kit de presse Pierre Muzas editeur digital

Imam Hassan Iquioussen, le coup de com raté

D’abord, il faut savoir que la justice administrative n’empêche pas les expulsions d’imams étrangers prêcheurs de haine. Chaque année, depuis longtemps, une dizaine sont expulsés du territoire français pour motif de menace grave à l’ordre public. L’opinion et les médias, l’essentiel de la classe politique, sont en ébullition en raison de la décision du tribunal administratif de Paris de s’opposer à l’expulsion de l’imam HI – en attendant que le Conseil d’Etat confirme ou invalide cette décision (qui n’est pas définitive). Cette réaction est bien compréhensible et partagée. Nous voudrions tous que des individus qui propagent un discours de haine soient renvoyés illico de France. Cependant, nous assistons à un concert d’hypocrisie ou de larmes de crocodile. Cette décision n’est en vérité pas étonnante sur le strict plan juridique, celui de la jurisprudence administrative. Le juge administratif – c’est son rôle, sa mission – met toujours en balance le droit au respect de la vie familiale de la personne et la menace grave, effective, qu’il représente pour la société. Or (de ce que je crois savoir), HI est né en France, sa femme et ses enfants sont Français. Evidemment, je ne le défends pas, j’aurais souhaité une toute autre issue juridique et j’espère que le CE va infirmer le choix du TA. Je dis seulement que cette décision du TA de Paris est juridiquement, au regard des règles de l’Etat de droit, explicable. Il y a une grande hypocrisie dans la surenchère politicienne et médiatique autour de cette décision. Certains politiques ne se comportent pas bien. La France connaît un profond chaos sécuritaire, économique et financier, migratoire, éducatif, un véritable naufrage qu’il faut beaucoup d’aveuglement pour ne pas voir. Alors, ils lancent de belles opérations emblématiques destinées à la communication médiatique pour recouvrir ce triste spectacle en bombant le torse et en espérant se valoriser. La provocation, d’où quelle vienne, du pouvoir politique ou de ses opposants extrémistes, se substitue à l’action et au débat d’idées. C’est bien plus facile et valorisant de gesticuler et hurler que de travailler en profondeur et dans la discrétion au redressement du pays. Et quand elles se retournent contre eux, ils se mettent à trépigner et à pester.

MT

Author: Redaction