De pire en pire

Une ère nouvelle devait s’ouvrir, celle de la recomposition ou du renouvellement de la politique française. Non seulement rien n’a changé sur le fond des choses, mais nous assistons impuissants à l’aggravation de ses pires travers, comme la quintessence des dérives de ces dernières décennies:

  • Apothéose du culte narcissique de la personnalité, à un niveau encore jamais atteint depuis plus d’un demi siècle, et qui donne le vertige;
  • Enchaînement des polémiques stériles au jour le jour (la dernière en date, sur l’Afrique);
  • Absence de cap, foisonnement des annonces vagues et contradictoires et des volte-face (réformes fiscales);
  • Fuite permanente du monde des réalités (enjeux de la dette publique, du chômage, de la désindustrialisation, de la réforme de l’Europe, de la crise migratoire);
  • Destruction larvée des sources d’autorité et d’action que sont le Gouvernement, le Premier ministre, les ministres, et le Parlement, noyées dans le reflet médiatique d’un seul individu;
  • Nullité de l’opposition républicaine, obsédée elle aussi par ses querelles mégalomanes, ses ambitions individuelles débiles, plutôt que par la réflexion collective sur un avenir commun;
  • Mépris de la « France d’en haut » dans son ensemble (y compris les partis extrémistes) pour les sentiments et des opinions des gens (exemple sur les jeux olympiques à Paris).

Face à cette évolution tragique, cette marche inexorable vers l’abîme, un sentiment général d’apathie et de fatalisme domine aujourd’hui les esprits. Il n’y aura sans doute pas de révolution, les Français sont trop anesthésiés et indifférents pour cela, mais sûrement de révolte larvée, se traduisant par un dégoût toujours plus grand de la chose publique et le repli individualiste avec le risque de l’arrivée au pouvoir, à terme, dans un climat d’écœurement absolu, d’aventuriers extrémistes, de gauche ou de droite qui plongeront le pays dans un chaos irréversible.

Maxime TANDONNET

 

 

Author: Redaction