Peintures, solvants, meubles et autres déchets spécifiques des ménages ont désormais leurs filières de tri et de recyclage.
Pollueur-payeur.
En 2012, les déchets d’ameublement auront leur propre filière de recyclage, à l’instar d’autres produits comme les emballages, les pneus ou encore les déchets d’équipements électriques et électroniques. Longtemps la fin de vie des produits s’est résumée à leur agonie dans les décharges ou les usines d’incinération, mais ce temps est révolu. Afin de mieux gérer la fin de vie des produits (limiter les déchets, encourager la réutilisation et le recyclage), l’Union européenne, l’État et les collectivités locales ont organisé des filières pour certains produits, avec l’objectif de faire payer celui qui pollue. Le principe de la responsabilité élargie du producteur (REP) s’est alors imposé, la conception du produit relevant du fabricant. Celui-ci est ainsi incité à mettre sur le marché des produits plus respectueux de l’environnement, qui génèrent moins de déchets.
À chaque produit sa filière.
Comment fonctionne une filière ? Emballages, pneumatiques, téléviseurs, piles… tous ces produits font partie de filières découlant de la responsabilité élargie du producteur : le fabricant ou l’importateur d’un produit organise la fin de vie de celui-ci, soit en gérant lui-même la collecte et le recyclage du déchet généré par son produit, soit en versant une contribution à un éco-organisme, dont c’est le rôle. Ainsi, en 2011, les éco-organismes ont récupéré près de 1 milliard d’euros pour financer ces filières.
Concrètement, les produits sont soit collectés chez l’habitant (les emballages), soit rapportés par le consommateur (bornes de piles dans les magasins, reprise des médicaments non utilisés en pharmacie…), soit récupérés dans les déchetteries (fours, écrans…) pour être valorisés. Le coût de la gestion du déchet est intégré dans le prix de vente du produit. Une chose est sûre : le producteur a toujours intérêt à mettre sur le marché des produits plus respectueux de l’environnement (éco-conception) puisque sa contribution dépend, en partie, de l’impact du produit sur l’environnement. Il existe à ce jour, selon l’Agence de la maîtrise de l’énergie et de l’environnement (Ademe), une quinzaine de filières découlant de la REP, trois étant nées depuis le Grenelle Environnement : les déchets d’activités de soins à risques infectieux perforants des patients en autotraitement à domicile (seringues, scalpels…), les déchets diffus spécifiques ménagers comme les peintures, les solvants… et les déchets d’ameublement.
Rien ne se perd, tout se transforme.
Une filière se crée chaque fois que la collecte sélective d’une catégorie de déchets apporte des avantages en termes de santé publique (cas des déchets d’activités de soins à risques infectieux perforants) ou de valorisation (cas des équipements électriques et électroniques). Plus le tri est organisé en amont, meilleure sera la récupération et la valorisation des matières. Des objectifs ambitieux de collecte et de recyclage sont fixés par les pouvoirs publics. Ainsi, pour les déchets d’éléments d’ameublement, le taux de réutilisation et de recyclage des déchets professionnels a été fixé à 75 %.
Exemple de la filière des déchets d’équipements électriques et électroniques.
« Notre filière est née en 2006 et a connu une croissance importante. Il faut savoir que chaque habitant produit en moyenne 22 kg de déchets électriques et électroniques par an et en jette environ 15 kg. Le prix de la collecte et du recyclage est transféré au consommateur, à travers l’étiquette écoparticipation. Globalement, 2/3 de la collecte se fait en déchetterie et 1/3 auprès des distributeurs. Puis, il y a tout un processus de démantèlement du produit et de valorisation des matières. Tout est bon dans un frigo ou un four ! Aluminium, ferraille, cuivre, mousse…85 % des produits sont valorisés et les matières revendues ensuite. C’est une filière qui marche bien. René Louis Perrier, directeur de l’éco-organisme Ecologic.


