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Pénurie de foie gras à Noël 

« Le foie gras, c’est le produit iconique, incontournable de Noël : en temps normal il est sur la table de 9 Français sur 10 ! Mais cette année, cela va être tendu ». Marie-Pierre Pé, présidente du Cifog, l’interprofession du foie gras, tire la sonnette d’alarme et recommande aux consommateurs « d’en acheter sans attendre ». En raison de la grippe aviaire qui s’est propagée par les oiseaux migrateurs, la production nationale est en baisse de 30% par rapport à l’an dernier, et les prix flambent.

La particularité de la grippe aviaire cette année est qu’elle touche toutes les volailles et tous les pays d’Europe. En six mois, 20 millions d’animaux ont été abattus en France, dont 3,5 millions de canards. Un désastre qui impacte directement les ventes de fin d’année. Certains élevages, dans le Lot notamment, ont produit 60% de canards en moins cette année. En moyenne, le cycle de production du foie gras s’étend entre trois mois et demi et quatre mois ; trois mois d’élevage du caneton en extérieur et une phase d’engraissement de 10 à 12 jours en bâtiment pour un foie gras Label Rouge. Les animaux sont ensuite abattus, les foies prélevés et cuisinés dans les 24 heures, qu’il s’agisse d’une production à la ferme ou chez les industriels. «La baisse de l’offre atteint 30% et touche toutes les fabrications de conserves et de produits frais à cuisiner», poursuit la représentante de la profession.

Et de confier que «toutes les marques ont adopté des stratégies pour limiter l’impact sur le marché ». A savoir des conditionnements plus petits, des portions plus individuelles d’un ou deux tranches seulement, des boîtes à partager…Cette rareté de l’offre a entraîné une augmentation d’au moins 20% des prix de vente, en raison du contexte inflationniste et de la hausse des coûts de production.

Pour les éleveurs, le coût de cette cinquième grippe aviaire atteint 1.4 milliard d’euros. Avec en bout de chaîne, une question de vie ou de mort de la filière. « L’Etat est au rendez-vous pour annoncer les indemnisations mais pour les versements, la profession doit encore attendre» analyse Marie-Pierre Pé. A ce jour, les éleveurs qui ont été contraints d’abattre leurs élevages ont reçu seulement 20% des aides, le solde leur étant versés à partir du mois de février 2023. Certains ont leur trésorerie à sec.

« On leur dit de tenir bon. L’espoir repose sur le développement d’un vaccin qui permettrait de stopper net la propagation du virus. » conclut la porte-parole. Seulement en France, contrairement aux Etats-Unis ou à la Chine, le vaccin n’est pas encore autorisé malgré sa mise au point par la société française Ceva Santé animale et par l’allemand Boehringer. Des essais expérimentaux ont lieu actuellement dans le Sud-Ouest. La profession attend désespérément le feu vert du gouvernement pour ne pas connaître une énième crise l’an prochain. Et permettre que le foie gras reste un produit du terroir, symbole de la culture gastronomique française.

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Author: Valeurs Actuelles