Voilà trois ans et demi que le monde politique, médiatique et sondagier se livre à une opération de matraquage en vue du renouvellement du duel Macron/le Pen. Sondage JDD-radio Sud: 23/26 le Pen, 24/27 Macron. Derrière, tout le monde le sait, il y a la réélection à peu près certaine du premier, ou bien par un accident électoral, un violent naufrage du pays dans le chaos. Le pouvoir radio télévision dans son ensemble veut conditionner la France pour ce schéma, de tribune en tribune, d’émission en émission, de débat en débat. L’objectif suprême est évident: la réélection de l’occupant de l’Elysée et elle seule; donc, ne pas laisser à la France d’autre alternative que ce duel. Cette confiscation de l’élection représente une monstruosité anti-démocratique. La France est appelée à choisir entre deux gourous, pour celui qu’elle déteste le moins. Le système démontre sa formidable débilité: tout débat d’idées, projet de société est annihilé dans un duel personnel. Or, un autre sondage, Elabe/bfm du 12 février 2020, démontre qu’une immense majorité, 80% d’entre eux, ne veulent pas du duel Macron le Pen. Le premier est l’un des présidents les plus impopulaires de l’histoire avec un taux de confiance de 29% (baromètre Figaro magazine). La propagande médiatique tentent de relativiser en disant que M. Hollande faisait pire. Peut-être mais il n’empêche: un chef de l’Etat auquel moins d’un tiers des Français font confiance n’ aucune raison d’être réélu, aucune légitimité pour se maintenir au-delà de 5 ans. Le « nouveau monde » et la promesse de « transformation de la France » ont fait naufrage dans les affaires politico-financières, la crise des Gilets Jaunes, le chaos de la réforme des retraites, le désastre absolu de la gestion du covid19. Affirmer que l’Elysée est seul à l’origine de ce fiasco n’a pas grand sens. Toutefois, la responsabilité en incombe au personnage qui s’est présenté en sauveur de la France en 2017. La réélection d’un chef de l’Etat arbitre, souverain et visionnaire, au-dessus de la mêlée politique peut se comprendre. Celle du principal acteur d’une situation dramatique serait une anomalie historique aux conséquences vertigineuses. Quant à l’accession au trône élyséen de l’héritière d’un parti qui empoisonne la vie politique française depuis 45 ans par sa démagogie et ses provocations, viscéralement rejeté par 70% de la France, ce serait une étape supplémentaire de la chute du pays dans l’anarchie et la médiocrité. En refusant l’alternative que le pouvoir médiatique veut lui imposer, chacun d’entre nous fait œuvre de résistance au totalitarisme de la bêtise.
Maxime TANDONNET


