Auteur/autrice : Redaction
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Rénover et consolider la politique du logement
Pour garantir ce droit aux Français, le Gouvernement a consolidé la politique du logement autour de plusieurs dispositifs, avec notamment :
- Le plan de relance de 2014 a conduit à augmenter l’offre de logements privés et sociaux, à doper l’accession à la propriété, à mobiliser le foncier et à rénover les logements. Il met en place des mesures de simplification et d’incitation fiscale.
- Le prêt à taux zéro permet de faire bénéficier davantage de ménages de la possibilité d’acquérir leur premier logement. Depuis le 1er janvier 2015, ses conditions d’octroi ont été élargies pour permettre à plus de ménages d’en bénéficier.
- Le crédit d’impôt transition énergétique et le prêt à taux zéro écologique permettent aux particuliers d’améliorer les performances énergétiques de leurs logements.
Mais, plus d’un million et demi de Français attendent l’attribution d’un logement social. Aussi, pour relancer la construction de logements sociaux, l’État a renforcé différents dispositifs.
- Le taux de TVA est fixé à 5,5% contre 7% précédemment, ce qui représente un effort de 250 millions d’euros par an.
- L’obligation faite aux communes de construire des logements sociaux a été porté à 25% contre 20% précédemment (article 55 de la loi Solidarité et renouvellement urbain-SRU).
Grâce à ces différents dispositifs, les niveaux de constructions ont augmentés substantiellement. En 2016, le nombre de permis de construire accordés s’élève à 453 000, soit une hausse de 14% par rapport à l’année passée.
Faire des terrains publics inutilisés un levier de construction
Le coût des terrains peut représenter jusqu’au tiers du coût d’un logement. Pour faire face à la raréfaction des terrains et maîtriser les prix de la construction, la loi du 18 janvier 2013 permet de faciliter la vente de terrains moins cher que leur valeur, à la condition qu’ils fassent une part significative au logement social.
L’exemple du terrain militaire de la caserne de Guines, cédé par l’État pour 2 millions d’euros, est significatif. Cette ancienne friche s’offre une seconde vie en permettant la construction de 460 logements, dont 80% sociaux.
Pour l’année 2016, l’État a réalisé « plus de 100 cessions » de terrains publics « pour la programmation de 11 500 logements, dont la moitié de logements sociaux », a précisé le Premier ministre.
A noter : cette mobilisation du foncier public a concerné en priorité les territoires où la demande est la plus forte. 40% des logements sociaux seront ainsi construits dans les communes respectant leurs obligations de quota SRU, contre plus de 60% de logements sociaux sur les communes en retard.
Nombreuses sont les communes et les intercommunalités qui parviennent à assurer, avec le concours des bailleurs sociaux, une offre de logements variée. Pour les encourager dans leurs projets de constructions, l’État a signé un partenariat avec 90% des communes encore en retard sur la construction de logements sociaux. Toutefois, comme l’a précisé le Premier ministre, « partout où cela reste nécessaire, l’État se substituera désormais aux maires défaillants, et il le fait déjà, en préemptant des terrains ou en délivrant directement des permis de construire ».
Benjamin Boccas / Matignon
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Discours de Bernard Cazeneuve à Rennes aux Ateliers du vent
Discours de Bernard CAZENEUVE, Premier ministre Aux ateliers du vent à Rennes
Vendredi 27 janvier 2017
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le ministre, cher Jean-Yves Le DRIAN,
Madame la Ministre, chère Emmanuelle COSSE,
Monsieur le préfet,
Madame la députée maire chère Nathalie APPERE,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le président de Rennes Métropole, cher Emmanuel COUET,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le délégué interministériel à la mixité sociale dans l’habitat monsieur le ministre, cher Thierry REPENTIN,
Mesdames et Messieurs,
Je sais que lorsque je me déplace à Rennes, je ne viens jamais pour rien, la maire de Rennes, députée, est d’une pugnacité, d’une ténacité, d’une exigence à l’égard des ministres du gouvernement qui pourrait légitimement conduire les plus fébriles d’entre eux à renoncer à venir dans cette ville pour ne pas avoir en repartir avec une liste de courses dont ils pourraient ne pas être sûrs de pouvoir la réaliser dans son entier. Mais moi, j’aime la pugnacité et la ténacité des élus, qui ont pour leur territoire de l’ambition, de l’exigence et de la volonté et je voudrais commencer, Madame la député-maire, par saluer la pugnacité des élus bretons.
Ce que je viens de dire pour vous vaut également pour le président de région qui, depuis des années, incarne au plan national la Bretagne, avec le talent et la crédibilité que l’on sait et donc j’ai beaucoup de plaisir à être ici dans ce territoire, dont je connais la culture, dont je sais l’exigence même s’il m’est arrivé comme élu normand de considérer qu’il y en avait beaucoup pour la Bretagne et pas assez pour la Normandie, mais je dis cela avec toute l’amitié qui nous lie les uns aux autres et sur beaucoup de sujets aussi les Normands et les Bretons ont eu à se battre côte-à-côte et Jean-Yves Le DRIAN et moi souvent ensemble lorsqu’il s’est agi de valoriser de grands atouts touristiques qui sont aux frontières de nos régions – je pense au Mont-Saint-Michel où nous avons fait beaucoup pour la valorisation de ce joyau touristique, je pense aussi à tout ce qui concerne la construction navale ou la construction navale militaire pour laquelle, Monsieur le ministre, vous êtes particulièrement engagé.
Donc j’ai plaisir sur ce territoire qui a de la détermination, de la volonté qui sait atteindre ses objectifs qui sait, lorsqu’il les a atteints, faire montre de l’optimisme qui permet d’aller plus loin. Je suis heureux d’être ici pour saluer tout cela et dire mon amitié, ma fidélité aux élus de Bretagne. Mais la question qui nous réunit aujourd’hui, c’est la question du logement autour d’un projet que vous nous avez présenté dans ses grandes lignes, Madame la députée-maire, qui est un projet exemplaire qui a été réalisé par votre ville tout au long des dernières années qui a vocation à se poursuivre, dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat dont vous souhaitez qu’il se poursuive et pour lequel vous m’avez adressé, comme à l’accoutumée, des demandes nouvelles.
L’accès à un logement digne et abordable constitue, vous l’avez souligné à juste titre dans votre propos, avec l’emploi, la première préoccupation des Français ; c’est aussi la première préoccupation du gouvernement. Les Français dépensent en moyenne pour se loger plus de 20% de leurs revenus. Leur permettre donc d’accéder à un logement abordable, c’est une manière de soutenir leur pouvoir d’achat et de garantir qu’ils pourront vivre dans des conditions décentes. Ce taux d’effort que je viens d’évoquer atteint même 40% des dépenses des ménages lorsqu’ils sont les ménages les plus modestes et qu’ils sont contraints, faute d’une offre suffisante de se loger dans le parc privé.
Voilà pourquoi il était absolument indispensable d’agir pour que chacun ait un toit, pour permettre à chaque famille de se loger décemment ; c’est à la fois pour nous gouvernement une condition de légalité, c’est une exigence aussi de fraternité.
Depuis cinq ans, le président de la République et les gouvernements successifs – ceux de Jean-Marc Ayrault de Manuel Valls – ont conduit unis leurs efforts pour réformer, consolider la politique du logement pour aider à construire et à rénover les logements dont nos concitoyens ont besoin, ils ont pu trouver l’appui d’une grande majorité d’élus locaux, courageux, résolus comme vous l’êtes à Rennes Métropole à améliorer concrètement les conditions de vie des Français. Et je veux profiter de mon passage à Rennes pour dire des choses extrêmement précises sur ce que nous avons fait en matière de logement, pour mesurer aussi avec vous tous, l’adéquation entre les objectifs que nous nous étions assignés et les résultats que nous avons obtenus parce que je trouve que dans le vacarme de la campagne présidentielle, il y a parfois peu de chemin laissé à la vérité et que l’on ne peut pas mener une campagne avec des enjeux aussi déterminants sans, un moment, convoquer la vérité.
