Nicolas Dupont-Aignan à Aix : « Notre pays est en train d’être colonisé »

Le discours de Nicolas Dupont-Aignan a littéralement emballé les 300 convives présents ce dimanche à Aix-en-Provence pour la fête des fédérations de « Debout La France » pour une raison très simple : il a totalement abandonné la langue de bois et les petites fioritures diplomatiques qui font le miel des experts politiques parisiens. « L’heure est grave, a-t-il martelé, soit nous continuons à nous laver les mains du sort de la France, soit nous nous retroussons les manches et nous faisons renaître la nation. Notre pays est en train d’être colonisé. Si la destinée de la France est de devenir un musée d’esclaves qui se résignent à être les balayeurs des Chinois ou les laquais des salafistes, notre peuple si glorieux s’évanouira et disparaîtra. Nous sommes colonisés économiquement par les Etats-Unis, politiquement par Bruxelles et l’Allemagne, démographiquement par une immigration incontrôlée. Comment notre pays, cinquième puissance mondiale, a-t-il pu se saborder lui-même au point de ne plus savoir qui il est et de sombrer dans les affres de la résignation, du défaitisme et de la démission ? »

C’est ce qu’on appelle un uppercut dans l’estomac au moment du repas. Nicolas Dupont-Aignan, on le salue parfois avec condescendance : « oui, c’est bien sympathique ce que vous faites, mais c’est trop tard. » Ah oui ? Parce que c’était trop tard lors de la débâcle de 1940 ? Les Français les plus avertis lui font observer qu’il n’y a plus rien à faire. Ils ont perdu leur réflexe de survie et leur instinct de combattant. Ils n’ont pas mesuré à quel point notre pays est aujourd’hui dominé, écrasé, colonisé. « Français, chers compatriotes, où est passé votre esprit de résistance ? s’est-il écrié, vous ressemblez aujourd’hui à ces grenouilles que l’on fait cuire à feu doux et qui trouvent ça très agréable jusqu’au moment où l’eau commence vraiment à bouillir et elles n’ont plus la force alors de sauter pour s’extraire de la casserole où vous les avez plongées… »

Est-ce que les carottes sont cuites ? Bien sûr que non, nous devons tous transmettre à nos proches un esprit de résistance pour s’épargner la fin tragique des batraciens, encore faut-il que «le malade France ait envie de guérir ». « Comment leur donner cette envie de survivre en tant que nation, comment les inciter à résister et à se battre alors même qu’ils se font canarder o égorger par des fanatiques dans la rue et que leurs entreprises se délocalisent en Slovénie ? Comment rendre le moral aux Français épuisés par l’ampleur du défi qui les attend ? Le jour où chacun d’entre nous aura convaincu son frère, sa sœur, son cousin, ses parents que nous risquons de devenir des esclaves, eh bien ils commenceront à relever la tête ! » s’enflamme le président de Debout La France.

Le second objectif que Nicolas Dupont-Aignan assigne à ses militants et sympathisants, c’est de sortir de la complainte, du négativisme, du « c’était mieux avant ». Il est convaincu que la victoire de M. Macron est, certes, celle de l’argent-roi et de ses satellites industriels mais c’est aussi celle de la « bienveillance », un mot qui fait florès depuis que le candidat Macron l’a réhabilité lors de sa campagne. Ce discours positif, pour Dupont-Aignan, c’est celui du patriotisme raisonnable du 21eme siècle qui permettra de construire une France plus prospère et surtout plus juste, plus équitable, et pas un « territoire » sans âme et sans repères réservé aux riches et aux bobos. Pas une France recroquevillée sur elle-même mais une France fière soucieuse de l’écologie de sa terre. « Les Français se transcendent lorsqu’on les invite à combattre pour quelque chose de plus grand qu’eux et c’est cette fierté française que je veux restaurer », a-t-il affirmé.

L’ennui, c’est qu’à force de déceptions et de frustrations accumulées, on a fini par tuer jusqu’à l’espérance dans le cœur de nos compatriotes. Ils ne croient plus en rien ni en personne. Comment leur faire sentir cette énergie positive lorsqu’on ne dispose pas d’argent, ni de relais médiatiques ou politiques suffisants ? « Moi je crois à la France, à l’ordre, à la justice sociale, à l’assimilation, je crois en une France généreuse qui accomplit une mission civilisatrice, les Français ont renoncé à être ce qu’ils sont mais ensemble nous allons les réveiller ! » clame Dupont-Aignan.

