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[Vidéo] Ocean Viking : dans les coulisses du centre d’accueil pour migrants de Giens

Le dispositif policier installé sur la presqu’île de Giens, près de Hyères dans le Var, où les 234 migrants débarqués du navire Ocean Viking ont été hébergés dans un centre de vacances dans l’attente de l’examen de leur situation, a été levé ce jeudi 24 novembre. En plus des deux Maliens renvoyés dans leur pays le 22, les deux derniers occupants du site, de nationalité bangladaise, ont été expulsés ce vendredi. Soit 4 sur les 44 expulsions annoncées par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Une grande partie avait été rapidement libérée, soit par décision judiciaire, soit parce qu’ils sont mineurs isolés, soit parce qu’ils ont bénéficié d’une admission sur le territoire au titre de l’asile après des entretiens avec l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

Depuis l’arrivée des migrants à Toulon, le 11 novembre, un dispositif sécuritaire massif a été mis en place par les autorités. « Environ 40 collègues de la police aux frontières (PAF), des renforts de Nice et Marseille au début, en fait quasiment toute la PAF de la zone PACA a été mobilisée », glisse une source policière, mais aussi la section d’intervention et la brigade spécialisée de terrain (BST) de Toulon. La Formation motocycliste urbaine (FMU) a escorté les bus qui transportaient les migrants au tribunal et une quinzaine de policiers sont venus de Marseille en mission de sécurisation comme le rapportait Valeurs actuelles le 16 novembre. Une demi-section de CRS a quitté les lieux lundi dernier.

Des effectifs de police massifs

« Des effectifs ont été mis à disposition dans tous les sens. Il y avait même le groupe de sécurité de proximité (GSP) de Montpellier », confie un policier local. « Ils ont rappelé tout le monde, sur les jours fériés, les week-ends et les congés ont sauté, ajoute une source policière. Mercredi soir, six collègues de la BST étaient encore envoyés à Giens. Au lieu de lutter contre l’économie souterraine et les stupéfiants, on garde les migrants, c’est la France. Tout cela au détriment de nos concitoyens. » Même son de cloche chez cet agent : « Je m’étonne que les cités de Toulon n’aient pas envoyé des chocolats à Darmanin parce qu’ils ont les mains libres depuis 15 jours puisqu’on nous détourne de nos missions essentielles pour ces conneries. » Au total, entre 200 et 300 policiers ont été mobilisés pour encadrer le dispositif au quotidien, une quinzaine ces derniers jours pour… deux migrants.

« Tous auraient pu être regroupés dans un seul bâtiment, remarque un policier. Le site n’était pas fermé, il fallait donc des flics partout pour les empêcher de passer. On aurait pu diviser le dispositif par deux sauf que la protection civile a trouvé que certaines marches étaient dangereuses pour les plus jeunes, on les donc a installés dans un autre bâtiment, ce qui a fait augmenter le périmètre de sécurité et les effectifs. » Plus incroyable encore, les deux Bangladais restants ont dû être transportés en avion jusqu’à leur consulat, à Paris, ce mercredi 23 novembre, selon nos informations. « Le consul du Bangladesh a refusé de les voir en visio, la PAF a donc affrété un avion Beechcraft, les deux migrants sont partis tôt le matin de Marignane et revenus dans la journée », détaille une source policière. Une fois les laissez-passer consulaires en main, Paris a pu enclencher le processus d’expulsion.

« Des migrants accueillis comme des coqs en pâte »

Les conditions d’accueil des migrants ont aussi fait grincer des dents, surtout en comparaison des conditions de travail des policiers. Au tribunal de Toulon, pendant que les migrants recevaient des sachets de denrées de marque, et même des viennoiseries de la part d’un avocat tout sourire, les agents se contentaient de « sandwiches dégueulasses » et de chips. « Les premiers jours, il a fallu que les collègues aillent pleurer à la Croix Rouge pour récupérer des bouteilles d’eau, rien n’était prévu pour eux », précise une source policière. Sur les réseaux sociaux, le sénateur Reconquête des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, a aussi évoqué certains avantages accordés aux migrants du centre de vacances de Giens, à savoir « des baskets toutes neuves », « un budget cigarettes de plus de 2000 euros » et « du pesto bio », alors que des policiers ont récupéré « des restes de couscous des clandestins ».

« Les migrants ont été accueillis comme des coqs en pâte, confirme un agent à Valeurs actuelles. Les policiers, eux, caillaient dans le froid à bouffer des sandwiches Sodebo. » Dépourvus de micro-ondes, des policiers ont dû aussi aller réchauffer des plats préparés dans les appartements mis à disposition des migrants, qui ont reçu de la nourriture halal et se sont servi de plaques chauffantes comme chauffage d’appoint au risque de mettre le feu. Un camion de la protection civile, enfin, a été acheminé pour diffuser la WIFI tandis que des enfants ont caillassé des CRS. « Pendant que les collègues étaient dans le froid dehors, les migrants étaient au chaud dans leurs appartements, grince une source policière, logements laissés dans un état déplorable. Des collègues ont même dû prendre des parasols pour se protéger de la pluie », comme en témoigne une vidéo filmée le lundi 14 novembre.

Plus inquiétant, « un Syrien hébergé dans le camp de vacances de la presqu’île de Giens a été signalé par la DGSI pour de possibles liens avec le terrorisme. Il a été lui aussi relâché dans la nature pour « vice de procédure » », a rapporté sur Twitter Antoine Baudino, assistant parlementaire de Stéphane Ravier. « C’est faux, dément une source policière. Tous les passagers de l’Ocean Viking ont fait l’objet d’un examen par les services compétents (DCIS/DGSI). Aucun lien avec le terrorisme n’a été relevé pour tous les passagers. » Un passager a bien attiré l’attention mais pour sa pratique rigoriste de l’islam, qui a justifié la mise en œuvre de mesures de surveillance, selon nos informations. Au global, le coût du dispositif avoisinerait les trois millions d’euros, indique une source sécuritaire. « C’était du grand n’importe quoi », résume un policier, tandis qu’un autre parle même de « farce ».

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Author: Valeurs Actuelles