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[Tribune] GPA : L’Union européenne tente un coup d’état sur la filiation

C’était il y a dix ans. Face au « mariage pour tous » porté par François Hollande et Christiane Taubira, des centaines de milliers de Français descendaient dans les rues. Tous le savaient : le mariage pour tous n’était que la première étape d’une vaste entreprise destinée à détruire la famille traditionnelle. Face à eux, la classe politique et médiatique, quasiment unanime, le jurait pourtant : le mariage pour tous, d’accord, mais la théorie du genre, la PMA, la GPA, jamais ! 

Dix années ont donc passé : chacune d’entre elle a donné raison à ces infatigables manifestants –  bien maigre consolation. En 2019, c’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la PMA a été légalisée. Entre temps, le débat sur les transgenres s’est brutalement imposé sur le débat public. Il faut le redire : affirmer que seules les femmes peuvent être enceintes est devenu, aujourd’hui, une absurdité – sinon un crime de lèse-transidentité.

La gestation pour autrui n’est pas une chose anodine : sa légalisation autorise ni plus ni moins ses aficionados à acheter un enfant, pour peu qu’ils ne puissent ou ne veuillent en avoir par les voies naturelles.

Désormais, c’est à la gestation pour autrui (GPA) que l’Union européenne s’attaque. Tout cela, bien sûr, se fera en douce – comme systématiquement à Bruxelles. La famille ne faisant pas partie des compétences de l’Union, la technocratie européenne a trouvé un autre angle d’attaque : la Commission porte désormais un projet de loi visant à la reconnaissance de la parentalité entre Etats membres dans les situations familières transfrontalières.

Rappelons-le, d’abord. La gestation pour autrui n’est pas une chose anodine : sa légalisation autorise ni plus ni moins ses aficionados à acheter un enfant, pour peu qu’ils ne puissent ou ne veuillent en avoir par les voies naturelles. Non content de marchandiser encore plus le corps de la femme, la GPA fait de l’enfant un bien négociable comme les autres, dont on pourra bientôt choisir par avance la couleur des cheveux, la taille ou le potentiel intellectuel. C’est pire qu’un scandale : c’est une ignominie.

Voilà sur quoi l’Union européenne travaille. Elle espère pouvoir forcer tous ses Etats membres à reconnaître la filiation d’enfants telle qu’établie dans un autre pays membre, sous prétexte de faciliter les démarches familiales aux frontières. Concrètement, une telle mesure obligerait les Etats interdisant la GPA à s’adapter à ceux qui l’autorisent, au mépris de leur ordre public.

Chaque fois qu’elle le peut, fidèle à l’agenda mondialiste et progressiste qu’elle s’est fixée, l’Union bafoue la souveraineté de ses Etats membres.

Cette reconnaissance automatique n’instaurerait pas autre chose qu’une prime aux pays les plus permissifs, puisqu’il suffirait aux couples concernés de se rendre dans l’État membre le plus libertaire puis de revenir dans leur pays en lui imposant une situation contraire à ses lois – avec la bénédiction de Bruxelles. 

Ce désastre éthique, acmé de la destruction de la famille “made in EU”, n’est donc pas qu’une énième loi progressiste, repoussant chaque jour un peu plus loin les limites que fixait autrefois la nature. C’est l’incarnation du pouvoir de nuisance de l’Union européenne. Chaque fois qu’elle le peut, fidèle à l’agenda mondialiste et progressiste qu’elle s’est fixée, l’Union bafoue la souveraineté de ses États membres. Bruxelles impose, les États suivent. La France, pour l’heure, est opposée à la GPA : en janvier 2023, si la Commission arrive à ses fins, Paris n’aura cependant pas d’autre choix que de reconnaître les enfants nés par GPA à l’étranger.

Nous continuerons toujours à marteler nos convictions, parce que ce mot-là n’est pas, pour nous, une petite chose.

Bien sûr, tout cela n’est que la première étape. En procédant ainsi, la Commission européenne forcera ses Etats membres à reconnaître, de fait, la GPA. Un tour de passe-passe qui ne pourra que faciliter, à terme, sa légalisation partout en Europe. Terry Reintke, une eurodéputée écologiste allemande, ne s’en cache pas. « Nous pouvons utiliser la liberté de mouvement garantie par les traités pour faire avancer les choses. C’est notre point d’entrée sur ce sujet », a-t-elle déclaré. 

Beaucoup d’entre nous se sont battus contre les projets de lois bioéthiques malgré les revers et les mensonges. Reste que nous continuerons toujours à marteler nos convictions, parce que ce mot-là n’est pas, pour nous, une petite chose. Que nul ne l’oublie jamais : nous avons eu raison hier, nous aurons raison demain. Si fragile, si méprisé que soit ce combat, nous ne baisserons pas les bras : il faut plus qu’une ou deux défaites pour nous décourager. Contre la GPA, contre tous ses corollaires passés et futurs, nous maintiendrons.

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Author: Valeurs Actuelles