Le problème des politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, c’est que bien souvent, comme ce week-end, ils parlent de l’immigration avec des arrière-pensées pour grapiller des points dans les sondages et dans les votes bien davantage que pour améliorer la réalité. A chaque fois fusent des grands mots supposés faire vibrer les foules électorales intoxiquées. Ce que je vais dire ci-dessous est totalement inaudible, incompréhensible et soulèvera des flots d’incompréhension, mais pourtant, c’est la plus stricte vérité. Sortir de la CEDH (cour européenne des droits de l’homme) comme l’a proposé ce WE je ne sais quel pingouin de droite ne servirait strictement à rien. Les magistrats qui l’invoquent pour annuler les reconduites à la frontière s’appuieront sur d’autres textes équivalents (préambule 1946) ou invoqueront des principes généraux du droit. Pire: le droit du sol, véritable chiffon rouge de la propagande habituelle: il ne représente qu’une petite part des acquisitions de la nationalité française (20%), touchant à des jeunes nés et scolarisés en France et sa remise en cause n’aurait pas la moindre influence sur la maîtrise des flux. Un jour j’ ai essayé de l’expliquer à un ami politique haut placé. Il m’a répondu: « Mais ce sont les symboles qui comptent! (sic) ». Autre absurdité: supprimer le regroupement familial : strictement conditionné à des conditions de bonne intégration avérée, de logement et de ressources d’un travail, d’importance quantitative limité (20 à 30 000 par an), il est l’aspect de la politique migratoire le mieux maîtrisé. Quant au « plan Marshall » pour l’Afrique de l’autre zozo, encore un serpent de mer politicien depuis un demi siècle. Avec des déficits et dettes abyssales, où iront-ils chercher les centaines de milliards supplémentaires d’un plan Marshall? D’ailleurs, l’expérience montre que le développement de l’Afrique dépend avant tout des Africains eux-mêmes et non des milliards de $ déversés de l’aide publique. La vérité, c’est que l’augmentation du flux migratoire en France (de 120 000 premiers titres de séjour en 1995 à 280 000 en 2019) provient essentiellement de la faiblesse insigne des gouvernements français et européens face aux filières esclavagistes d’immigration clandestine qui amassent des fortunes équivalentes au trafic de drogue et de lois nationales volontairement conçues (loi de 2016) pour paralyser la lutte contre l’immigration illégale et encourager des régularisations déguisées. Mais voilà, le dire – la stricte vérité – fait moins vibrer les foules électorales que les beuglements hystériques et les coups de menton mussoliniens sur le droit du sol, le RF ou autre CHDH.
NB: attention, suite à des incompréhensions, il me semble utile de préciser que le fatalisme n’a aucune raison d’être mais que les actions valent mieux que les slogans et la poudre de perlimpinpin. Plutôt que les coups de menton mussoliniens, il faut se retrousser courageusement les manches et lancer l’énorme chantier de la lutte contre les filières esclavagistes et du refus de l’immigration illégale – à l’origine de la perte de contrôle – en s’en donnant les moyens et en adaptant le droit français et européen.
Maxime TANDONNET


