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Le chaos politique a-t-il une issue?

jeudi 26 janvier 2017 - 7:40

xvm8c617720-bd66-11e6-98b1-8273aa744392A-t-on déjà vu une campagne électorale nationale aussi nauséabonde et minable? Les polémiques contre F. Fillon mais aussi contre Macron sont iniques. Peu importe le fond d’ailleurs. Ce qui leur est reproché correspond à de vieilles histoires, de vieilles habitudes de la politique française qui certes, ne sont pas à son honneur.  Mais cette déferlante de révélations vise à les déstabiliser par le scandale et la polémique. Les perspectives, les projets, les idées n’existent plus. Rien: aucune dynamique, aucun élan, aucune espérance. Le parti socialiste sort des apparatchiks obtus, n’ayant jamais travaillé, peu étudié, coupés du monde, ivres d’eux-mêmes et démagogues jusqu’au fanatisme. L’extrême droite haineuse ne peut que proliférer sur ce champ de ruine.  Sauf rétablissement désormais improbable, nous marchons sans doute vers une banalisation de la fonction présidentielle, déjà gravement discréditée. Il y aura un homme ou une femme sans pouvoir à l’Elysée, élu sans enthousiasme, mal élu, rapidement privé d’autorité et de prestige. Tout se jouera probablement aux élections législatives avec un enjeu crucial et incertain: quelle majorité sortira des décombres actuelles? A Matignon, le prochain Premier ministre, issu de cette majorité et sous son contrôle, entouré de ses ministres, deviendra l’homme fort du pays. Nous en avons connu d’autres dans l’histoire: Pierre Waldeck Rousseau, Raymond Poincaré,  Georges Clemenceau, Antoine Pinay, Pierre Mendès-France, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Jacques Chaban-Delmas, Michel Rocard… Bien sûr, la fierté nationale, celle d’avoir un président élu et tout puissant comme les présidents américains ou russes, l’une de nos dernières fiertés, en sortira blessée. Le coq gaulois chantera moins fort. Mais n’est-elle pas grandiloquente, factice et prétentieuse, cette impression de supériorité sur les autres européens, qui tient au mythe d’un chef de l’Etat élu et tout puissant? Alors qu’aux alentours de ce mythe, tout s’effondre?   Ne vaut-il pas mieux désormais, un pays efficacement, modestement et démocratiquement gouverné, à l’image du Royaume-Uni et de l’Allemagne, qu’un orgueil stérile, arrogant et bavard? Et surtout, cette plongée dans la démence narcissique, guignolesque, destructrice, que nous vaut l’actuelle campagne? Voilà ce que je pense. Et j’ai la certitude que le Général de Gaulle, voyant son œuvre, la Ve République, emportée dans un tourbillon obscène, partagerait mon avis. Nous y venons probablement, encore que rien ne soit certain, en mai/juin 2017 même si aujourd’hui, les esprits ne sont pas mûrs face à cette évolution et si ce message est difficilement audible, acceptable, compréhensible pour des consciences gavées de plusieurs décennies d’orgueil élyséen et réticentes à prendre acte d’une déchéance.

Maxime TANDONNET

 

 

 


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