En 2012, le bâtiment, premier pourvoyeur d’emplois en France avec un 1 200 000 salariés connaissait les pires perspectives de son histoire. Je veux le rappeler aussi ; les chiffres de la construction étaient au plus bas. En 2014, encore moins de 340 000 logements avaient été mis en chantier et face à cette situation, plusieurs réformes devaient être conduites sous l’autorité des ministres du Logement. Le plan de relance engagé par Manuel VALLS auquel je veux rendre hommage pour la clairvoyance qui a été la sienne et celle des ministres qui l’ont accompagné, ce plan a stimulé la construction par des mesures de simplification et d’incitations fiscales. Le dispositif dit Pinel a permis une hausse de 10% de l’investissement locatif ; le prêt à taux 0 pour l’accession sociale qui avait été supprimé sous le quinquennat précédent a été relancé et puis, fortement accéléré en 2014 si bien que 100 000 prêts ont été distribués en 2016, soit près de 2 fois plus que l’année précédente. Ces chiffres sont incontestables.
Sur le plan de la simplification, Madame la députée-maire, les constructions peuvent désormais se faire en dépit de recours qui avaient bloqué jusqu’à présent près de 30 000 constructions chaque année. Ce sont des dizaines de chantiers qui débutent donc aujourd’hui malgré des recours à Toulouse, Nantes ou à Montpellier ; et depuis 2015, l’Etat accompagne également les communes les plus engagées à travers une aide aux maires bâtisseurs qui a permis de distribuer 80 millions d’euros de subventions dans plus de 500 communes au cours des deux dernières années. Le logement social et bien sûr au cœur de cette politique volontariste. L’Etat a abaissé le taux de TVA en faveur de la construction de logements sociaux de 7 à 5,5% à partir de 2014, ce qui a représenté un effort de 250 millions d’euros par an. Les aides existantes ont été pérennisées et renforcées grâce à la création du Fonds national des aides à la pierre que vous présidez avec talent, cher Emmanuel COUET, dans le dialogue avec les collectivités et les bailleurs sociaux. Pour améliorer la qualité énergétique de l’habitat qui a un impact direct sur les factures payées à la fin de chaque mois et, par conséquent, un impact direct sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens et sur leur santé, nous avons instauré la TVA à taux réduit pour les particuliers réalisant des travaux de rénovation énergétique, le crédit d’impôt transition énergétique, le prêt à taux 0 écologique, toutes ces mesures ont été mises en œuvre. Le travail remarquable accompli par l’Agence nationale de l’Habitat, chère Nathalie APPERE, doit atteindre l’objectif de 100 000 logements dans le cadre du programme « habiter mieux » en 2017 et j’ai entendu vos exigences ; moi, je vous demande d’atteindre cet objectif avec nous.
Grâce à cet ensemble de dispositifs, les niveaux de construction régulièrement remontés depuis 2013 ainsi que l’ensemble des indicateurs d’activité et d’emplois dans le secteur du bâtiment dont la bonne santé est, vous le savez, absolument déterminante pour la croissance et l’activité économique de notre pays et je veux là aussi donner des chiffres extrêmement précis et être tout à fait concret. En 2016, le nombre de permis de construire s’élève à 453 000 logements ; c’est une hausse de plus de 15% par rapport aux résultats de l’année précédente. Agir pour que chacun ait un logement décent, cela implique aussi de faire en sorte qu’habiter les communes ou les quartiers les plus prisés demeure ou redevienne possible pour les familles, pour les jeunes, pour les retraités modestes, pour les actifs qui n’ont pas hérité pour eux-mêmes d’un patrimoine.
La loi Solidarité et Renouvellement urbain adoptée en 2000 sous le gouvernement de Lionel JOSPIN a été de ce point de vue là un texte absolument fondateur. Son article 55 souvent commenté fixait l’obligation pour les communes de construire au moins 20% de logements sociaux, un seuil que nous avons porté à 25% en 2013. A l’époque, cette disposition a fait l’objet de commentaires multiples ; elle a été présentée comme une révolution et cette loi a fait l’objet à l’Assemblée nationale comme au Sénat de débats extrêmement difficiles et pourtant, aucun gouvernement ne s’est aventuré à remettre en cause cette disposition par la suite ; aucun car ces dispositions ont porté leurs fruits. Chaque année, on construit davantage de logements sociaux, avec une accélération progressive : de 87 000 logements construits dans la période 2002 / 2004 à près de 130 000 pour la seule année 2016, chiffre jamais atteint, comme l’a dit la ministre du Logement devant la représentation nationale depuis les années 70. C’est un progrès considérable. Cependant, plus d’un million et demi de nos concitoyens attendent encore l’attribution d’un logement social et pour que ce droit ne reste pas lettre morte, il faut encourager les communes et les intercommunalités dans leur projet de construction. Ce travail, il est payant puisque depuis un an et demi qu’existe la mission conduite par Thierry REPENTIN qui fait le tour de France des communes récalcitrantes et sur les 220 communes encore très retardataires dans la construction de logements sociaux, 90% d’entre elles se sont engagées dans un partenariat avec l’Etat pour atteindre leurs objectifs. En 2014 et 2016, plus de 22 000 logements sociaux y ont été réalisés, contre 7 000 seulement entre 2011 et 2013. Je veux rappeler ces chiffres, ils ne sont jamais mis en avant ; il arrive même que ces chiffres n’étant pas mis en avant, on conteste l’efficacité des actions que nous avons mises en œuvre pour atteindre ces objectifs. Alors là aussi, je veux que nous soyons non pas dans la convocation des approximations, des polémiques mais simplement dans l’énoncé de la vérité pour que chacun mesure bien ce que nous avons engagé et les résultats qui ont été obtenus parce que ces résultats montrent qu’il s’agit d’un triplement de l’offre. Et qui peut aujourd’hui contester un tel résultat ?
Partout où cela reste nécessaire, l’Etat se substituera désormais aux maires défaillants et il le fait déjà en préemptant des terrains, en délivrant directement des permis de construire. Cela ne s’était jamais fait et cela, on le doit à l’action vous conduisez mais on le doit aussi à la détermination que je veux saluer de la ministre du Logement qui, sur ce sujet, a obtenu grâce à son engagement personnel, grâce à ses convictions, grâce aux valeurs qu’elle défend, grâce à son efficacité, des résultats qui jusqu’à présent n’avaient pas été obtenus.
Depuis 2015, 150 préemptions ont été réalisées et les préfets ont délivré une quarantaine de permis de construire. Les actions de fermeté du gouvernement mais aussi des actions de pédagogie et d’accompagnement ont donné des résultats significatifs.
Avec le vote de la Loi Egalité Citoyenneté, nous franchissons une nouvelle étape grâce à la détermination encore une fois, de la ministre. L’Etat bénéficiera de moyens supplémentaires pour engager les programmes de logements sociaux là où manque la volonté politique locale, ce n’est pas le cas ici. Ici, c’est plutôt l’inverse : nous sommes sous la pression des collectivités locales, mais il y a d’autres territoires sur lesquels, nous devons exercer sur les collectivités locales une pression pour qu’elles accompagnent le mouvement que nous avons souhaité enclencher. L’Etat d’ailleurs bénéficiera de moyens supplémentaires pour engager des programmes de logements sociaux ; les communes qui ne rempliront pas leurs objectifs devront financer les opérations ainsi décidées par une contribution pouvant aller jusqu’à 50 000 euros par logement. L’Etat pourra également reprendre le contingent de réservation communal de logement social ou encore déclarer une commune en situation de carence, si ses programmes HLM ne font pas une place suffisante aux ménages les plus modestes.
Notre priorité, elle est faire baisser le coût des terrains qui pèse très lourd, près d’un tiers du prix d’un logement dans la construction. Pour répondre à cette difficulté et pour accroître le nombre de terrains disponibles, le gouvernement inscrit dans la loi du 18 janvier 2013, dite loi DUFLOT, un dispositif permettant de vendre des terrains moins cher que leur valeur à la condition d’y construire une part significative de logements sociaux. C’était là la concrétisation d’un engagement pris il y a cinq ans par le président de la République, François HOLLANDE, qui avait conçu ce dispositif en faveur de l’habitat social. L’Etat se devait, en effet, d’être un acteur absolument exemplaire de cette politique, nous ne pouvions continuer à admettre que des terrains ou des bâtiments appartenant à l’Etat demeurent inutilisés alors que des familles étaient en attente d’un toit.
