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[Tribune] Il faut accélérer l’écologie réelle !

« La France et son blanc manteau d’éoliennes » : est-ce l’avenir radieux que planifie le gouvernement ? Pendant qu’Olivier Véran prépare les Français aux coupures d’électricité, résultat d’une politique de sous-priorisation du nucléaire menée pendant deux quinquennats, c’est en se conformant aux injonctions du Parlement européen, qui a voté l’augmentation à 45% de la part des énergies renouvelables dans la consommation globale d’énergie de l’UE d’ici à 2030, que le gouvernement a déposé un projet de loi « pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables ». Comprenez : toujours plus de ces fermes solaires et de ces gigantesques rotors qui dominent de toute leur masse métallique nos champs, nos villages, et, désormais, obstruent l’horizon de nos côtes. Inquiet de l’impasse idéologique, dilapidatrice et surtout anti-naturelle dans laquelle les gouvernements depuis 2012 ont précipité la politique énergétique de la France, le Mouvement Conservateur rappelle ce que devrait être une écologie réaliste.

Comment en est-on arrivé là ?

« Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir… » affirme la célèbre logique shadok. Toujours plus ! Toujours plus de pâles d’éoliennes vibrionnantes, et surtout toujours plus « d’acceptabilité locale » selon les termes du projet de loi : quand ça ne marche pas, c’est qu’il en faut plus, en battant en brèche les résistances provenant de l’instinct de conservation des terroirs. En témoigne l’intitulé du portefeuille du ministre Christophe Béchu, chargé de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. On aura rarement réuni deux impératifs aussi contradictoires sur l’étiquette d’un maroquin.

Pour faciliter « l’acceptation des populations locales », ils prévoient de baisser les factures d’électricité des communes qui accepteront l’installation sur leur sol les fameuses fermes éoliennes ou solaires. On sait combien l’argument peut porter, quand le prix du kWh connaît une inflation à trois chiffres. Circonvenir ainsi le consentement des populations locales… pour enlaidir des communes parmi les plus pauvres.

Les auteurs de la loi partent du constat que le droit français protège mieux l’écrin naturel français que celui de ses voisins européens contre les atteintes portées à l’environnement et à ses paysages. Ils cherchent donc les voies et moyens d’accélérer la réalisation des parcs et fermes d’énergies intermittentes, ainsi que de leurs installations industrielles et de leurs réseaux de transports, terrestres et portuaires. Pour faciliter « l’acceptation des populations locales », ils prévoient de baisser les factures d’électricité des communes qui accepteront l’installation sur leur sol les fameuses fermes éoliennes ou solaires. On sait combien l’argument peut porter, quand le prix du kWh connaît une inflation à trois chiffres. Circonvenir ainsi le consentement des populations locales… pour enlaidir des communes parmi les plus pauvres.

Car il faut le dire, outre leur inefficience énergétique et leur bilan carbone médiocre (à titre d’exemple, 15 g de CO2 sont émis par kWh pour l’éolien en mer selon l’ADEME contre moins de 4 g pour le nucléaire), le scandale des énergies renouvelables, c’est la prise en otage des territoires : des paysages saturés d’éoliennes dont le marché engendre de véritables collusions locales où certains élus peu scrupuleux, avec l’assentiment d’agriculteurs auxquels on fait miroiter de bien trompeurs euros éoliens, acceptent d’en tirer profit. Pour aider les habitants, majoritairement hostiles comme le constate longuement un rapport du CESE de mars 2022, à accepter cette dénaturation de leur cadre de vie, on les paye en monnaie magique. On leur distribue d’infimes pourcents des profits –aussi colossaux qu’artificiels, car financés par des subventions publiques et par l’infernal mécanisme de l’ARENH.

Eh bien nous voulons le dire avec force : tout le monde n’est pas à vendre et tout ne s’achète pas. Certaines choses n’ont pas de prix ; l’écrin naturel français en fait partie. La viabilité de nos paysages, le cadre de vie, le calme ressourçant des campagnes, l’horizon maritime à perte de vue, l’aspiration à la tranquillité et à une vie paisible, tout cela touche au bien immatériel qui n’est tout simplement pas accessoire dans le bien-être de nos concitoyens. Dans son rapport de mai 2017 sur les nuisances sanitaires des éoliennes terrestres, l’Académie de médecine reconnaît un syndrome éolien imputable aux nuisances sonores et visuelles, « avec pour corollaire la dépréciation immobilière, (qui) génèrent des sentiments de contrariété, d’irritation, de stress et toutes les conséquences psycho-somatiques qui en résultent ».

La politique du gouvernement inspirée par un écologisme irrationnel

Sur le plan technique, le gouvernement feint d’ignorer les difficultés qu’engendrent les énergies renouvelables. Le Conseil d’État, dans un avis du 22 septembre, a d’ailleurs souligné l’insuffisance de l’étude d’impact : « Absence d’état des lieux, de données précises, (…) ce qui, dans certains cas, semble accréditer l’idée que l’évolution proposée des textes repose sur des présupposés plus que sur des constats étayés. »

L’intermittence des ENR doit être compensée par une source pilotable, que l’on arrête ou redémarre pour produire les kWh manquants. L’Allemagne a eu recours au gaz et au charbon, dont elle devait pourtant s’affranchir. Elle a aggravé sa dépendance aux approvisionnements. Le contexte l’illustre : pour s’affranchir du gaz russe, les pays de l’UE se tournent vers le gaz de schiste américain dont les techniques d’extraction sont interdites sur notre sol, ou vers l’Azerbaïdjan, en guerre contre l’Arménie, ou vers l’Algérie, qui peut exercer un chantage aux visas.

Couler le socle de chaque éolienne exige de détruire des terrains agricoles, des forêts et autres espaces naturels indispensables à la préservation du climat en tant que puits de carbone.

L’effet de l’emprise au sol est délibérément ignoré. Couler le socle de chaque éolienne exige de détruire des terrains agricoles, des forêts et autres espaces naturels indispensables à la préservation du climat en tant que puits de carbone. Cela nuit à la biodiversité, aviaire et agraire. Enfin, ces moyens de production d’énergie nécessitent une grande quantité de matériaux (lithium, zirconium, cuivre…), dont l’extraction devient de plus en plus coûteuse et incertaine, et provenant de pays où les méthodes d’extraction sont polluantes et les conditions de travail inhumaines.

Nous demandons que la raison l’emporte sur l’idéologie et, plutôt qu’une accélération des énergies renouvelables, que soit débattu un plan global de stratégie énergétique pour la France. Celui-ci s’appuierait sur la seule énergie décarbonée pilotable ayant fait ses preuves depuis plus de 50 ans : le nucléaire. Ainsi, tout doit être mis en œuvre pour renouveler et développer notre parc, notamment les réacteurs de 4ème génération (Astrid) dont les réserves en combustibles sur le territoire sont déjà quasi-illimitées. Toute décision prise aujourd’hui aura un impact considérable sur les générations futures : nous en serons témoins cet hiver. Une écologie responsable ne peut être en contradiction avec la réalité de la nature, ni avec l’immense sentiment majoritaire de la population. C’est ce que nous appelons, au Mouvement conservateur, l’écologie réelle.

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Author: Valeurs Actuelles