Valeurs Actuelles relais de brèves

Meeting d’anniversaire de Reconquête!, un an après : quel bilan ?

Adhérents, anciens candidats aux législatives, élus, sympathisants ou maires ayant parrainé Eric Zemmour, ils sont plus de 4 000 à avoir répondu à l’appel de l’essayiste, dimanche, au Dôme de Paris. Une après-midi placée sous le signe de la restructuration. Pour le quatrième homme de la présidentielle, il s’agit de relancer la dynamique après les récentes déceptions électorales, inciter les adhérents à renouveler leur carte de membre, et montrer à ses détracteurs que le parti, loin d’être mort, « vient de naître ». 

Ce meeting d’un peu moins de deux heures et à la mise en scène toujours soignée était le premier hors période électorale. Un moment crucial à l’heure où les premières adhésions touchent à leur fin.

Retour sur l’aventure présidentielle

Il y a un an, Eric Zemmour prononçait son discours de Villepinte (Seine-Saint-Denis). Un montage vidéo rappelle les réussites de Reconquête! depuis cette date : 130 000 adhérents et 2 500 000 électeurs à la présidentielle. 

Une présentation qui élude pudiquement les revers électoraux successifs. Ceux auxquels les opposants à la jeune formation s’agrippent pour déclarer sa mort politique : « Toutes les deux semaines, on nous explique que Reconquête! est enterré », rappelle Stanislas Rigault. Selon lui, le nombre de personnes présentes ce dimanche est la preuve que le combat politique ne fait que commencer. « Nous avons prouvé à tout le pays que nous avons raison […] maintenant, gagnons ! », lance-t-il avec enthousiasme. 

Puisque des actions concrètes valent mieux qu’un long discours, cadres et militants du parti se succèdent pour énumérer les victoires symboliques de Reconquête!. Porte-parole de « Protégeons nos enfants », une grande campagne contre la propagande à l’école, Agnès Marion se félicite de l’annulation d’une sortie scolaire aux abords d’un camp de migrants à Calais (Pas-de-Calais). 

Conseillère municipale de Saint-Chamond (Loire), Isabelle Surply revient sur son bras de fer avec un imam comorien frappé d’une OQTF dont elle est parvenue à obtenir l’expulsion. Et d’évoquer cette autre petite victoire : l’annulation d’une subvention de 9 000 € pour « un rappeur Algérien, anti France, anti flics et anti femmes ». 

Les intervenants reviennent également sur la mobilisation du parti à Callac (Côtes d’Armor) où le maire souhaite revitaliser sa commune en accueillant des migrants. On rappelle encore l’implication du parti contre le déboulonnage de la statue de Saint-Michel aux Sables d’Olonne (Vendée). 

C’est ensuite autour des vice-présidents de monter sur scène. Guillaume Peltier déchaîne la foule avec une tirade toute inspirée par Giorgia Meloni : « Je suis Français et je suis patriote, je suis même un homme et un père, je suis blanc, je suis chrétien, je suis hétérosexuel. Je vis dans la France rurale, je roule au diesel et je me chauffe au fioul. Et pour tout ça, je n’ai aucune intention de demander pardon ! Soyez fiers, adhérez à Reconquête! »

Eric Zemmour prend la parole

La chaleur des applaudissements augmente sensiblement quand Eric Zemmour prend place au milieu de la scène. « Une fois encore, vous êtes là pour démontrer notre vitalité ! », se félicite l’auteur de La France n’a pas dit son dernier mot (Rubempré). 

Il poursuit sur une anecdote destinée à remobiliser les troupes : « Un ami, m’a dit tout à l’heure : “tu ne te rends plus vraiment compte mais voir ainsi 4 000 Français réunis, un dimanche de coupe du monde, en pleine grève SNCF, à 6 degrés dehors et hors campagne électorale, je ne sais pas qui d’autre que vous peut faire ça !” […] Quand on dit le vrai, quand on agit pour le bien, on se relève toujours », veut croire l’ancien journaliste. 

« Qui ignore aujourd’hui ce qu’est le grand remplacement ? »

Pas défaitiste pour un sou, Zemmour veut voir le verre à moitié plein : « Qui ignore aujourd’hui ce qu’est le grand remplacement ? », lance-t-il en référence au concept qu’il a très largement banalisé.  

Mais puisqu’une formation politique ne peut pas se contenter de victoires symboliques, Eric Zemmour esquisse un nouveau programme en forme de triptyque : « Idées, actions, élections. »

Idées, car sans elles on devient « des ambitieux sans convictions ». Actions, parce que « pour nous, la politique n’est pas un jeu : tous les jours, il y a des actions à mener ».  Enfin, élections, car la prochaine échéance électorale, les européennes de 2024 représente un enjeu crucial : l’opportunité pour le parti d’obtenir ses premiers députés. 

À ce triptyque répondent trois axes de bataille. D’abord, parler à toute la droite dans un pays où 77 % des citoyens se revendiquent de ce bord politique. L’essayiste revient sur la question de l’union des droites dont il dit qu’elle « est un moyen, pas une fin ». En ce sens, il souligne la diversité des droites auxquelles il faut s’adresser sans faire de manières : « Un homme de droite est celui qui défend l’identité de la France », et ce, « qu’il lise des livres ou qu’il aime les chats ». À bon entendeur. 

« Sortez vous de la tête que c’est impossible, détruisez en vous ce fatalisme. »

Deuxième axe : mener la bataille culturelle, c’est-à-dire, réfléchir, penser, analyser. Et enfin, continuer « de nous déployer sur le territoire pour gagner ».

Le président de Reconquête termine sur une note d’espoir : « Sortez vous de la tête que c’est impossible, détruisez en vous ce fatalisme. » Et de rappeler tous les exemples qui prouvent que la victoire est possible : « Viktor Orban faisait 4 % en 1994, quatre ans plus tard, il était élu pour gouverner la Hongrie jusqu’à aujourd’hui », ou plus récemment Giorgia Meloni, désormais à la tête du gouvernement italien, qui ne faisait encore que 4 % en 2018.

Interrogé par Valeurs actuelles, un proche d’Eric Zemmour nous confie en off son ressenti au lendemain de ce meeting. « Tout le monde remarque que c’est extraordinaire d’avoir rempli le Palais des Sports dans ces conditions », se félicite le cadre. « Au moins cent personnes ont fait l’aller-retour de PACA en voiture », soit vingt heures de voiture au total. Ce meeting prouve que Reconquête! possède « une base extrêmement mobilisée que rien n’atteint ». Il a également permis de mettre en valeur les succès des militants sur le terrain. Revenant sur la sortie organisée par un professeur de Valenciennes dans un camp de migrants à Calais, le proche d’Eric Zemmour nous confie : « C’est Reconquête ! qui a donné l’alerte, puis le RN et les médias ont suivi. Aujourd’hui, si la sortie a été annulée, c’est grâce à nous ». « C’est ce qui fait que l’adhésion Reconquête! a un sens », assure ce cadre. Et cette base militante « peut jouer aux prochaines élections ».

Lire la suite sur Valeurs Actuelles ...

Author: Valeurs Actuelles