Le troisième objectif est stratégique. Comment parvenir au moindre résultat positif alors même que la Droite est fractionnée en partis concurrents ? Comment convaincre les forces politiques désordonnées de s’agréger ? Comment leur faire comprendre que le culte des égos est le meilleur gage de réélection de la gauche pour trente années supplémentaires ? « Nous sommes idéologiquement majoritaires dans l’opinion, estime Nicolas Dupont-Aignan, mais notre combat dépasse le clivage droite-gauche, car c’est celui de la survie de la France. Je ne veux pas oublier les millions de Français qui ne sont ni de droite ni de gauche. Il ne faut pas s’enfermer dans un clan politique sinon nous n’aurons jamais la majorité dans les urnes. On ne pourra jamais satisfaire toute la nébuleuse de la Droite. L’objectif c’est de construire ensemble un programme commun qui sera accepté par tous. Voilà pourquoi nous apprenons à travailler ensemble avec la droite hors les murs, celle de Ménard, avec le Mouvement pour la France, avec le centre national des indépendants et des paysans. Chacun comprend que la maison brûle et qu’il est temps d’éteindre l’incendie ».

Le tête à tête Dupont-Aignan – Marine Le Pen, c’est insuffisant. « Il faut rallier les Républicains patriotes qui en ont assez du double langage et des grands écarts des dirigeants des Républicains. Nous devons aller les chercher parce que c’est la condition de notre future victoire », a insisté le président de Debout La France. Il est vrai que les patriotes Français en ont assez de perdre régulièrement les élections parce que chacun pense d’abord à sa petite cuisine électorale avant de songer à l’intérêt national. En 2019, il faudra faire échec à l’Europe des riches, l’Europe supranationale chère au président Macron. Et il faudra ratisser large car il s’agit d’un scrutin à un tour à la proportionnelle. « Nous voulons l’union pour gagner, pas pour sauver une boutique, conclut Nicolas Dupont-Aignan, très applaudi, il ne faut plus être obnubilé par la personnalité du futur présidentiable, cette fixation nous empêche de tirer les leçons de l’échec de 2017. Notre plus grand bonheur sera d’éteindre l’incendie qui embrase la maison France et ce n’est pas la personnalité du capitaine de la caserne des sapeurs pompiers. Je crois en vous tous, je crois en la France, vous êtes comme les résistants, vous n’avez rien, vous n’avez que votre foi chevillée au corps et au cœur, votre sincérité, votre abnégation, loin de la classe politique qui s’est servie au lieu de vous servir. Mes chers compatriotes, n’oubliez pas que l’heure la plus sombre de la nuit est toujours celle qui précède l’aurore. Vive la France ! »

José d’Arrigo
Source : Debout La France


Auteur de Faut-il quitter Marseille ?

Le 9 février 2015, le jour de la venue du premier ministre Manuel Valls, les policiers ont été accueillis à la cité de la Castellane par des rafales de kalachnikov. Mauvais concours de circonstances ? Malheureux événement isolé ? José D’Arrigo a passé plus d’un an à interroger des Marseillais de toutes origines, de toutes confessions et de tous bords politiques pour se faire une idée du climat réel de cette ville, une idée plus précise que celle que «vendent» à longueur de journée sondeurs et autres responsables politiques adeptes de la stratégie de l’autruche. Qu’en retire-t-il ? L’image d’une ville défaite, rongée par le clientélisme et submergée par le chômage. Non, à Marseille, les communautés ne vivent pas «ensemble». Elles sont désormais dos à dos. Non, Marseille ce n’est pas la «douceur du sud». Mais plutôt la capitale de la peur. Cette peur que ressentent les policiers dans les cités dites «réfractaires», la peur des parents qui ne pourront plus transmettre à leurs enfants leur patrimoine immobilier qui ne vaut plus grand chose ou encore cette peur des jeunes filles qui se font insulter quand elles osent porter une jupe dans certains quartiers. Enfin et surtout, cette peur des émeutes qui tétanise les élus et cette peur ultime qui assaille les journalistes : la peur de la vérité. Bienvenue à Marseille.

Author: Redaction