La cession de ce terrain militaire situé à proximité de la caserne de Guînes que nous officialisons aujourd’hui est la parfaite illustration de cette politique, Madame la députée maire, Monsieur le ministre de la Défense : l’Etat l’a cédé pour 2 millions d’euros, avec une décote de 26% par rapport au prix du marché, et grâce à cette vente, la ville et l’intercommunalité réaliseront 460 logements dont 80%, Madame la députée maire seront à vocation sociale. Cette politique est une réussite alors que 13 terrains seulement – je donne là aussi des chiffres précis et assez spectaculaires – avaient été cédés par l’Etat pour les deux années 2013, 2014. Ce sont 71 terrains qui ont été vendus au cours de l’année 2015 pour la réalisation de près de 8 000 logements dont 45% de logements sociaux. Pour l’année 2016, Thierry REPENTIN m’a confirmé que l’objectif de 100 cessions que le président de la République avait fixé, avait bien été dépassé. Plus de 100 cessions ont été réalisées pour la programmation de 11 500 logements dont la moitié de logements sociaux.
Je tiens à préciser que cette mobilisation du foncier public a concerné par priorité les territoires où les demandes étaient les plus fortes ; elle a également été adaptée au contexte puisque 40% de logements sociaux seront construits dans les communes respectant leurs obligations contre plus de 60% de logements sociaux sur les communes ne les respectant pas.
En conclusion, Mesdames et Messieurs, je veux rendre hommage aujourd’hui aux maires, aux responsables d’intercommunalités qui ne ménagent pas leurs efforts pour trouver des solutions de logement à tous, avec le concours déterminé et l’engagement de bailleurs sociaux. Le travail accompli depuis de nombreuses années par la ville de Rennes, par la métropole me semble à ce titre exemplaire. Voilà plusieurs décennies que votre territoire témoigne d’une vision. Cette vision, elle a une dimension globale et elle m’a été formidablement expliquée et présentée encore aujourd’hui à travers la visite de terrain que nous venons d’effectuer mais à travers aussi la présentation concrète des projets que vous avez pour l’avenir et pour lesquels nous allons d’ailleurs vous accompagner à travers les contrats que nous allons signer qui englobent d’autres problématiques, notamment celle des transports urbains pour lesquels vous vous êtes positionnés encore une fois en avant-garde.
Faire de la ville, c’est bien entendu vouloir développer dans la ville des activités à caractère économique, culturel, y renforcer le lien social ; c’est aussi comprendre qu’il n’y a pas d’unité dans la ville, ni de possibilité pour une ville de se développer si ceux qui ont la responsabilité de la gérer n’ont pas une vision urbaine exigeante qui permet de déployer les projets dans le temps long de l’histoire d’une ville, avec aussi une ambition architecturale qui est de nature à donner de l’unité à la ville dès lors que ce qui résulte de l’architecture s’inscrit dans une cohérence urbaine qui a de la force et c’est ce que vous faites à Rennes depuis très longtemps. Vous l’avez fait que depuis Edmond HERVE ; vous le prolongez aujourd’hui et ce qui m’a frappé, ce qui est motivant pour l’Etat, c’est de voir des élus qui ont à ce poids intégré les caractéristiques et les atouts de leur territoire, qui savent le projeter dans l’avenir, mais avec une exigence qui ne consiste pas à faire de la ville en juxtaposant les bâtiments les uns à côté des autres mais en donnant à la ville une ambition urbaine et architecturale qui conduit des générations et des générations d’habitants à vouloir y vivre et y demeurer.
Et c’est là le modèle rennais et donc c’est aussi la raison pour laquelle je tenais à venir dans cette ville pour célébrer ce qu’est une ambition urbaine, ce qu’est une exigence architecturale et ce qu’est aussi une réussite d’une politique de l’habitat et du logement social.
Je voudrais donc terminer mon propos puisqu’il est encore temps pour le faire en souhaitant à tous les acteurs ici rassemblés des vœux de bonne et heureuse année pour 2017 pour chacune et chacun entre vous, pour vos projets, pour vos entreprises, vous dire bien entendu que ce que nous avons engagé peut se poursuivre mais qu’il est très difficile de poursuivre ce qui a été engagé si ceux qui ont engagé ce qui a marché ne sont pas eux-mêmes en situation de poursuivre ! C’est une règle de la vie publique. Et en vous disant cela, je ne vous dis rien en particulier ! Je vous dis simplement quels sont les objectifs que nous nous sommes assignés, les résultats que nous avons obtenus et je le dis sans aucune autosatisfaction. Je le dis simplement parce que rien de ce qui peut être fait demain ne peut s’adosser …ne pas s’adosser à ce qui a marché hier et ce qui a marché hier et ce que nous avons fait mérite encore d’être approfondi, amplifié, corrigé. Nous n’avons pas tout réussi mais ce n’est pas parce que nous n’avons pas tout réussi que nous devons nous dispenser de dire ce qui effectivement a marché. Et je voudrais vous inviter dans les semaines et les mois qui viennent à mettre tous et toutes quelles que soient vos convictions, quels que soient vos sentiments, votre énergie pour faire en sorte que notre pays soit fier de lui-même et qu’il puisse en fonction de ses atouts et des atouts de ses territoires, porter haut les couleurs de la France, qui est un pays qui retrouve progressivement les chemins de l’activité, de la croissance et de l’espérance, mais pour cela il faut être capable d’inscrire l’action dans le temps long de l’histoire.
Merci à tous.
Vive Rennes !
Vive la République et vive la France ! 27.01.2017 Discours de Bernard Cazeneuve – Ateliers du vent à Rennes
Discours de Bernard Cazeneuve à Rennes – Rennes Métropole
Discours de Bernard CAZENEUVE, Premier ministre à Rennes Métropole
Vendredi 27 janvier 2017
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le ministre, cher Jean-Yves LE DRIAN,
Madame la Ministre, chère Emmanuelle COSSE,
Madame la députée-maire, chère Nathalie APPERE,
Monsieur le président de Rennes Métropole, cher Emmanuel COUET,
Mesdames et Messieurs les maires,
Mesdames et Messieurs les élus,
J’ai compris le sens du discours de Jean-Yves LE DRIAN, c’est un discours que je l’entends répéter lorsque autour de la table des ministres, il défend les intérêts de sa région avec le talent qu’on lui connaît. C’est un discours que je l’ai entendu développer aussi lorsque nous étions ensemble autour de la table de l’Association des régions de France, que j’étais premier vice-président de la région Normandie et que je le voyais porter haut et loin les couleurs de la région dont vous êtes les élus.
Il est vrai que lorsque l’on regarde ce qui a été le rôle de la Bretagne au cours des 50 dernières années, on ne peut pas ne pas constater que vous avez toujours à l’avant-garde des principaux sujets, des principaux défis qui se présentaient au pays dans de multiples domaines.
Lorsqu’il s’est agi d’imaginer et de mettre sur le métier de la ville de demain, chacun se souvient du rôle particulier joué dans les années 80 par Edmond HERVE, considéré à l’époque par la plupart des maires de France qui avaient une ambition pour leur ville, comme un précurseur, plaçant l’ambition urbaine en avant-garde.
Lorsque l’on s’est passionné pour les enjeux maritimes – et comme élu de Cherbourg, j’ai toujours considéré que notre pays n’avait pas fait assez pour valoriser les atouts de son littoral – on ne peut pas ne pas regarder la Bretagne avec des yeux envieux. Vous qui avez su allier pendant de nombreuses années les atouts de la construction navale, les atouts de la pêche, les atouts de la recherche autour des enjeux maritimes, atouts qui nous conduiront d’ailleurs lorsque je signe le contrat d’agglomération havraise tout à l’heure, à constater que le glaz est partout, partout, y compris là où le bleu domine.
Il y a la matière grise bien entendu, mais il y a aussi le vert parce que dans un territoire entre terre et mer ou parfois les prairies vont jusqu’au littoral, ne pas comprendre que la mer, le bleu et l’agriculture, la ruralité, le vert sont comme des atouts articulés du développement touristique d’un territoire qui, de ce point de vue-là, n’est pas un territoire comme les autres, serait commettre une erreur de parallaxe, pour reprendre le terme exact qui est celui des scientifiques.
