Le vrai sens du Brexit

La satisfaction générale sur l’accord entérinant le Brexit est de deux ordres, contradictoires: les uns se félicitent car la sortie de la « perfide Albion » ouvrirait la voie au fédéralisme rêvé; les autres jubilent, voyant dans ce geste la première étape d’une désintégration générale. Les deux se trompent, par défaut de vision et de recul. L’Europe sans le Royaume-Uni est une effarante aberration historique: l’Angleterre est au centre de la civilisation européenne, par l’Habeas corpus, l’invention de la démocratie libérale, son rôle déterminant pris dans la victoire des démocraties contre le nazisme. La France et l’Angleterre sont deux nations soeurs. Le départ du Royaume-Uni annonce une Europe sous domination allemande, continentale, bureaucratique, privée  du grand large atlantique. Mais par ailleurs, l’unité des nations européennes ayant en commun un patrimoine historique, la civilisation grecque et latine, les racines chrétiennes, les notions de liberté et de démocratie, est vitale face aux défis titanesques et vertigineux de l’avenir: la puissance chinoise, indienne, la démographie africaine (4 milliards à la fin du siècle), les phénomènes migratoires qui n’en sont qu’au début, la poussée islamiste dans le monde, les enjeux scientifiques et technologiques. La faute criminelle des milieux dirigeants européens, depuis un demi siècle, est d’avoir voulu faire l’Europe contre ses peuples et ses nations selon une logique verticale, méprisante et obtuse de règlements et directives ou choix bureaucratiques, du type quotas d’immigration imposés, les éoliennes ou le démantèlement des services publics, à la source d’un profond rejet. Il faudra tout reprendre, rebâtir l’unité de l’Europe face aux grands défis du XXIe siècle, évidemment avec le Royaume-Uni et sans doute la Russie, sur la base de la volonté de ses peuples et du respect de son histoire et des piliers de sa civilisation grecque et latine, chrétienne, libérale et démocratique. Et si la lumière ne vient pas, si nous ne comprenons pas enfin cela (mais en sommes nous capables?), nous aurons disparu, anéantis, avant la fin du XXI siècle.

Maxime TANDONNET

Author: Redaction