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Olivier Giroud, droit au ciel

Pas un bruit dans la presse, pas une grimace sur le banc de touche, pas une story Instagram ou un tweet sulfureux. Il y a un an, Olivier Giroud n’était plus appelé en équipe de France. Lui, l’ancien titulaire indiscutable n’entrait plus dans les plans du sélectionneur Didier Deschamps. Et pour cause, le joueur du Real Madrid Karim Benzema, après six ans sans porter le maillot bleu, était rappelé dans la sélection. Vraisemblablement pour protéger le groupe, Deschamps a choisi d’écarter Giroud des rendez-vous de Clairefontaine. L’espoir de le revoir sous le maillot bleu était bien maigre. Sauf qu’à l’approche de la Coupe du monde au Qatar, une litanie de blessures et d’absences vient troubler les certitudes du groupe France et les leaders se font rares au milieu de beaucoup de jeunes novices des grandes compétitions. N’Golo Kanté, Paul Pogba, Presnel Kimpembe, tous out.

De son côté, Olivier Giroud continue d’être performant avec l’AC Milan, Didier Deschamps n’a pas d’autre choix que de rappeler un sage pour renforcer son groupe. L’attaquant accepte son statut de remplaçant. Sauf que, quelques jours avant le match d’ouverture face à l’Australie, Karim Benzema, tout juste récompensé du Ballon d’or, doit déclarer forfait à la suite d’une blessure lors de l’entraînement. Giroud retrouve son statut de titulaire pour lancer la compétition. « Il va atteindre le record de buts. Maintenant, il lui manque d’être décisif lors des grands matchs », prédisait auprès de Valeurs actuelles le journaliste de l’Équipe Vincent Duluc avant le coup d’envoi. L’attaquant de 36 ans l’a fait. Mardi 22 novembre, face à l’Australie, l’avant-centre français marque un doublé et égale le record de 51 buts en équipe de France de Thierry Henry. Faisons les comptes : 36 ans, 116 sélections avec les Bleus, 51 buts en équipe de France, une Coupe du monde en 2018 et même une Ligue des champions avec Chelsea en 2021. Rien que ça.

À côté des stars du moment, il paraît bien pâle. Loin des vedettes standards du football mondial, l’ancien joueur de Montpellier poursuit la route d’une carrière singulière. Non pas uniquement pour ses trophées – dans le domaine, la concurrence est rude – mais pour des performances constantes, un état d’esprit irréprochable et une quête spirituelle.

Le grand frère de Clairefontaine

Il y a des signes qui ne trompent pas. C’est un 11 novembre qu’Olivier Giroud porte pour la première fois le maillot bleu. Tout un symbole, pour ce passionné d’histoire. Il s’épanche volontiers dans les médias sur son intérêt depuis l’école pour la Seconde Guerre mondiale, sa fascination pour le général de Gaulle ou Winston Churchill et sa curiosité pour les conquêtes de Napoléon.

Le 16 juillet 2018, tout juste championne du monde, l’équipe de France descend triomphalement l’avenue des Champs-Élysées. Écharpe tricolore sur la tête, il laisse exploser sa joie avec le public. Soudain, un vrombissement lointain interpelle le joueur. Les pilotes de la Patrouille de France rendent les honneurs militaires aux Bleus. Giroud filme instantanément le survol des Alphajet et leur longue traînée tricolore. « C’est l’une des plus belles vidéos que j’ai dans mon téléphone », confie-t-il, admiratif de ces pilotes de chasse chevronnés. Il se sent proche de ces combattants français, engagés à protéger leur pays et fiers de porter ses couleurs : « C’est un privilège de pouvoir représenter sa nation, de pouvoir partager cette passion commune avec les militaires, de représenter et défendre nos couleurs. »

Ce père de famille de quatre enfants s’est même rendu à la rencontre des commandos de l’air à la base aérienne d’Orléans, dans le Loiret. Son immersion le conduira à découvrir les histoires de ces hommes prêts au sacrifice suprême pour la France. Un témoignage de plus de cette affection du footballeur français, qui soutient également l’association des Képis Pescalunes venant en aide aux orphelins de la gendarmerie et le pèlerinage militaire international. « C’est important de leur rendre hommage , confie Olivier Giroud au ministère des Armées. C’est normal de les applaudir et de les admirer. »

Les joueurs ne sont pas forcément tous interpellés ou intéressés. Il y a une sorte de pudeur

Patriote sincère, Olivier Giroud est aussi un fervent chrétien. Sur le terrain, l’attaquant célèbre tous ses buts en pointant ses index vers le ciel et arbore fièrement un tatouage reprenant le premier verset du psaume 23 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » « Olivier a grandi et mûri dans son cheminement malgré le rythme de sa carrière professionnelle. Cet éloignement de l’Église est dû au fait que ses dimanches étaient souvent pris par des matchs. Il a bénéficié de la foi évangélique de sa maman. Mais il avait besoin de quelqu’un pour approfondir sa compréhension de la foi chrétienne », nous explique le pasteur Joël Thibault, accompagnateur spirituel du joueur, qu’il connaît depuis la période du championnat d’Europe 2016.

Les Français ont d’ailleurs découvert sa foi lors de cette compétition, en France. Les caméras de la Fédération française de football (FFF) le suivaient dans son quotidien le temps d’une journée et découvraient que l’attaquant ne se déplaçait jamais sans sa Bible. Cette spiritualité, il la travaille au quotidien, en se plongeant dans la lecture des Évangiles, des Psaumes et des Proverbes, les “paroles de sagesse” de la Bible dont il fait régulièrement la lecture à ses enfants. Dans le vestiaire de l’équipe de France, la réserve est de mise : « C’est un milieu très difficile. Les joueurs ne sont pas forcément tous interpellés ou intéressés. Il y a une sorte de pudeur », constate Joël Thibault. Être inspirant sur le terrain suffi t sans doute.

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Author: Valeurs Actuelles