Valeurs Actuelles relais de brèves

La jurisprudence Lisnard

David Lisnard contre Michel Foucault. C’est un peu le match qui s’est joué, la semaine dernière, sur les réseaux sociaux. Le maire de Cannes a eu maille à partir avec les héritiers du philosophe de Mai 68, auteur de Surveiller et punir, cet ouvrage qui défendait l’idée que les criminels ne sont pas responsables de leurs actes et qu’il faudrait en imputer la faute à la société. Une idéologie de l’excuse toujours prédominante à gauche.

La cause de cette “polémique” ? La Mairie de Cannes a retiré à un commerçant le droit d’installer son étal sur le marché de La Bocca. Il se trouve que cet homme est le père du « sauvageon » — le terme est de Jean-Pierre Chevènement — qui a agressé une Cannoise de 89 ans pour lui dérober son sac à main. Ce méfait inqualifiable, à la fin août, avait provoqué un émoi national en raison de son caractère particulièrement lâche.

L’enfant de ce commerçant, âgé de seulement 14 ans, s’est déjà “illustré” par son comportement déviant. Plusieurs exclusions de collèges, insultes, violences à l’encontre d’un autre élève… Il n’empêche : la gauche n’accepte pas qu’on puisse reprocher à un père les actes commis par son fils. Ce serait pourtant faire fi du principe légal, trop oublié, de responsabilité parentale. Et puis la progéniture a de qui tenir. La Mairie de Cannes précise que le père, locataire du parc social, doit 60 000 euros à la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes.

En plus de son activité de commerçant (une demi-journée par semaine) il dirigeait, avant que le Covid vienne perturber sa petite entreprise, une agence de voyages… à destination de La Mecque. Activité non déclarée. Le tribunal administratif de Nice a d’ailleurs donné raison à la Mairie de Cannes en rejetant la requête formulée par le commerçant.

“Lever l’excuse de minorité dès 13 ans”

Alexandra Martin, députée Les Républicains de la 8e circonscription des Alpes-Maritimes, s’indigne d’une « inversion des valeurs » et souligne « la mesure de bon sens » prise par le maire. La députée veut défendre une « société de la responsabilité ». Elle a d’ailleurs déposé une proposition de loi — corédigée avec David Lisnard — au sujet de la justice des mineurs. « On voit qu’il faut faire évoluer la législation alors que les mineurs délinquants sont de plus en plus jeunes », explique-t-elle. Alexandra Martin présente son plan : « Il faut d’abord pouvoir lever l’excuse de minorité dès 13 ans au lieu de 16. » En bref, permettre, dans les cas graves, de juger un mineur avec l’échelle des peines qui prévaut pour les majeurs.

Deuxième pan de la proposition de loi : « Abaisser l’atténuation des peines à 20 % de celles encourues par les adultes, contre 50 % aujourd’hui. » Cette plus grande sévérité vaudrait pour tous les mineurs délinquants, de 13 à 18 ans.

Le principe de responsabilité serait double. Il vaudrait pour le mineur comme pour ses parents. Alexandra Martin l’affirme : « La société n’a pas à payer les manquements éducatifs de ceux qui ne s’intéressent pas à leurs enfants. » En plus de la responsabilité civile, la députée veut instituer, en cas de manquement aux obligations parentales, des sanctions pénales. Celles-ci pourraient aller jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. La députée va se battre pour imposer sa proposition à l’ordre du jour de l’Assemblée.

Lire la suite sur Valeurs Actuelles ...

Author: Valeurs Actuelles