Et puis il y a aussi d’autres sujets sur lesquels vous avez toujours été très à la pointe, qui sont finalement les sujets de l’économie de demain. Nous parlerons du numérique tout à l’heure à Brest, nous parlerons de la nouvelle économie, nous parlerons de la recherche, de l’innovation, du transfert de technologies. J’ai toujours été surpris de constater à quel point la Bretagne – par ses centres de recherche, d’innovation – était une véritable locomotive pour la France. Et au moment où nous cherchons à créer les conditions de la croissance de demain, nous devons aussi adosser nos atouts aux territoires les plus prometteurs.
Donc pour moi, la Bretagne c’est une avant-garde, c’est une manière de faire pressentir au pays à travers ce qui se passe ici ce que pourraient être ces atouts pour demain.
La Bretagne, monsieur le président LE DRIAN, c’est aussi une unité qui peut agacer les territoires qui n’en bénéficient pas, cette unité. Puisque lorsque les choses ne vont pas spontanément comme vous le souhaitez, vous avez parlé du TGV, par la force de votre unité vous parvenez à passer devant tous ceux qui étaient bien placés, mais qui n’avaient pas compris que c’est dans l’unité des territoires que les atouts se valorisent.
Ce qui vaut pour la Bretagne vaut d’ailleurs pour le pays dans son ensemble. Et je vous disais tout à l’heure que nous aurions tort de ne pas regarder la Bretagne lorsque nous nous interrogeons sur ce qui est bon pour la France, l’unité c’est bon pour la France. Pas simplement parce que c’est bon pour la Bretagne, mais c’est bon pour la France parce qu’on ne fait rien sans unité et sans fierté de soi-même.
Et donc ce qui fait la force de votre territoire, c’est la capacité qui a été la vôtre par-delà les contingences politiques d’unir vos forces pour aller plus loin. Et puis il y a une troisième caractéristique qui est très contingente à votre territoire, c’est la fierté. Ce qui me frappe lorsque je vois la Bretagne en marche et en mouvement, c’est la fierté d’elle-même qui n’est pas une arrogance, qui est simplement une manière d’être ensemble dans une relation pleine et entière avec le pays. La fierté bretonne n’est pas recroquevillement, c’est une ouverture, c’est une ouverture aux autres territoires, c’est une ouverture aux atouts maritimes, c’est une ouverture au grand large. Et cette fierté, elle est nécessaire quand on veut réussir.
Et ce qui me fait plaisir dans ce déplacement en Bretagne aujourd’hui, c’est que lorsque j’évoque la politique de Rennes Métropole dans des domaines que je vais évoquer précisément : le logement, les transports, la recherche, lorsque j’évoque les contrats d’agglomération qui projettent la ville vers demain, lorsque j’évoque tout à l’heure à Brest la formation des jeunes, l’apprentissage ou le développement de la recherche océanographique ou le développement des énergies marines renouvelables ou les atouts touristiques, monsieur le président de la Communauté d’agglomération de Saint-Malo, de la Bretagne, eh bien ! Lorsque j’évoque tout cela, j’évoque les atouts d’un territoire qui est fier de ce qu’il a réussi et qui dans son unité a réussi à créer les conditions d’un développement et d’une croissance réelle.
Donc mesdames et messieurs, je suis venu ici signer le contrat d’agglomération d’un territoire qui est en plein changement une fois encore, qui se modernise, qui conforte chaque jour davantage ses atouts. Et aujourd’hui à Rennes comme partout ailleurs en Bretagne, vous récoltez les fruits d’une politique de développement métropolitain très cohérente, qui a été lancée il y a de cela plusieurs années, avec l’aboutissement du pôle Euro Rennes, le lancement de la 2ème ligne de métro, le chantier du Centre des congrès qui ouvrira je crois en 2018. Et nul ne peut s’étonner que Rennes soit devenue en France la 2ème ville la plus attractive.
Je suis particulièrement heureux de procéder avec vous à la signature du 5ème pacte métropolitain d’innovation. Celui de Rennes Métropole après la signature de ceux de Rouen, de Nancy, de Montpellier, de Toulouse avant celui de Brest cet après-midi que j’aurai plaisir à signer avec Jean-Yves LE DRIAN.
Ces pactes, nous les avons conçus il n’y a pas si longtemps, au mois de juillet dernier. Si nous signons aujourd’hui ensemble un projet exemplaire, cohérent, ambitieux, c’est que la métropole rennaise est le symbole de l’excellence métropolitaine française. Un espace d’innovation, un l’espace de démocratie, bouillonnant d’idées, de projets où la recherche allie à la fois la tradition et la culture. C’est très dans des grandes villes d’avoir une ambition culturelle forte, qui donne à voir ce que sont les créations les plus contemporaines, mais aussi ce que sont à voir les formes d’expression de l’âme humaine les plus anciennes et les plus qualitative.
L’action résolue que vous avez engagée collectivement, toutes et tous, pour construire une métropole durable à travers les transports, l’aménagement urbain constitue là aussi un de vos atouts. C’est cet engagement à innover toujours davantage que je suis venu accompagner au nom de l’Etat à travers la signature de ce pacte. Je tiens d’ailleurs moi aussi à saluer l’engagement de Nathalie APPERE, je l’ai fait tout à l’heure, votre engagement monsieur le Président, cher Emmanuel à faire de Rennes un territoire toujours plus innovant qui bénéficie à tous ses habitants.
Votre ambition est de faire de Rennes Métropole un laboratoire d’expérimentation des nouvelles mobilités intelligentes. Votre métropole a d’ailleurs toujours été à la pointe des innovations en matière de mobilité urbaine. Ce n’est pas une politique nouvelle, vous récoltez là aussi les fruits d’un investissement ancien. En témoigne d’ailleurs la décision audacieuse à l’époque prise sous l’impulsion d’un élu visionnaire, Edmond HERVE, de construire une ligne de métro automatique pour mieux relier les quartiers périphériques au centre-ville ; et structurer les développements urbains futurs. Cette ligne, elle aura bientôt 15 ans, elle a rencontré un tel succès que vous avez pris la décision de construire une seconde ligne.
Cette ligne B actuellement en travaux servira notamment les éco-quartiers de ViaSilva et de La Courrouze. Vous avez également voulu anticiper sur la mise en place de la nouvelle ligne à grande vitesse Bretagne – Pays de la Loire, qui réduira de 40 minutes les parcours en TGV en juillet prochain. Ca fait très envie au maire de Cherbourg, puisque moi je suis à la pointe d’un Finistère qu’on rejoint en mettant plus de temps aujourd’hui que lorsque Napoléon 3 l’a inauguré lorsqu’il est venu avec l’impératrice, et qui n’arrive d’ailleurs à Cherbourg que s’il n’y a pas des feuilles mortes qui rendent la voie glissante et empêchent le train d’avancer. Il m’est arrivé de mettre 7 h 00 pour faire Paris/Cherbourg, s’il y a des personnes de la SNCF, je leur présente tous mes vœux pour l’année 2017.
Le grand projet de réaménagement des abords de la gare permettra d’améliorer l’interconnexion entre les différents moyens de transport. Il se traduira par le développement d’un pôle économique de premier plan. Vous avez enfin lancé votre projet des nouvelles mobilités intelligentes, que l’Etat est heureux d’accompagner dans le cadre du Pacte Métropolitain Innovation. Ce projet apporte une série de réponses innovantes aux politiques de déplacement, l’expérimentation de bus 100 % électriques grâce au partenariat avec la société Bluebus implantée en Bretagne, le développement du vélo électrique, les parkings intelligents, ouverture des bandes d’arrêt d’urgence aux transports en commun et aux véhicules en covoiturage, la mise aux normes écologiques de la flotte de véhicules de collecte de déchets, le développement d’une logistique urbaine beaucoup plus durable.
Ces 10 projets remarquables permettront de tester en situation réelle des innovations appelées à se généraliser dans l’ensemble des villes du pays, car la France doit tirer tout le parti possible des nouvelles technologies du numérique et des progrès sur les batteries électriques, pour révolutionner toujours davantage nos modes de déplacement. Ces projets bénéficieront d’une enveloppe financière de l’Etat très significative de 7,1 millions d’euros, à laquelle viendront s’ajouter des crédits de droit commun de l’Etat et du programme d’investissement d’avenir, l’ensemble de ces crédits constituant une enveloppe non négligeable.
