
Les « droites », lepéniste, Reconquête et « classique » semblent appeler à la proclamation de « l’Etat d’urgence ». Or, l’Etat d’urgence ne servirait à rien. Il autoriserait l’interdiction des manifestations, cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique, la mise en place de périmètres de protection pour assurer la sécurité d’un lieu ou d’un événement, l’interdiction de réunions publiques, etc. Strictement rien à voir avec la situation actuelle où la question est de réprimer immédiatement, matériellement les pillages, les destructions, les violences et la terreur causée par des bandes de voyous et de leur donner des suites judiciaires effectives. Quel intérêt d’édicter un couvre-feu ou un périmètre de protection que l’on ne pourra pas faire respecter dès lors qu’on est déjà incapable d’empêcher des pillages? En 2005, il avait été proclamé le 8 novembre, alors que les violences étaient en recul et s’était révélé strictement inutile. Cet appel à l’Etat d’urgence relève de la communication, de la com ou du coup de menton mussolinien dans le vide. Face à l’impuissance, il faut bien montrer les muscles de la mâchoire. Je dis exactement ce que je pense. Le pouvoir actuel est le principal responsable de la tragédie: par sa fuite dans l’esbroufe narcissique quotidienne, il a déserté le monde des réalités et laissé le champ libre à une forme de terreur urbaine. Dans une démocratie, il y a longtemps que les responsables de cette succession de tragédies, Gilets Jaunes, Absurdistan liberticide, chaos des « 64 ans », puis émeutes de juin 2023, seraient tous lourdement sanctionnés (virés). En autocratie, la règle est bien au contraire l’impunité des dirigeants et l’incruste. Quant à la gauche radicalisée, extrémisée, elle n’a pas cessé de jeter de l’huile sur le feu, d’attiser la haine. La vraie caractéristique de la situation actuelle, c’est le naufrage de la classe politique dans son ensemble. Avec des exceptions? Sûrement, mais lesquelles et qui les entend?
MT


