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L’occultation

mercredi 11 avril 2018 - 6:30

Depuis hier, à l’occasion de la parution du livre de M. Hollande, il est beaucoup question de l’ancien chef d’Etat. Il donne de multiples interviews et des extraits de son ouvrage sont publiés. M. Hollande est satisfait de son bilan. Il accable son prédécesseur. Il donne des leçons à son successeur, son ex-conseiller et ministre qui à bien des égards, ne fait pourtant que prolonger son style et son oeuvre. Comment le lui reprocher? A-t-on jamais vu un haut dirigeant exprimer des regrets sur son bilan? Mais un point peut sembler étrange: dans ces prises de paroles, l’attention nulle ou secondaire donnée aux attentats terroristes qui ont ensanglanté la France depuis 2012 et des 250 morts, victimes de la barbarie islamiste.  La question n’est même pas d’assumer ou non la responsabilité de ces massacres, mais simplement de regarder la vérité en face. Ils ont bien eu lieu. Sous le mandat de M. Hollande, la France a connu son plus effroyable bain de sang depuis la guerre d’Algérie. Voilà ce qui, avec un minimum de recul, marque l’histoire du quinquennat de François Hollande. 250 personnes ont été tuées sur le sol français et les larmes de leurs proches n’ont pas encore séché. Alors pourquoi cette propension à occulter la terreur qui a frappé le pays et continue de le menacer ainsi que le malheur de ceux qui en ont été souffert dans leur chair? Le déni ne vient pas seulement de lui. D’ailleurs, peut-être en parle-t-il dans son livre. La vérité, c’est que personne n’a envie de revenir sur les faits: probablement pas lui-même, ni les hommes ou femmes qui l’interrogent et choisissent les extraits de son livre. La simple formulation de la réalité dérange. Mieux vaut fermer les yeux, se protéger par l’oubli et le déni, la tête dans le sable. La France vit désormais au rythme de la seule vanité narcissique d’une poignée d’acteurs mégalomanes. Le plus grand regret de M. Hollande? Avoir laissé le champ libre à sa créature. Le pays sombre de jour en jour un peu plus dans la tyrannie du  « je » nombriliste et de la table rase. Mais  les  Français eux-mêmes, où en sont-ils? L’idée même de restaurer un jour la res publica, la chose publique, la notion de bien commun, leur vient-elle temps en temps à l’esprit? Le dernier sondage du Figaro Magazine sur la cote d’avenir des personnalités politiques fait froid dans le dos: en tête  M. Hulot, M. Mélenchon, M. Hamon, M. Juppé, Mme Flessel. Entre le néant absolu et  l’extrémisme gauchisant. Pis, la montée en flèche de Mme Maréchal: retirée de la politique mais personnalité culte du monde médiatique, à l’image de la perfection moderne en politique, le visage d’ange comme symbole nihiliste.  Pour le reste, pas le moindre frémissement… Mais que veulent donc les Français? Et que faire quand un peuple ne veut plus rien? Jusqu’où ira l’abrutissement collectif, fruit de plusieurs décennies d’effondrement du niveau intellectuel?

Maxime TANDONNET

 

 

 

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