Je tiens enfin à souligner l’engagement significatif de la région Bretagne dans ce pacte cher Jean-Yves LE DRIAN, et cet engagement n’est pas le cas dans toutes les régions. Je veux aussi saluer l’engagement de la Caisse des Dépôts et Consignations.
C’est grâce à ce type de projet totalement exemplaire, monsieur le président, que notre pays réussira sa transition énergétique conformément aux engagements ambitieux que nous avons pris en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’amélioration de la qualité de l’air. L’épisode de pollution aux particules fines qu’a connu notre pays au début du mois précédent, s’il en était besoin, apporte la démonstration de la nécessité d’une action constante, déterminée des pouvoirs publics pour permettre à chacun de respirer un air pur.
Et permettez-moi à cet égard de rappeler que l’Etat s’est fortement engagé depuis 5 ans pour accompagner les projets des collectivités locales dans ce domaine. L’appel à projets sur les transports en commun en site propre permettra d’apporter 450 millions d’euros à une centaine de projets sur la période 2016-2020. Les contrats de plan entre l’Etat et les régions prévoient également le financement de telles mesures pour la période 2015-2020. Ainsi le CPER signé entre l’Etat et la région Bretagne en 2015 prévoit que l’Etat apportera 267 millions d’euros pour l’amélioration des déplacements dans la région. Ces crédits permettront, monsieur le président, par exemple d’améliorer le nœud ferroviaire de Rennes.
L’Etat s’est aussi mobilisé pour accompagner la transition énergétique des véhicules, avec la mise en place des certificats Crit’Air, permettant d’identifier leur niveau de pollution avec la convergence des fiscalités sur l’essence et le diesel, avec les primes à la conversion pour l’achat de véhicules électriques qui ont été élargies à l’achat de véhicules utilitaires et de 2 roues motorisées et, bien entendu, avec la promotion des modes de déplacement non polluants, par exemple la marche à pied et le vélo.
Cette politique ambitieuse porte ses fruits, ce sont 33.000 véhicules électriques qui ont été immatriculés en 2016 dans notre pays, ce qui en fait le marché le plus dynamique d’Europe. En 5 ans, nous avons construit ensemble une nouvelle France des territoires au terme de plusieurs réformes majeures. La France peut désormais s’appuyer sur des régions renforcées dans leurs compétences, sur des métropoles aptes à rayonner au-delà de leurs frontières et sur des départements recentrés sur leur mission de solidarité.
Les métropoles sont notamment devenues un des acteurs absolument incontournables de l’innovation urbaine. Elles sont des laboratoires, elles sont des pôles d’attractivité économique et humaine, elles sont des sources de croissance. Et les pactes métropolitains de l’innovation sont nés de ce constat et de cette ambition partagée.
Mais cette nouvelle France des territoires ne doit bien entendu oublier ni les villes moyennes, ni les territoires ruraux avec lesquels les métropoles doivent au contraire savoir s’allier, afin de susciter le développement équilibré des territoires et de lutter contre les inégalités territoriales. Et j’en profite pour revenir un instant sur la coopération métropolitaine prévue dans le pacte, vous l’avait évoqué, que nous signons ce jour et saluer l’exemplarité des démarches que votre métropole et les 10 intercommunalités limitrophes ont engagé et dont les présidents sont présents aujourd’hui.
Plusieurs actions sont prévues à ce titre dans le pacte en cohérence avec son objectif de favoriser les mobilités durables et intelligentes. La création d’une plateforme et d’une application pour un covoiturage, le lancement d’une enquête pour mieux connaître les habitudes des ménages en matière de déplacement, autant de projets qui bénéficieront tant aux habitants de la ville qu’aux territoires environnants.
Ce pacte métropolitain, c’est aussi l’occasion d’échanger avec les élus des territoires sur les projets particulièrement importants pour eux. Je connais ainsi leur engagement à développer l’hébergement d’urgence, dont nos compatriotes en difficulté ont particulièrement besoin en ces temps de grand froid ; et je suis heureux de vous annoncer que votre métropole bénéficiera d’une subvention complémentaire du fonds de soutien à l’investissement local, pour la rénovation du centre d’hébergement et de réinsertion sociale, foyer Benoît Fabre.
Je vous confirme par ailleurs que le gouvernement a décidé d’inscrire le projet du CHU de Rennes dans le nouveau cadrage 2017-2021, d’aide aux investissements hospitaliers. L’Etat soutiendra et accompagnera financièrement votre projet.
Monsieur le président, madame la députée-maire, mesdames et Messieurs les élus, le pacte Etat Métropole a permis de conforter à Rennes une dynamique d’innovation et de partenariat. Je souhaite que cette dynamique se poursuive et qu’elle se poursuive au bénéfice de tous les habitants de votre métropole. Car ce pacte est un exemple parfait des ambitions qui nous ont guidés, en matière d’organisation territoriale et de démarches que nous avons adoptées pour les atteindre.
L’intelligence collective mise au service des projets du territoire, c’est ce qui définit à Rennes votre ambition collective. Vivre en intelligence, vivre en bonne intelligence, c’est une ambition dont peuvent s’inspirer tous les Français, c’est une ambition que le gouvernement peut appuyer.
Et je suis particulièrement heureux, en l’occasion qui nous est donnée d’être ensemble, de pouvoir signer avec vous ce pacte qui un pacte d’ambition, qui est un pacte d’avenir et qui est un pacte de reconnaissance par l’Etat de la qualité des projets qui sont portés par votre territoire, qu’il s’agisse de sa capitale, capitale pour la Bretagne et qu’il s’agisse de la Bretagne dont j’ai compris qu’elle était capitale pour la capitale. C’est bien cela votre dada, ce que nous allons signer et donc absolument conforme à ce que sont vos obsessions. 27.01.2017 Discours de Bernard Cazeneuve – Rennes Métropole
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Seul le prononcé fait foi
Messieurs les ministres,
Cher Jean-Yves LE DRIAN,
Cher Thierry MANDON,
Monsieur le préfet,
Messieurs les préfets,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le maire, cher François CUILLANDRE qui nous attend dans un autre lieu,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le président de l’université de Bretagne Occidentale,
Monsieur le président de l’université Bretagne Loire,
Mesdames et Messieurs,
Je voulais tout d’abord vous remercier toutes et tous de m’offrir l’hospitalité de ces lieux pour cette inauguration qui revêt pour moi une dimension hautement symbolique. Nous sommes dans une université qui promeut des technologies parmi les plus récentes et les plus performante qui met ces technologies au service de la pédagogie pour favoriser l’accès à la connaissance et au savoir et qui le fait au sein d’un territoire d’une région qui depuis très longtemps a fait du développement de la recherche, de la connaissance, de l’innovation technologique, des plates-formes de transfert de technologies une priorité absolue. Je le fais dans un territoire qui est non loin de celui dont j’ai été l’élu pendant plus de 20 ans, la Normandie. Les relations entre la Bretagne et la Normandie ont toujours été un peu ambivalentes, une solidarité née de la proximité de la mer qui a pour principale caractéristique d’adoucir les tempéraments et les caractères si bien que ceux qui ont toujours été sur les façades littorales pour reprendre l’expression de TOCQUEVILLE ont toujours eu vocation à être violemment modérés ! Et c’est d’ailleurs pour cela que les climats océaniques sont plus doux que les climats continentaux !
Mais il y a aussi quelques sujets d’envies mutuelles, je pense au Mont-Saint-Michel qui est en Normandie mais qui est un élément de rayonnement de la Normandie et de la Bretagne sur le plan touristique. Je pense aussi à ce que sont nos atouts maritimes qui ont conduit parfois nos grandes villes littorales à se disputer la nomination de capitales de la voile ou de capitales de la construction navale. Ce fut le cas entre Brest, Cherbourg, Lorient mais ma présence ici vous montre que tout cela n’altère en rien l’amitié. Au contraire, ces relations nourrissent l’amitié et j’ai très grand plaisir à être ici cet après-midi notamment aux côtés de Jean-Yves LE DRIAN en le citant lui, ce n’est pas une manière pour moi d’oublier tous les autres amis qui sont là parlementaires élus mais j’ai toujours eu pour votre président de région beaucoup d’affection et d’amitiés et je dois dire que les années que nous venons de passer ensemble, nous avons été notamment dans nos fonctions confrontés l’un et l’autre à la question du terrorisme, ces années auront contribué à faire de nos liens non plus des liens d’amitié mais des liens fraternels parce que dans les épreuves, il est des moments où la confrontation à la dureté des choses crée des sentiments et des relations indestructibles ! Et donc je voudrais lui dire la très grande amitié que j’ai pour lui et le très grand plaisir que j’ai à me retrouver à ses côtés aux côtés de tous les élus qui l’accompagnent dans les missions qui sont les siennes ici en Bretagne.
