Valeurs Actuelles relais de brèves

[Tugdual Denis] Une bonne droite s’il vous plaît

Dans un quasi silence médiatique et une indifférence du grand public, Bruno Retailleau, Eric Ciotti et Aurélien Pradié vont tenter en fin de semaine prochaine de remporter les suffrages des adhérents LR. Il en reste près de 100 000, mais il s’agit plus d’une armée silencieuse dont on devine la nostalgie que d’une force qui va.

Ces trois candidats, nous les avons tous reçus dans les locaux de Valeurs actuelles ces dernières semaines. Bruno Retailleau, cortiqué comme on le connaît, s’est montré cultivé et fin. Eric Ciotti, solide sur ses bases, a jonglé avec un programme économique et régalien offensif.

Nous ne connaissions pas Aurélien Pradié, et nous n’avons pas été déçu : devant nos questions un peu hasardeuses et notre méconnaissance de ses propositions, ce surfeur aux poignets entourés de bracelets nous est rentré dedans. « Vous êtes des fainéants ! » Il avait raison et cela fait parfois du bien : mieux vaut, entre les journalistes et leur interlocuteur, une franche engueulade, que des non dit.

La droite sait où elle va, mais elle ne sait pas avec qui

Je n’ai jamais pensé, contrairement à ce que l’on entend partout, y compris dans la bouche des leaders Républicains eux-mêmes, que la droite manquait de doctrine ou de cerveaux.

La droite, depuis Jean-François Copé et la « droite décomplexée », depuis François Fillon et sa campagne de 2016 totalement chimiquement pure dans son positionnement et dans son style, depuis Nicolas Sarkozy et la rupture, depuis Laurent Wauquiez et sa droite qui s’assume, ne dévie pas.

Voilà bientôt 20 ans que le grand parti de la droite française s’articule – dans les mots et les intentions plus que dans les actes- autour d’une même trame : la fin des compromis, un souci régalien gigantesque, le refus de la soumission au politiquement correct, la volonté quelles que soient les modes de défendre toujours et encore l’entreprise.

La droite sait où elle va, mais elle ne sait pas avec qui. La droite sait quoi dire mais ne sait pas comment le dire. La droite sait quoi penser mais ne sait pas comment convaincre. Pour cela, la droite ne doit pas céder à la facilité, ou, pire, à la lâcheté.

Le pouvoir en place ne doit pas l’effrayer et mordiller au lieu de faire trembler doit l’interroger

Ce n’est faire injure à aucune autre force politique que de réclamer une bonne droite. Une bonne droite pour participer à l’élévation du débat public en France. Une bonne droite pour offrir une bergerie à l’immense cohorte de brebis égarées dans l’abstention. Une bonne droite pour mieux défier le pouvoir, mieux réclamer à ceux qui pilotent la France un cap et une altitude dignes de ces noms.

Pour cela, la droite ne doit pas céder à la facilité, ou, pire, à la lâcheté. Réclamer toujours plus de chèques et d’argent public pour soutenir la consommation ne lui ressemble pas. Il faut qu’elle se méfie des meutes du consensus, comme celle de l’affaire Fournas. Le pouvoir en place ne doit pas l’effrayer et mordiller au lieu de faire trembler doit l’interroger. Enfin, qu’elle sache que rechercher une figure de chef charismatique relève de la saine obsession.

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Author: Valeurs Actuelles