« Il y a urgence à changer de président » (?)

588945Monsieur Nicolas Sarkozy a déclaré, lors de sa visite du salon de l’agriculture « Il y a urgence à changer de président ». Je crois pour ma part que le changement de président n’est pas le sujet fondamental. Un visage dans un écran de télévision, une silhouette, une personnalité ne fait pas la pluie et le beau temps d’un pays. C’est faux. C’est une illusion, une chimère, un mirage collectif.  Ce n’est pas d’une nouvelle tête que la France a tant besoin. Mettez n’importe qui aujourd’hui dans le fauteuil de François Hollande, et il se retrouvera carbonisé en six mois: Juppé, Lemaire, Sarkozy, Copé, le Pen, Fillon, etc., peut-être pire, cent fois pire car l’actuel bénéficie d’une très relative mansuétude de la presse et du monde médiatique. Je n’en ai pas le moindre doute. Pour moi c’est une évidence. J’ai l’intuition d’ailleurs que le prochain président élu ne finira pas son mandat. Un président peut gesticuler, hurler, battre des pieds et des ailes dans son beau salon doré, s’il n’est pas épaulé par un gouvernement solide et fort, lui-même s’appuyant sur une majorité puissante, déterminée, et sur un peuple profondément uni derrière ce gouvernement, cette majorité, et la volonté obsessionnelle de sauver le pays, rien, rien, rien n’est possible. Un président, aujourd’hui, c’est une tête omniprésente dans  l’écran de télévision, un reflet médiatique,  un acteur, un poseur. Quand cette image ne renvoie qu’un néant politique abyssal…  Aujourd’hui, tout président de la République est par définition, quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, le bouc émissaire naturel d’un pays en crise de confiance et profondément angoissé pour son avenir. Et le prochain, pareil, pire peut-être. Je ne m’appelle pas Madame Soleil, mais suis prêt à le parier: à la vitesse à laquelle se dégradent l’image et la situation du président, depuis au moins deux décennies, le prochain ne finira pas son mandat.   Ils doivent pourtant bien le sentir, tous ces candidats potentiels… C’est toujours la même chose, ils ne peuvent s’empêcher de se sentir plus forts et plus intelligents qu’un autre. Ce n’est pas seulement d’un « nouveau président » que la France besoin mais d’un nouvel état d’esprit, d’une autre mentalité, en particulier politique, d’une prise de conscience collective, d’une mobilisation des esprits. Et là, c’est beaucoup, beaucoup plus difficile…  Le malaise est dans la civilisation, pas uniquement sous les lustres du salon doré. Ah, s’il suffisait de changer une tête…

Maxime TANDONNET

Author: Redaction