Nous venons d’avoir une animation en réalité virtuelle qui nous a montré ce qu’est une séquence pédagogique dans une salle immersive. Je dois dire que la première séquence de notre déplacement, cher Monsieur, aura été à mi-chemin entre l’innovation technologique, l’innovation pédagogique et la prestidigitation. Le fait de ne plus savoir si c’était vous ou pas dans l’écran montre que dans l’apprentissage de la connaissance et à l’université, il y a toujours une part de rêve et il est vrai qu’ici, vous avez été tellement loin dans l’imagination, l’innovation et l’audace que vous offrez à votre territoire une part de rêve que vous transformez en réalité. J’ai été très impressionné par la qualité technique de ce qui m’a été présenté mais je suis surtout convaincu dans la responsabilité qui est la mienne que vous êtes en train d’inventer à l’échelle de toute une région des pratiques qui vont progressivement révolutionner l’enseignement, la formation à travers l’usage des technologies numériques. Votre projet est absolument exemplaire, je voudrais en souligner certains aspects qui me paraissent particulièrement importants, l’audace, la persévérance dans l’effort, vous l’avez souligné, Monsieur le président, Messieurs les présidents, la volonté de rassembler largement la communauté universitaire et au-delà. Certains nous écoutent dans d’autres sites, nous sommes entretenus avec eux, vous parlez une fois par semaine avec une université au Canada, cela montre que derrière la persévérance, il y a aussi d’extraordinaires possibilités d’ouvertures, de rencontres, de dialogues. Et l’université, c’est aussi cela, y compris l’université des origines dans son ambition d’émancipation des esprits, de possibilités pour chacun de trouver son chemin, d’éveiller son libre arbitre et d’organiser avec l’autre qui pense aussi la rencontre.
Vous constituez un véritable laboratoire, grandeur nature à l’échelle d’une région, de la transformation numérique dans l’enseignement supérieur et de la recherche. Votre force a été de capitaliser sur cette expérience pour concevoir en 2009 un projet innovant et de très grande ampleur, celui d’un campus pluridisciplinaire sur plusieurs sites intégrant les possibilités qu’offrent les technologies numériques. Vous avez ainsi sur faire de la dispersion territoriale des établissements universités bretons un atout. Vous leur avez demandé de fonctionner en réseau et ce que vous avez fait en Bretagne constitue un exemple pour la France mais aussi quelque chose d’unique en Europe. J’ajoute que la Bretagne était prédisposée à réaliser un tel projet, ce n’est pas pour enlever quoi que ce soit à vos mérites, Messieurs les présidents. Elle pouvait d’abord s’appuyer sur une capacité d’excellence dans le domaine numérique avec des laboratoires de recherche, des entreprises, particulièrement performantes ; elle avait aussi su tirer parti de la réussite éducative qui caractérise depuis très longtemps l’académie de Rennes. C’est une des caractéristiques de cette académie.
La deuxième clé de la réussite de votre projet réside dans votre capacité à rassembler, à faire travailler ensemble des acteurs extrêmement divers. C’est là aussi la clé de la réussite bretonne, il y a de la diversité, il y a de la pluralité mais il y a toujours de l’altérité et de l’unité y compris au plan politique. Et quand il s’agit de défendre les intérêts de la Bretagne, tout le monde est derrière la même bannière. Ca agace aussi ailleurs, je dois le reconnaitre mais ici, c’est une qualité qui donne des résultats, qui fait votre force et comme Premier ministre de la France, je voudrais en déduire quelques préceptes. Il n’y a pas de raison que l’unité qui fait la force de la Bretagne ne puisse faire la faiblesse de la France. Je pense que si notre pays était capable de s’unir autour de ses atouts, autour de ce que sont ses réussites pour les promouvoir davantage par-delà ses frontières et donner de lui-même une image plus valeureuse que celle que l’on s’emploie à diffuser à longueur de commentaires, y compris lorsque nous sommes face à des réussites incontestables, nous serions vraisemblablement collectivement plus heureux et moins dans la mélancolie que nous ne pouvons l’être à certains moments. J’ai été ce matin à Rennes sur la question du logement, je faisais le bilan de ce que nous avons obtenu en matière de résultats, en raison des politiques de développement du logement que nous avons initiées, les résultats sont incontestables et à Rennes, cela se traduit par un projet urbain d’une très grande valeur. Le dire, parce que c’est vrai, c’est mieux que d’expliquer que ce que nous avons fait en matière de logement était un échec. Il m’est arrivé de l’entendre, y compris de la part de ceux qui pourraient pourtant se réjouir de ce que nous faisons. Sur le plan de l’école, le fait de créer 60 000 postes dans l’Education nationale, Monsieur le président, de remettre en place la formation des enseignants et de créer des dispositifs « plus de maîtres que de classes » pour faire en sorte que les enfants en difficulté retrouvent dans l’école ce qu’est la méritocratie républicaine, ça a un sens. Ca a été fait. Ce n’est pas totalement absurde que de le dire, ce n’est pas d’ailleurs que de céder à l’autosatisfaction que de l’affirmer, c’est simplement dire ce qui est. Et ici, vous avez ce tempérament. Et vous avez raison, et je vous en félicite, et vous avez su réunir 28 établissements d’enseignement supérieur et de recherche bretons, rassembler dans l’université européenne de Bretagne autour d’un projet numérique et immobilier dans un contexte de financement à l’époque qui n’était pas très simple. C’est le co-projet que portent aujourd’hui la commune, l’université Bretagne Loire, dont je salue le président, Pascal OLIVARD. Fédérer autant d’institutions universitaires dont chacune est attachée à ses traditions, à ses spécialités disciplinaires n’était pas une entreprise facile même si nous savons que cette logique est la seule cohérente dans le contexte de concurrence internationale que connait l’enseignement supérieur.
Je veux dire qu’une telle réussite n’aurait pas été possible sans le concours permanent du conseil régional et de Jean-Yves LE DRIAN et de son équipe. Pour financer le projet, vous avez obtenu un soutien conjoint du conseil régional de Bretagne et de l’Etat pour un investissement qui n’est pas négligeable de près de 70 millions d’euros. Vous avez pu aménager 54 salles et amphithéâtres interconnectés ainsi que 4 nouveaux bâtiments spécialement construits pour le campus numérique à l’image de celui que nous inaugurons aujourd’hui. Pour sa mise en œuvre, vous avez fait le choix d’un partenariat public/ privé, faisant appel aux entreprises, regroupées au sein de Brest Connect, EIFFAGE, ORANGE, la CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS qui les accompagnent ainsi que le fonds d’investissement FIDEPP2. Vous avez rassemblé largement la communauté universitaire à travers ses 28 établissements et ce rassemblement de la communauté universitaire comme l’a dit le président LE DRIAN tout à l’heure est un élément très important de la réussite de l’entreprise dans laquelle vous êtes engagé.
Vous avez au sein de l’université Bretagne Loire créé un pôle d’appui à la transition pédagogie qui remplit cette mission d’une importance primordiale de services d’ingénierie d’appui et de médiatisation pour l’enseignement présent ici à Brest en est l’une des composantes et son expertise permet d’accompagner les enseignants dans les activités pédagogiques en réseau et d’inventer les pratiques et les outils qui seront ceux de l’université de demain.
L’intérêt que suscite ce projet chez nos partenaires étrangers, nous l’avons constaté tout à l’heure, est le signe de la qualité de vos travaux, et il y a ici de nombreuses visites de délégations que vous recevez et des accords que vous passez avec, par exemple le Liban, la Côte d’Ivoire ou d’autres pays encore, notamment le Canada.
