Valeurs Actuelles relais de brèves

[Nay] Les contradictions d’Emmanuel Macron

En 2017, il se revendiquait « ni de droite ni de gauche ». Puis, au fil de sa campagne, « et de droite et de gauche ». « Prendre le meilleur des deux côtés », disait-il. Son discours avait plu, suscité un élan et il l’avait emporté, sans avoir de parti, sans jamais avoir été élu. Les Français en avaient soupé de ces présidents pressés de détricoter la politique de leur prédécesseur. Faire du passé table rase : Mitterrand et les vingt-trois ans de gaullisme, Hollande et les cinq ans de sarkozysme. Mais ceux de droite parlaient aussi de “rupture”. À défaut de connaître le terrain, Emmanuel Macron a fréquenté des philosophes, réfléchi et s’est persuadé que pour gouverner un pays, il faut prendre en compte l’ambivalence, la complexité et l’ambiguïté du monde.

Mais la simultanéité de ces pensées peut entraver l’action. Le “en même temps” aboutit souvent à des zigzags. Exemple : son choix (forcé) d’accueillir l’Ocean Viking et ses 234 migrants au nom d’un supposé “devoir humanitaire”. Quatre ans plus tôt, pour refuser l’accès à notre sol des 58 passagers de l’Aquarius, il avançait : « Les bons sentiments faciles […] s ont sans lendemain et si je suivais cette voie, elle ferait basculer le pays vers les extrêmes. »

Et la future loi sur l’immigration illustre son “en même temps”. Il l’a confiée à deux ministres : un de droite, Gérald Darmanin, pour le côté répressif, un de gauche, Olivier Dussopt, ministre du Travail, pour l’organisation de l’immigration de travail.

Las, face aux mineurs isolés, aux déboutés de l’asile, la morale et la compassion prennent toujours le pas sur le droit.

« Fermeté et humanité », dit-il, quand Mme Borne ajoute, martiale : « On doit savoir qui on veut accueillir et qui on ne veut pas accueillir. La France ne peut intégrer dignement que si notre droit est respecté fermement. »

Las, face aux mineurs isolés, aux déboutés de l’asile, la morale et la compassion prennent toujours le pas sur le droit. Un sentiment d’impuissance de l’exécutif gagne la population persuadée que l’immigration incontrôlée aboutit à une régression continue de la France en matière d’éducation, de sécurité et de paix civile.

Autre exemple. Alors que les ministres nous préparaient aux coupures de courant, le président s’est énervé : « Arrêtez de faire peur aux gens avec des scénarios absurdes. » Mais lui-même avait dramatisé, le 24 août, en annonçant, tragique, « la fin de l’abondance et de l’insouciance ».

Si le froid est vif cet hiver, leurs 1 800 mégawatts vont beaucoup manquer.

Et c’est lui qui a fermé les deux réacteurs de Fessenheim (promesse de François Hollande), alors que l’Autorité de sûreté nucléaire les disait fiables pour encore vingt ans.

Si le froid est vif cet hiver, leurs 1 800 mégawatts vont beaucoup manquer. La programmation pluriannuelle de l’énergie, votée en 2018, prévoyait la fermeture de douze réacteurs nucléaires d’ici à 2035. Les dirigeants d’EDF étaient sommés de préparer leur démantèlement. La loi est toujours en vigueur : « Faites votre boulot, messieurs » , les sermonne le président. Mais lequel ?

Encore un exemple. Le président réunit une convention citoyenne : 173 Français vont réfléchir pendant trois mois sur l’évolution de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, votée en 2016. Un sujet sur lequel il semble osciller. À l’évidence, chacun peut se sentir déchiré. Mais il avait promis à son amie Line Renaud, hantée par le souvenir des souffrances atroces de son mari, des avancées sur le droit à mourir dans la dignité. « Nous le ferons », lui avait-il dit. Mais après son audience avec le pape François, le président a avoué à des journalistes partager ses réticences : « Le pape sait que je ne ferai pas n’importe quoi. » Voilà pourquoi il demande à ces citoyens de décider. Sauf que la jurisprudence ( cf. la convention sur l’écologie) montre qu’il ne tient pas toujours compte de leurs préconisations.

Dernière illustration du “en même temps” ? Le Covid revient. Un jour, le président se montre en public portant un masque, le lendemain, il n’en a pas.

