Un système de reproduction inconnu jusqu’à ce jour chez une espèce proche de l’olivier, Phillyrea angustifolia L. vient d’être découvert par des chercheurs du laboratoire de Génétique et évolution des populations végétales (CNRS/Université de Lille 1) et du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS/Université de Montpellier 1, 2 et 3/ENSA Montpellier/CIRAD/Ecole pratique des hautes études). Ce système explique chez cette espèce la présence élevée d’individus mâles en mélange avec des hermaphrodites. Ces hermaphrodites dont les fleurs portent les organes mâles et femelles, se répartissent en deux groupes non distinguables morphologiquement. Les plantes de chaque groupe sont stériles entre elles mais sont complètement fertiles avec celles de l’autre groupe. Dans ces conditions, le pollen des hermaphrodites ne peut féconder qu’un individu sur deux. En revanche, le pollen des mâles peut féconder tous les hermaphrodites. Ainsi le désavantage subit par les mâles est immédiatement compensé. Cette découverte montre pour la première fois que le passage de l’hermaphrodisme à la dioécie (1) est possible au cours de l’évolution. Ces travaux sont publiés dans la revue Science.


