La division et le sectarisme sont l’une des sources essentielles du mal français. On comprend mieux l’effondrement de la participation électorale et la défiance envers le politique quand on voit des politiciens s’écharper sur les plateaux de télévision, quand des gouvernants se contentent d’accabler leurs prédécesseurs, où quand la classe politique verse en permanence dans la haine furieuse, la calomnie, la chasse aux sorcières et l’invective. Quand une nation renonce au débat d’idées pour s’abandonner à la guerre civile froide et à l’affrontement des ambitions individuelles, c’est qu’elle est au bord de l’abîme. « Messieurs, avant de faire une France grande, faisons une France une. Refaisons l’union de tous les Français. Reconstruisons le grand parti français sous les plis d’un drapeau qui puisse l’abriter, parce qu’il est le seul sur lequel, aujourd’hui comme au temps de l’invasion, tous les Français puissent servir avec honneur » (Jules Ferry, discours du 17 octobre 1874). Bien sûr qu’il faut une majorité et une opposition, des idées et des projets différents, mais dans le cadre d’un consensus sur l’essentiel, la règle du jeu, les valeurs communes, et d’un respect mutuel sans lequel les Français, toujours plus dégoûtés, continueront à s’éloigner des urnes ou à exprimer leur colère par un vote protestataire. Je pense que la reconstruction de la vie politique et démocratique, autour d’une charte de l’unité, de la tolérance et de la dignité, devrait être aujourd’hui la priorité de tout pouvoir politique responsable.
Maxime TANDONNET