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Author: Valeurs Actuelles
Valeurs Actuelles relais de brèves

[Nay] Les contradictions d’Emmanuel Macron

En 2017, il se revendiquait « ni de droite ni de gauche ». Puis, au fil de sa campagne, « et de droite et de gauche ». « Prendre le meilleur des deux côtés », disait-il. Son discours avait plu, suscité un élan et il l’avait emporté, sans avoir de parti, sans jamais avoir été élu. Les Français en avaient soupé de ces présidents pressés de détricoter la politique de leur prédécesseur. Faire du passé table rase : Mitterrand et les vingt-trois ans de gaullisme, Hollande et les cinq ans de sarkozysme. Mais ceux de droite parlaient aussi de “rupture”. À défaut de connaître le terrain, Emmanuel Macron a fréquenté des philosophes, réfléchi et s’est persuadé que pour gouverner un pays, il faut prendre en compte l’ambivalence, la complexité et l’ambiguïté du monde.

Mais la simultanéité de ces pensées peut entraver l’action. Le “en même temps” aboutit souvent à des zigzags. Exemple : son choix (forcé) d’accueillir l’Ocean Viking et ses 234 migrants au nom d’un supposé “devoir humanitaire”. Quatre ans plus tôt, pour refuser l’accès à notre sol des 58 passagers de l’Aquarius, il avançait : « Les bons sentiments faciles […] s ont sans lendemain et si je suivais cette voie, elle ferait basculer le pays vers les extrêmes. »

Et la future loi sur l’immigration illustre son “en même temps”. Il l’a confiée à deux ministres : un de droite, Gérald Darmanin, pour le côté répressif, un de gauche, Olivier Dussopt, ministre du Travail, pour l’organisation de l’immigration de travail.

Las, face aux mineurs isolés, aux déboutés de l’asile, la morale et la compassion prennent toujours le pas sur le droit.

« Fermeté et humanité », dit-il, quand Mme Borne ajoute, martiale : « On doit savoir qui on veut accueillir et qui on ne veut pas accueillir. La France ne peut intégrer dignement que si notre droit est respecté fermement. »

Las, face aux mineurs isolés, aux déboutés de l’asile, la morale et la compassion prennent toujours le pas sur le droit. Un sentiment d’impuissance de l’exécutif gagne la population persuadée que l’immigration incontrôlée aboutit à une régression continue de la France en matière d’éducation, de sécurité et de paix civile.

Autre exemple. Alors que les ministres nous préparaient aux coupures de courant, le président s’est énervé : « Arrêtez de faire peur aux gens avec des scénarios absurdes. » Mais lui-même avait dramatisé, le 24 août, en annonçant, tragique, « la fin de l’abondance et de l’insouciance ».

Si le froid est vif cet hiver, leurs 1 800 mégawatts vont beaucoup manquer.

Et c’est lui qui a fermé les deux réacteurs de Fessenheim (promesse de François Hollande), alors que l’Autorité de sûreté nucléaire les disait fiables pour encore vingt ans.

Si le froid est vif cet hiver, leurs 1 800 mégawatts vont beaucoup manquer. La programmation pluriannuelle de l’énergie, votée en 2018, prévoyait la fermeture de douze réacteurs nucléaires d’ici à 2035. Les dirigeants d’EDF étaient sommés de préparer leur démantèlement. La loi est toujours en vigueur : « Faites votre boulot, messieurs » , les sermonne le président. Mais lequel ?

Encore un exemple. Le président réunit une convention citoyenne : 173 Français vont réfléchir pendant trois mois sur l’évolution de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, votée en 2016. Un sujet sur lequel il semble osciller. À l’évidence, chacun peut se sentir déchiré. Mais il avait promis à son amie Line Renaud, hantée par le souvenir des souffrances atroces de son mari, des avancées sur le droit à mourir dans la dignité. « Nous le ferons », lui avait-il dit. Mais après son audience avec le pape François, le président a avoué à des journalistes partager ses réticences : « Le pape sait que je ne ferai pas n’importe quoi. » Voilà pourquoi il demande à ces citoyens de décider. Sauf que la jurisprudence ( cf. la convention sur l’écologie) montre qu’il ne tient pas toujours compte de leurs préconisations.

Dernière illustration du “en même temps” ? Le Covid revient. Un jour, le président se montre en public portant un masque, le lendemain, il n’en a pas.

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