Pas de quoi être fiers

6fdf93c9207f163e72e63447050e4« Aujourd’hui, Paris était la capitale du monde » a déclaré le président Hollande. Toute la classe politique, sans exception, ni la moindre note discordante, était dans la rue en cette belle journée d’hiver. Les grands de ce monde jouaient du coude pour être sur la photo. Quatre millions de Français ont participé au mouvement. » Le monde médiatique jubilait, les commentaires, entendus ici et là, sublimaient l’évènement: union nationale, grand moment historique, peuple rassemblé, mobilisation sans précédent, fierté nationale, France debout, redressée, digne de ses plus grandes heures de gloire, etc… Et je n’invente rien. Pas une note discordante, ni à la radio, ni à la télévision. Les comparaisons abondaient, notamment avec la Libération. Je respecte profondément les citoyens qui se sont rassemblés un peu partout et comprends leur volonté d’être ensemble et de faire un geste. Pour autant, je suis bien loin de partager l’euphorie politique et médiatique. Une amie de confession juive a dit ce matin à ma femme: « Je n’irai pas car la France est la seule démocratie au monde où on tue des juifs ».  Ce soir, habitant près du cours de Vincennes, je ne pense qu’à une chose, à ces jeunes juifs de vingt ans que l’Etat, parYohav HATTAB, 23 ans ses renoncements, de décennie en décennie, n’a pas su protéger. Appelons un chat un chat: l’Etat a échoué dans sa mission de protéger la vie de jeunes Français.  Personne n’a de raison d’être fier. Ils seront enterrés en Israël je crois. Je trouve que leurs familles ont bien raison. La France n’a pas su les protéger, n’a pas sauvé leurs vies. Je suis profondément malheureux pour eux parce qu’ils avaient vingt ans et partage, du fond du cœur l’immense chagrin de leurs proches, parce qu’ils étaient jeunes, parce qu’ils avaient vingt ans, et voudrais pouvoir le dire à leurs parents.  Et franchement, moi, en ce dimanche, 11 janvier, unanimement présenté comme un jour de gloire nationale qui restera dans l’histoire, franchement,  je suis bien loin, bien loin, bien loin d’être fier de mon pays. http://www.lejdd.fr/Societe/Qui-etaient-les-quatre-juifs-tues-a-la-porte-de-Vincennes-711684

Maxime TANDONNET

Author: Redaction