Le bio retrouve de l’élan, mais la valeur attachée au label continue d’attirer les pratiques trompeuses. Le dernier bilan de la DGCCRF montre que 15,5% des plus de 4.800 professionnels contrôlés en 2024 et 2025 ont fait l’objet de suites correctives ou répressives, sans que ce taux puisse être extrapolé à l’ensemble du marché.
Les manquements vont de l’absence de certification ou de déclaration auprès de l’Agence Bio à la vente de produits conventionnels sous une présentation biologique. La DGCCRF cite notamment un producteur qui commercialisait plusieurs tonnes de champignons conventionnels, achetés à un grossiste, en parallèle de sa production certifiée bio.
Dans un supermarché, un rayon de boucherie affichait une promesse de viande bovine bio et française. Or, aucune barquette contrôlée n’était biologique, et seule la moitié de la viande était d’origine française. Les enquêteurs ont aussi relevé chez certains transformateurs des additifs interdits en bio et des stockages susceptibles d’entraîner des mélanges avec des références conventionnelles.
Pour les entreprises en règle, ces écarts ont une portée concurrentielle : le label justifie souvent un prix supérieur et repose sur une promesse vérifiable faite au consommateur.
Le sujet intervient alors que la demande se redresse. Le marché du bio a progressé de 3,6% en 2025. Un baromètre publié le 28 septembre 2026 par l’Agence Bio indique aussi que 31% des 874 entreprises de transformation interrogées ont vu leur chiffre d’affaires bio progresser entre 2024 et 2025, tandis que 37% l’ont maintenu stable. Ce contexte accroît l’enjeu économique attaché à la confiance dans le label.
Depuis la loi de 2018, les cantines doivent proposer au moins 50% de produits répondant à des critères de qualité ou de durabilité, dont 20% de bio. En 2024, la part réellement constatée n’était que de 11,8%. Dans une cantine municipale, l’examen de deux semaines de menus a montré qu’un quart des plats présentés comme bio ne l’étaient pas. Ailleurs, un signalement interne a révélé l’usage frauduleux du label pour du pain ; le fournisseur a été sanctionné de 60.000 euros.
La DGCCRF a relevé le cas d’un vendeur en ligne revendiquant une « culture raisonnée » sans pouvoir l’étayer. En 2024, 200 professionnels des produits végétaux ont également été contrôlés et environ 10% ont fait l’objet de suites. Pour les acteurs du bio, l’enjeu consiste désormais à documenter chaque promesse environnementale utilisée comme argument commercial.


