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Réflexions sur l’attentat de Nice et ses suites

dimanche 17 juillet 2016 - 11:57

sans-titreLe carnage de Nice et ses suites immédiates en disent long sur l’état de déliquescence de la vie publique nationale. Nous atteignons en ce moment le paroxysme du désastre politique français. Notre pays a été ensanglanté trois fois en un an et demi. Il n’existe (semble-t-il) aucun équivalent en Europe ni dans le monde occidental d’une telle succession de massacres sur la période. Or, la France n’est pas la seule engagée dans la coalition militaire anti-daesh. Mais c’est elle qui est devenue le maillon faible aujourd’hui. La crise politique est franco-française. Il est absurde d’en accuser la terre entière, « l’Europe », la mondialisation, le « capitalisme financier », comme le font les partis extrémistes en tout genre. Le drame est avant tout franco-français. Le régime politique français – le fonctionnement concret de la vie politique – est devenu nuisible, néfaste, dangereux. Nous sommes dans un système dégénéré qui nie la notion de responsabilité. Il est inacceptable, en démocratie, qu’après trois actions terroristes aussi meurtrières en un an et demi, tout continue comme avant. La question n’est pas celle de la faute, mais bien celle de la responsabilité. On essaye de noyer le sujet de la responsabilité dans un soi disant appel à l’union nationale, au refus de la « polémique », à l’invocation de la « fatalité », etc. Tout cela est incompréhensible aujourd’hui. En démocratie, à la suite de plusieurs drames atroces, la transparence et la responsabilité sont des impératifs absolus. Cette responsabilité est d’ailleurs autant nationale que locale. La France est un pays en guerre – contre l’islamisme radical. Les hauts dirigeants ne cessent de le rappeler. Alors, fait-on des feux d’artifice et grands rassemblements de foule dans un pays en guerre? La question mérite au moins d’être posée.  Or, le système politique français est profondément malade en empêchant le jeu de cette responsabilité. Il est vain de s’en prendre aux « hommes », d’accuser nominativement les individus au pouvoir. Pour parvenir au sommet de l’Etat, dans la politique française, voire même à la tête d’une grande mairie, il faut de toute façon, une telle dose de carriérisme et de cynisme qu’il est difficile de concevoir que des dirigeants parvenus à ce niveau aient l’honnêteté, le courage, la lucidité d’assumer par eux-mêmes, par choix personnel, cette responsabilité. Tout le monde ne peut pas s’appeler Charles de Gaulle. Les institutions, le fonctionnement de la vie politique, devraient, dans une démocratie, permettre à cette responsabilité de jouer d’elle-même. Or, nous vivons dans une situation de verrouillage absolu: du fait de l’hyper présidence (un chef de l’Etat à la fois dépositaire des attributs du pouvoir ou de ses symboles et totalement irresponsable pendant 5 ans) et du « parlementarisme majoritaire »: une majorité de parlementaires obsédés par leur seule réélection et totalement soumis à l’exécutif. Cette déresponsabilisation de la politique française est dramatique, désastreuse. Elle joue à plein au sommet de l’Etat, mais aussi par mimétisme, à tous les échelons du pouvoir, y compris local. Elle empêche de modifier des politiques qui échouent. Elle encourage l’immobilisme, l’impuissance, le renoncement (nonobstant les coups de menton)  dans certaines situations où justement, l’immobilisme, l’impuissance, le renoncement(derrière les coups de menton), sont inqualifiables. Elle favorise les délires extrémistes, de droite et de gauche, les expressions démentes et mensongères qui prolifèrent en ce moment sur le chaos français et qui, dans une grande surenchère d’irresponsabilité, ne font qu’accélérer la descente aux enfers de la France. Nous ne sommes plus dans une affaire de combat droite/gauche. Le seul enjeu, désormais, c’est de sauver la France.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 


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