. Les futurs dirigeants du pays seront tout simplement ceux qui auront réussi à les convaincre de leur sens des réalités, de leur détermination à agir sur le réel pour le bien commun, sans rêve, ni promesse excessive et sans illusion. Les Français en ont trop vu par le passé…

Maxime TANDONNET


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Author: Redaction