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Un glissement sournois

dimanche 24 juillet 2016 - 5:21

DSC02314« Fascisme, totalitarisme, dictature », ces mots ont été tellement dévoyés et galvaudés! Pourtant, nous assistons à un glissement subreptice des mentalités, qui éloigne peu à peu le régime français de la démocratie libérale et le rapproche au fil du temps d’un esprit autoritaire. Certaines déclarations, lancées dans les jours qui ont suivi l’attentat de Nice, laissent songeur. Ainsi, il serait devenu « insupportable » voire « dangereux » de critiquer l’action de l’Etat (sic). Ces mots reflètent une pente qui nie non seulement la liberté d’expression, mais encore le pluralisme, le rôle d’un Parlement  et la place d’une opposition, y compris en « temps de guerre ». Mais le plus effarant tient à l’indifférence dans laquelle ces propos sont accueillis, comme s’ils étaient normaux et habituels… Le glissement, qui ne date pas d’aujourd’hui,  s’exprime d’ailleurs sous des aspects multiples:

  • Le culte de la personnalité, cette extravagante surexposition médiatique quotidienne des dirigeants  du pays.
  • Le poids croissant de la communication et de la propagande dans la vie publique.
  • La poussée de la violence politique, de l’extrémisme sous toutes ses formes, des insultes, des haines, des colères, du sectarisme.
  •  La déresponsabilisation de l’exercice du pouvoir, ce sentiment que tout peut arriver sans conséquence pour une caste protégée.
  • Le contrôle idéologique sur les grands médias, télévision et radio, qui répètent tous le même message sur tous les sujets.
  • La coupure entre les « élites politiques » et la population qui ressent un écœurement croissant envers la vie politique (88%).
  • Les manipulations électorales liées à la poussée extrémiste, au tripartisme, permettant l’éventualité d’un pouvoir ultra-minoritaire.
  • L’obsession générale de la conservation ou de la conquête du « pouvoir » à des fins de vanité exacerbée voire d’intérêt personnel.

La pente autoritaire de la vie politique française n’est bien entendu pas synonyme d’autorité effective ni d’efficacité et encore moins de réussite de la l’action de l’Etat. De fait, plus la politique est faible et indécise, plus elle glisse dans l’autoritarisme  stérile. La question du mode de gouvernance du pays devrait être le sujet fondamental de la vie politique française dans la perspective d’une éventuelle alternance en 2017. Il est symptomatique que le sujet n’intéresse personne.

Maxime TANDONNET


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