L’ambition du projet que vous avez conçu ici en Bretagne rejoint celle du volet numérique de la stratégie d’enseignement supérieur portée par Thierry MANDON que je salue ; je sais qu’il est particulièrement attentif à la réussite de votre entreprise et qu’il continuera à vous apporter durablement tout son soutien.
Ce que vous avez réalisé s’inscrit dans la dynamique, je veux le rappeler, que le gouvernement a impulsé depuis 2012, avec l’ambition de préparer les étudiants au monde numérique de demain. L’appel à projet Développement d’université numérique expérimentale en est l’illustration. Cinq projets viennent d’être retenus dont le projet « Désir », porté par des établissements d’enseignement supérieur rennais. Son objectif traduit son ambition : transformer le territoire universitaire rennais en « Living Lab », Laboratoire d’innovation ouverte, en pédagogie et numérique, et le soutien apporté par l’Etat est, sur ce projet, assez significatif. Il est de plusieurs millions d’euros sur trois ans.
Par ailleurs, dans la cadre du troisième programme d’investissement d’avenir, le Commissariat général à l’investissement proposera, avec le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de soutenir d’autres actions au titre de cette politique en faveur du numérique et de l’université. C’est désormais une évidence que d’observer que la transition numérique concerne tous les secteurs d’activités, affecte tous les aspects de la vie de nos concitoyens et doit, à ce titre, être prise en compte comme un élément déterminant du développement des territoires.
Je voudrais conclure mon propos, Monsieur le Président, en répondant à un appel que vous m’avez sans doute adressé concernant la priorité donnée à l’université et à la Recherche dans les perspectives politiques qui se présentent à notre pays. Quand je dis que vous me l’avez adressé, c’est parce que, non pas parce que je suis candidat, je ne veux effrayer personne, il y en a déjà beaucoup, mais simplement comme Premier ministre en charge de la mise en œuvre de la politique de notre pays, j’ai, jusqu’à la dernière minute, avec l’ensemble des membres du gouvernement, une responsabilité particulière qui est celle de donner du sens et de l’impulsion aux politiques publiques les plus importantes et les plus prometteuses.
Je veux simplement dire que, sur la question de l’université et de la Recherche, le ministre de la Recherche présente un budget en augmentation de près deb 800 millions cette année, si le chiffre que j’ai à l’esprit correspond bien à la réalité des masses budgétaires qui vous ont été données ; et que cette augmentation significative de son budget cette année s’inscrit dans une évolution assez continue des budgets alloués à la Recherche et à l’université au cours des cinq dernières années ; et que nous ne nous sommes pas contentés de faire des allocations budgétaires supplémentaires sans donner du sens à l’action pour laquelle nous allouons ces moyens. Nous avons décidé de faire en sorte que la démocratisation de l’accès à l’université – parce que nous considérons que la formation universitaire est une priorité pour un pays qui veut hisser son économie et donner toutes les chances à sa jeunesse d’avoir de l’espoir – doit être une priorité absolue.
Ca s’est traduit par quoi ? Ca s’est traduit par 40.000°logements supplémentaires pour les étudiants, en programmation ; dont 37.000 sont déjà réalisés, le solde devant l’être dans le courant de l’année 2017. Ca s’est traduit par une augmentation du niveau des bourses étudiantes de près de 500 millions d’euros ; ce qui est un effort qui n’avait jamais été fait. Ca s’est traduit par la mise en place d’un dispositif de cautionnement par l’Etat de l’accès au logement étudiant, pour les étudiants qui n’y ont pas accès d’eux-mêmes dès lors qu’ils ne sont pas rattachés à un foyer fiscal qui est celui de leurs parents.
Nous avons décidé de mettre en place les universités d’excellence, non pas pour attribuer un label qui n’aurait pas de sens, mais pour montrer la volonté qui était la nôtre de hisser nos universités à un rang mondial qui leur permette de rayonner par-delà les frontières de notre pays. Créer les conditions de la relation entre la Recherche fondamentale, l’enseignement universitaire, le transfert de technologies, le monde de l’entreprise, en passant par l’essaimage et la création de start-up est une ambition que j’ai retrouvée dans les visites hebdomadaires dont parlait Thierry MANDON à l’instant, à Lyon, à Bordeaux, ici à Brest et à Rennes, que je retrouverai dans quelques semaines à Strasbourg, parce que cette ambition-là qui nous a conduits à obtenir le label IDEX, sur la base d’une appréciation portée par un jury international – qui n’est pas un label donné par le pays pour faire plaisir à telle ou telle région ! C’est un processus et exigeant – nous conclut aujourd’hui à avoir des molles universitaires qui joueront demain un rôle qu’ils ne jouaient pas.
Et donc voilà ce que nous avons fait pour l’université. Généralement quand on fait des choses, cela appelle qu’on en fasse d’autres. Et plus on en fait, et plus on nous demande d’en faire, et c’est légitime ! Parce qu’on voit bien quel est l’impact des politiques publiques lorsqu’elles se déploient sur des territoires comme les vôtres. Et notre objectif, c’est bien de faire en sorte que sur ces questions-là, rien de ce qui a été fait en termes d’impulsion ne soit altéré demain. Ce qui implique effectivement que les mois qui viennent soient l’occasion de définir des orientations claires, de porter des choix lisibles et de dire où sont les priorités et les préférences, et de le faire, comme toujours lorsqu’il s’agit de l’avenir du pays, avec le souci du réalisme, de la vérité, de la clarté et de l’ambition.
Et ce sont ces valeurs, ces principes simples qui doivent toujours guider l’action publique, que j’ai retrouvées tout au long de mon déplacement en Bretagne aujourd’hui, au cœur des préoccupations des collectivités territoriales et des acteurs locaux, rassemblés, unis, forts d’eux-mêmes, et c’est la raison pour laquelle je voudrais vous adresser tous mes vœux, vous inciter à ne rien changer, à continuer comme vous faites, avec le même niveau d’exigence et d’engagement, et je voudrais vous remercier toutes et tous pour l’exemple qu’à partir de la Bretagne, vous donnez à notre pays, qui est un exemple de réussite, de fierté et d’unité. Merci à vous.
Discours du Premier ministre sur le projet campus numérique à l’Université de Brest
Discours du Premier ministre au Forum annuel de l’apprentissage et de la formation en alternance du Pays de Brest
Seul le prononcé fait foi
Madame la ministère, chère Myriam EL KHOMRI,
Monsieur le ministre de la Défense, cher Jean-Yves LE DRIAN,
Messieurs les préfets,
Monsieur le maire de Brest, cher François CUILLANDRE,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens tout d’abord, Monsieur le président, à vous remercier du fond du cœur de m’avoir invité au forum annuel de l’apprentissage et de la formation en alternance du pays de Brest. Et je veux commencer par féliciter très chaleureusement tous ces jeunes auxquels nous venons de remettre un prix pour leur mérite, pour leur excellence aussi dans la voie qu’ils ont choisie.
J’ai inauguré il y a de cela quelques jours à Blois avec la ministre Myriam EL KHOMRI un très beau centre de formation des apprentis dans le secteur du bâtiment et je retrouve ici à Brest en Bretagne le même engagement, le même enthousiasme , le même sens de l’effort et du travail bien fait, la même aspiration à l’excellence parmi vous tous qui venez d’être très justement distingués. Vous représentez à mes yeux un exemple de volonté et d’accomplissement qui aspire à servir d’exemple pour d’autres de nos jeunes compatriotes car vous avez manifestement trouvé votre voie et je ne pense pas que cela soit le fruit du hasard ; c’est le résultat de la mobilisation d’un territoire, des entreprises, de l’ensemble de ceux qui concourent à la formation des jeunes pour leur permettre d’accéder à l’emploi. Et nous avons beaucoup œuvré dans cette direction avec vous, Madame la ministre, à laquelle je veux rendre hommage à mon tour avec d’autres ministres du gouvernement aussi, je pense à la ministre de l’Education nationale, Najat VALLAUD-BELKACEM qui a aussi contribué à faire découvrir de nouveaux métiers à des jeunes scolarisés.
