L’ANSM a lancé un programme pilote visant à allonger de 2-3 ans à 4-5 ans la durée de conservation de 73 médicaments parmi les plus vendus en France. Quinze laboratoires participent à cette initiative qui vise à réduire le gaspillage, optimiser les stocks et sécuriser les approvisionnements face aux pénuries récurrentes.
Chaque année, des millions de médicaments sont détruits avant d’atteindre les patients. Avec une date de péremption souvent fixée entre deux et trois ans, ce gaspillage impacte toute la chaîne de valeur, augmentant les coûts de production et les prix de vente. L’ANSM prévoit que 47 des 73 médicaments testés pourraient conserver leur efficacité pendant quatre ans ou plus, sans changement de composition ni de conditionnement. Pour les industriels, prolonger cette durée signifie produire moins souvent, réduire les cadences et diminuer les investissements en capacités de production. L’économie réalisée sur ce gaspillage pourrait représenter des dizaines de millions d’euros annuels.
En logistique, un allongement de la durée de conservation permettrait aux distributeurs et pharmacies de constituer des stocks plus importants sans risque de péremption. Cela réduirait les coûts de transport, rationaliserait les flux et améliorerait les marges. Pour les hôpitaux, disposer de médicaments valides plus longtemps renforce leur capacité à répondre aux variations de la demande, allégeant la pression sur les importations parallèles. Le cas du Clomid 50 mg, résolu par une importation britannique temporaire, illustre les surcoûts liés aux ruptures.
L’ANSM s’apprête donc à établir un calendrier annuel d’évaluation et d’autorisation. Les médicaments passant les tests de stabilité pourront obtenir une nouvelle autorisation de mise sur le marché avec une date de péremption allongée. Ce processus récompensera les laboratoires les plus rigoureux, créant une dynamique de performance et facilitant la planification des investissements pour les acteurs du secteur.


