Oui, mais après?

Une forte majorité des Français approuve  le mouvement des gilets jaunes selon les sondages. La déferlante des commentaires, dans les médias et sur les réseaux sociaux, reflète la crise profonde, la tragédie qui secoue le pays et dont le mouvement social actuel n’est qu’un symptôme. L’infime minorité dominante dans l’Etat, la politique et les médias ne cesse de s’enfoncer dans une spirale obtuse d’arrogance et de mépris. En jouant de l’insulte et de la caricature, elle ne fait  qu’attiser les flammes. En face, nous assistons à l’explosion d’une révolte qui couvait depuis longtemps dans les entrailles du pays. Elle ne s’arrêtera plus…

Sur fond de crise, la faillite d’un système politique et la trahison d’une démocratie atteint son paroxysme. La pire des erreurs est de penser qu’il suffira de remplacer un acteur par un autre pour sortir la France de son drame. Une logique infernale est à l’oeuvre. Chaque président est inévitablement pire que celui qui venait avant et la chute en enfer vertigineuse. Le pouvoir, enfermé dans sa bulle de certitudes obtuses, s’est irrémédiablement coupé du monde réel et de la Nation. Ce qui me frappe, donc, dans l’avalanche de commentaires qui tombent de partout, c’est l’absence de réflexion sur la révolution politique nécessaire.  Ce néant des idées est peut-être ce qu’il y a de plus grave dans la crise actuelle… Cultiver le chaos, oui, mais après?

Bien sûr, nul n’a de prétention à détenir la solution miracle, mais il me semble que la réflexion politique doit s’engager sur des pistes sans tabou: la réhabilitation des démocraties nationales au regard de la bureaucratie bruxelloise destructrice de l’Europe (Brexit, Hongrie, Italie); la suppression d’un culte élyséen qui transforme notre vie politique en un jeu sectaire d’adoration et de lynchage de personnages d’une affligeante médiocrité; la reconstruction d’une démocratie qui associe la Nation aux décisions la concernant à travers les référendums nationaux et locaux; la question fondamentale du recrutement de la classe dirigeante sur des bases nouvelles, éthiques et intellectuelles; l’éducation politique, historique et démocratique de la Nation. Les solutions miraculeuse et providentielles n’existent pas. Mais en revanche, l’avenir passe par la réouverture d’un débat d’idées digne de ce nom…

Maxime TANDONNET

Author: Redaction