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Brexit, la question européenne

lundi 20 juin 2016 - 9:19

imagesAX7GGNUDUn gigantesque aveuglement volontaire empoisonne la vie de l’Union européenne. Les milieux influents ou dirigeants de l’Europe ne veulent pas voir la réalité qui est celle d’un rejet croissant des institutions bruxelloises par les peuples européens. C’est un constat, une réalité objective et non un jugement de valeur.

Ce sont les Grecs qui sont les plus sévères dans leurs réponses, mais ils ont certes quelques raisons d’être agacés : 71% ont une opinion défavorable à l’UE. La France arrive juste derrière la Grèce : 61% d’opinions défavorables. En revanche, surprise, le Royaume-Uni, avec 48% d’opinions défavorables, est au même niveau que l’Allemagne ou l’Espagne. Parmi les 10 peuples sondés, les plus « pro-européens » sont les Polonais : 72% ont des opinions favorables à l’UE, seulement 22% des opinions défavorables.(Enquête d’opinion menée par le Pew Research Center juin 2016 dans dix pays européens).

Ce phénomène qui s’accélère à une vitesse fulgurante, s’explique par le sentiment que les institutions bruxelloises sont devenues une mécanique obtuses qui ne tient aucun compte de la volonté des peuples. La politique migratoire de l’Union européenne est au centre de de rejet massif.

Qu’attendre des dirigeants et des leaders européens dans ce contexte, au-delà de la seule question du Brexit? Ils ont au minimum un devoir de cohérence. Trois scénarios et trois seulement sont possibles:

  • La poursuite de l’évolution en cours, conjuguée à la préservation ou à la relance du principe démocratique en Europe (le pouvoir du peuple): une explosion de l’Union européenne est dès lors inéluctable.
  • La poursuite de l’évolution en cours, mais l’abrogation de la démocratie: le vote existe toujours mais l’émergence de systèmes bureaucratiques aboutissent à l’anéantissement de facto de l’effet de ces votes.  D’où la montée du vote et de la violence extrémistes, de droite ou de gauche, le retour des pulsions nationalistes et fascisantes (un Allemand sur 10 souhaite le retour d’un Führer selon Atlantico 17 juin 2016).
  • Le choix du réalisme: les dirigeants qui depuis les années 1990 ont conduit l’Europe dans cette effroyable et mortelle impasse  admettent leur erreur et se mettent autour d’une table avec l’objectif de penser une nouvelle orientation pour le continent, fondée sur le respect de la volonté populaire. Mais est-ce possible? Le potentiel d’intelligence et de volonté politique existe-t-il pour permettre une telle inflexion?

La vérité est qu’il n’y a pas d’autre scénario possible: l’explosion et le retour à l’isolement des Etats, ce qui équivaut à un suicide face aux gigantesques défis planétaires, l’abrogation de facto de la démocratie et le retour à la violence nationaliste et extrémiste (en cours), ou enfin la lucidité et le courage d’une transformation radicale de la gouvernance européenne – issue malheureusement improbable dans le contexte d’aveuglement et de négation de la volonté politique.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 


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