Que faire d’autre que d’exprimer une infinie tristesse pour la France, pour Strasbourg, pour ce malheureux touriste venu d’Asie en toute confiance avec sa femme découvrir les richesses de la notre pays, l’une de ses deux ou trois plus belles villes, et qui y a perdu la vie? La terreur – la peur – est de retour. Après quatre samedi consécutifs de violences, de saccages, de destructions, d’arrestations qui ont tourné en boucle sur les télévisions du monde entier, voici la France de nouveau ensanglantée sur un marché de Noël, celui de Strasbourg. Le temps n’est pas aux leçons ni à la recherche des responsabilités alors que nous ne savons encore presque rien et que l’auteur est encore en fuite. Le cauchemar peut-il un jour prendre fin? Dans l’instant, nous percevons mal les grandes tendances de l’histoire dans lesquelles nous sommes enserrés. La France en tant que pays – ce qui ne signifie pas tous les Français – est dans le malheur. Et ce n’est pas en s’en remettant lâchement et bêtement entre les mains de tel ou tel bonimenteur, de l’extrême gauche à l’extrême droite, qu’un redressement peut survenir. Il ne saurait provenir, à la base, que des profondeurs du pays, d’une prise de conscience et d’une envie collective et massive de rompre avec la fatalité du désastre en cours. Mais cela a-t-il encore un sens?
Maxime TANDONNET