Je pense également à vous, cher Jean-Yves LE DRIAN, qui formez beaucoup de jeunes dans nos armées et qui avez créé le service militaire volontaire pour accompagner les jeunes en difficulté vers une formation, vers un métier qui ne se sera pas nécessairement du reste un métier au sein de nos forces armées mais c’est là une première chance donnée à nos jeunes d’accéder à l’emploi. Je vous adresse donc à nouveau à vous, à vos enseignants, à vos maitres d’apprentissage, toutes mes sincères félicitations. Vous pouvez être très fiers comme nous le sommes de vous et vous devez continuer à creuser le sillon dans lequel vous vous êtes engagés qui est, encore une fois, le sillon de l’excellence.
Je tiens aussi à féliciter très chaleureusement tous ceux qui sont à l’origine de ce forum qui l’ont développé depuis plus de vingt ans pour en faire aujourd’hui le succès que l’on voit. Les membres du Lions Club du pays de Brest, votre président, Monsieur Louis THUBERT et l’ensemble des partenaires qui vous soutiennent à commencer par les élus locaux et l’ensemble des bénévoles qui vous entourent.
Ce forum est une très belle initiative, c’est une initiative qui permet de permettre à des jeunes de découvrir des métiers, de chercher un chemin pour eux-mêmes, et de le faire avec là aussi la préoccupation de l’excellence.
Je voudrais dire que pour nous, l’apprentissage est une voie comme les autres. C’est une voie qui mérite que tous ceux qui s’y engagent bénéficient du même soutien, du même concours que ceux qui peuvent suivre d’autres parcours dans l’enseignement supérieur ou à l’université. Et nous avons mis beaucoup de moyens sur le métier pour rendre l’apprentissage beaucoup plus attractif ; nous avons instauré une complète égalité des droits entre les apprentis et les étudiants et la carte « étudiant des métiers » a été créée en 2012 pour donner aux apprentis un meilleur accès aux transports, au logement, aux loisirs et à la restauration. Nous avons fait en sorte que les apprentis puissent progressivement bénéficier des mêmes droits sociaux que les salariés, les droits à la retraite depuis 2014, le compte personnel de formation depuis 2015, la prime d’activité depuis 2016, la protection sociale complémentaire et enfin le compte personnel d’activité. Depuis septembre dernier, ils peuvent également à l’issue de leur formation comme les étudiants bénéficier de l’aide à la recherche d’un emploi, une aide de 200 à 400 euros par mois pendant quatre mois qui aide ces jeunes à la recherche de leur premier emploi à chercher cet emploi avec davantage d’autonomie. Conformément aux engagements pris par mon prédécesseur, Manuel VALLS devant les organisations de jeunesse au printemps dernier, la rémunération des apprentis sera revalorisée et je sais que Myriam EL KHOMRI s’est personnellement impliquée pour concrétiser cette mesure et je veux l’en remercier.
Une aide exceptionnelle de 335 euros sera versée aux apprentis de moins de 21 ans recrutés pendant la campagne 2016/2017 et je m’engage à poursuivre au cours des mois à venir le travail engagé avec les partenaires sociaux pour améliorer encore la grille de rémunération des apprentis. Mais il nous fallait également veiller à ce que l’apprentissage soit un modèle attractif pour les chefs d’entreprise, ils sont ici représentés, je les remercie de leur présence. C’est pourquoi nous avons notamment créé une aide d’un montant de 1 100 euros par trimestre pour l’embauche d’apprentis dans les TPE.
Les chefs d’entreprise veulent que les formations que suivent les apprentis, correspondent davantage aux compétences qu’ils recherchent. C’est pourquoi nous avons décidé d’ouvrir l’apprentissage au titre professionnel du ministère du Travail.
Nous avons aussi souhaité rapprocher les jeunes des entreprises et les entreprises des jeunes pour ceux notamment qui recherchent un contrat de travail. C’est ce que vous faites magnifiquement ici. C’est ce que nous avons voulu faire aussi en créant la Bourse de l’apprentissage et le portail de l’alternance ; les jeunes peuvent y trouver des offres d’emploi qui correspondent à leurs attentes.
Je tiens enfin à saluer le volontarisme avec lequel la région Bretagne, cher Jean-Yves LE DRIAN, s’est mobilisée, pour développer l’apprentissage. Elle a lancé deux initiatives majeures : le campus des métiers de Brest, porté par la CCI et le projet Carrefour des innovations agricoles des Maisons familiales rurales de Bretagne ; mais elle apporte aussi des aides très importantes pour le soutien matériel des apprentis en matière de logement, de restauration, d’équipements.
Enfin votre région s’est totalement investie dans deux expérimentations proposées par le gouvernement que sont l’utilisation par la région des fonds libres de l’apprentissage et le recul de la limite d’âge des apprentis de 20 à 30 ans.
Je veux enfin insister – c’est un signe de l’excellence de la filière de l’apprentissage – sur le fait que le gouvernement a pleinement utilisé le programme Investissements d’avenir pour apporter 450 millions d’euros pour rénover l’appareil de formation et créer des places d’hébergement supplémentaires en apprentissage et ce que nous avons visité à Blois il y a de cela quelques jours avec Myriam EL KHOMRI, qui étaient totalement exemplaire, relevait de ces structures exceptionnelles de modernité et qui engagent les jeunes dans un parcours de motivation, structures qui ont été financées par le programme Investissements d’avenir.
Je voudrais également conclure mon propos en disant que c’est là ma dernière étape d’une journée toute bretonne à l’occasion de laquelle je me suis d’abord rendu à Rennes pour signer le contrat avec la métropole rennaise qui unit l’Etat à cette grande métropole, pour constater également les progrès considérables qui sont accomplis par cette grande ville en matière de développement urbain, de choix architecturaux et de créations de logements. Je me suis rendu ensuite à Brest pour découvrir un campus universitaire exceptionnel qui utilise les technologies du numérique pour développer des formes d’apprentissage et des modalités de pédagogie nouvelles. Nous avons signé avec François CUILLANDRE un contrat métropolitain qui est parmi les meilleurs de France et qui engage votre métropole dans la voie de l’innovation, qui l’engage à embrasser davantage ses atouts maritimes et qui la met sur le chemin de la recherche, du développement universitaire mais aussi du développement urbain.
Et je termine ici avec des jeunes qui ont choisi pour eux-mêmes la voie de l’apprentissage, c’est-à-dire la voie de l’excellence des métiers et qui sont aujourd’hui récompensés pour le niveau de motivation dont ils ont témoigné au cours des derniers mois. Eh bien ici en Bretagne, tout au long de la journée, j’ai vu ce qui fait la force de la France toute entière lorsqu’elle a décidé d’être elle-même et de se hisser à la hauteur des défis qui se présentent à elle : un territoire uni, imaginatif, innovant, fier de ses réalisations, déterminé à créer en son sein des emplois et à faire de la croissance ; une unité bretonne que j’ai célébrée tout au long de la journée et qui montre que lorsque les acteurs disent ensemble, ils ont beaucoup plus de chances d’être performants lorsque les défis se présentent à eux. Et Monsieur le Président, vous-même, par votre personne, par l’organisation qui vous accompagne, avec ces bénévoles, vous incarnez cet engagement pour la réussite d’un territoire, pour renforcer ses atouts et pour donner à tous ceux qui y vivent, une chance d’être heureux demain.
Et pour toutes ces raisons-là, je voulais, cher Président, vous dire ma profonde gratitude, mes remerciements et la très grande fierté que j’ai de pouvoir partager ce moment avec vous, même si je ne pourrai pas rester aussi longtemps que j’aurais pu le souhaiter car le pays ne se réduit pas à la Bretagne, qu’il y a encore douze autres régions qui attendent que le Premier ministre se mobilise avec le gouvernement sur les sujets qui relèvent de leurs priorités, qu’il y a d’autres sujets qui ne sont pas nationaux et qui peuvent aussi justifier de ma mobilisation et je serai donc très en difficulté si, restant davantage, je devais me faire bien voir par les Bretons et mal voir par tous les autres et c’est la raison pour laquelle je suis dans l’obligation de vous quitter en vous remerciant pour la chaleur de votre accueil et en vous félicitant du fond du cœur pour ce que vous faites, pour ce que vous êtes et pour l’engagement dont vous témoignez chaque jour par amour pour votre région et par optimisme aussi, cet optimisme breton qui est une part de la force de la Nation.



