Nouvelle ligne électrique très haute tension entre la France et l’Espagne

Les premiers ministres français et espagnols ont inauguré le 20 février, à Montesquieu-des-Albères dans les Pyrénées-Orientales, la nouvelle interconnexion électrique de 320 000 volts qui relie désormais la France et l’Espagne. Cette nouvelle ligne très haute tension (THT) va permettre de renforcer la sécurité d’approvisionnement électrique des deux pays tout en intégrant davantage la production des énergies renouvelables.

Cette nouvelle liaison à très haute tension qui relie les communes de Santa Llogaia (près de Figueras en Espagne) et Baixas (près de Perpignan en France) est entièrement souterraine. Elle permet de doubler le niveau d’interconnexion entre la France et l’Espagne, qui passera de 1400 MW à 2800 MW. Cette ligne souterraine est un projet unique au monde, qui utilise pour la première fois la technologie de la station de conversion (qui transforme le courant alternatif en courant continu).

La liaison entre la France et l’Espagne répond à des enjeux majeurs pour les deux pays en termes de développement d’énergie renouvelable. Au cours de ces dernières années, l’Espagne et la France ont développé la production et l’utilisation des énergies renouvelables, en particulier l’énergie éolienne, dont la production, très variable et dispersée géographiquement, exige un haut niveau d’interconnexion. La capacité d’échange d’électricité entre deux pays augmente leur possibilité d’utiliser les énergies renouvelables dans des conditions de sécurité optimisées.

En chiffres

  • 64.5 km de long
  • Puissance de 2000 MW et tension de 320 000 volts en courant continu
  • Elle traverse les Pyrénées par un tunnel long de 8.5 km.
  • 700 millions d’investissements, supporté par les gestionnaires de réseaux français (RTE) et espagnol (REE), via leur société commune Inelfe (Interconnexion électrique France-Espagne).
  • L’Union européenne a financé le projet à hauteur de 225 millions d’euros.

La France a 47 interconnexions avec les pays voisins, et pour ce qui concerne l’Espagne, c’est la cinquième interconnexion à entrer en service.

Le projet de renforcement de l’interconnexion électrique France-Espagne : de 1980 à aujourd’hui

Le projet de renforcement de l’interconnexion électrique entre la France et l’Espagne existe depuis le début des années 1980.

1) Un premier projet entre Cazaril en France et l’Aragon en Espagne concernait une double liaison aérienne de 400 kV. Ce projet obtient une déclaration d’utilité publique (DUP) en 1988, retirée ensuite pour étudier un autre tracé en substitution d’une ligne existante. En septembre 1991, toutes les autorisations administratives pour le projet Cazaril-Aragon sont obtenues, mais le gouvernement français demande la poursuite des concertations, alors que la construction commence du côté espagnol. En 1996, la France met un terme définitif au projet en raison des impacts environnementaux jugés trop importants.

2) Les gestionnaires de réseaux REE et EdF/RTE mettront alors en œuvre de nombreux projets de renforcement des interconnexions existantes entre 1997 et 2002. La capacité d’échange remonte alors de 550 MW à 1400 MW.
Les gestionnaires de réseaux continuent de chercher un meilleur tracé, tandis que la demande se déplace côté est des Pyrénées, en raison de la croissance de la demande en Catalogne, amplifiée par le projet de LGV.

En novembre 2002, le Conseil européen de l’énergie a identifié ce projet comme « projet prioritaire d’intérêt européen ».

3) En 2003 se tient un débat public sur un nouveau projet Baixas Le Perthus Bescano, marqué par de fortes oppositions locales ; la ministre de l’industrie, Nicole Fontaine demande d’étudier des alternatives. Le projet de doublement de la ligne Baixas Vich, dit « projet de la virgule » durcit encore les oppositions.

4) En septembre 2007, Mario Monti est nommé coordinateur européen et permettra l’accélération de la mise en place du projet. Il propose que celui-ci se fasse en courant continu en souterrain et le long des infrastructures existantes. De leur côté, les autorités espagnoles ont scindé le projet initial en plusieurs tronçons.

Author: Redaction