Pourquoi ne pas le reconnaître? Il faut bien admettre ses erreurs. Au début, j’ai placé quelque espoir dans M. Valls, que reflètent d’ailleurs plusieurs billets passés. Je voyais en lui un personnage pragmatique, ayant envie de réussir, de dépasser le clivage droite/gauche et de travailler au service d’une France réconciliée. Dans le désert politicien français, il me semblait apporter un souffle un peu nouveau, à l’image de Michel Rocard jadis. Les échos que j’en avais de ses proches collaborateurs laissaient filtrer une image d’homme simple, à l’écoute, non colérique ni caractériel. Ma déception est à la hauteur de ces premières impressions favorables. Je suis désolé de le dire, mais M. Valls n’arrive pas à la cheville de Michel Rocard Premier ministre. Son comportement sectaire, agressif, ses prises de position idéologiques (sur le collège notamment), son refus de la concertation et de l’écoute, ses coups de menton, absence de hauteur de vue, ses gestes autoritaristes – à des fins de communication – sonnent faux, comme la nouvelle raquette que j’ai essayée tout à l’heure, au bruit de casserole. Lui aussi, comme tant d’autres, semble emporté dans le grand courant d’ivresse narcissique qui balaye le monde politique. Les Français viennent de s’en rendre compte et la cote de M. Valls s’effondre, rejoignant celle de M. Hollande. Le peuple n’est pas parfait, il a tous les défauts que l’on veut, se trompe parfois, mais dans son instinct collectif, face au grand vent de folie des supposées élites, il reste la dernière boussole, le dernier et fragile repère du bon sens.
Maxime TANDONNET


