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La génération Bardella face à Elon Musk

Elon Musk vient de déclarer qu’il serait à l’aise d’implanter une puce Neuralink sur lui-même ou sur l’un de ses enfants. L’homme le plus riche du monde n’a pas précisé s’il l’implanterait sur son sixième enfant, qui porte un prénom hypertechnologique : X Æ A-XII. Les premières implantations de sa prothèse ont eu lieu depuis 2020 dans le cerveau de cochons et de singes. Le patron de SpaceX et Tesla a expliqué sur Twitter, dont il est propriétaire, que sa start-up Neuralink serait en mesure d’implanter sa puce électronique dans le cerveau d’un humain avant juin 2023.

​L’implant cérébral Neuralink vise trois objectifs : traiter les maladies neurologiques, permettre de communiquer avec les ordinateurs directement par la pensée et augmenter nos capacités intellectuelles et mnésiques.

​L’objectif ultime est d’éviter que les humains ne soient dépassés par l’intelligence artificielle (IA). Pour conjurer ce cauchemar technologique et considérant que l’école est une technologie obsolète, Elon Musk a décidé de développer des technologies d’augmentation cérébrale.

Musk flatte les conservateurs en annonçant qu’il votera Trump, tout en prévoyant de transformer notre cerveau, donc notre âme et notre humanité.

​Le 28 mars 2017, il déclarait que son équipe « sera capable de connecter les neurones humains à de l’IA pour fournir à une nouvelle génération d’hommes augmentés de meilleures performances intellectuelles et de capacités de mémorisation accrues ».

​Intégrées à nos 86 milliards de neurones, les puces Neuralink sont bien destinées à nous transformer en cyborgs – ce qui fait d’Elon Musk le leader mondial du transhumanisme, à la pointe des technologies démiurgiques.

​Les transhumanistes veulent supprimer toutes les limites de l’humanité grâce aux technologies NBIC. La mort de la mort, l’augmentation des capacités cérébrales, la création de la vie en éprouvette, l’utérus artificiel et la colonisation du cosmos sont les objectifs de ce mouvement qui bâtit l’homme 2.0, ou homme-dieu.

Les nationalistes doivent-ils favoriser les neurotechnologies pour renforcer la puissance de la France dans le monde cruel qui vient, ou au contraire freiner le progrès au risque de déclasser notre pays ?

​ Ainsi, Elon Musk veut envoyer un million d’humains sur Mars d’ici à 2050 et a créé OpenAI, à la pointe de l’IA avec son extraordinaire logiciel GPT. Musk flatte les conservateurs en annonçant qu’il votera Trump, tout en prévoyant de transformer notre cerveau, donc notre âme et notre humanité. Depuis le rachat de Twitter, il a eu un comportement fantasque et imprévisible. À l’ère des neurotechnologies, qui ont vocation à fusionner nos neurones et l’IA, l’humanité peut-elle confier les clés de nos cerveaux à un innovateur génial mais foufou ?

​Leader de la droite nationaliste, Jordan Bardella a récemment déclaré dans ces colonnes : « On aurait tort de réduire l’enjeu civilisationnel au seul péril identitaire. Notre incapacité à contrôler le transhumanisme représente une réelle menace pour notre civilisation. » Les nationalistes doivent-ils favoriser les neurotechnologies pour renforcer la puissance de la France dans le monde cruel qui vient, ou au contraire freiner le progrès au risque de déclasser notre pays ? Interdire Neuralink ou faire rembourser les implants par la Sécurité sociale afin de renforcer la puissance technologique de la France ? C’est bien la génération Bardella qui tranchera ce dilemme !

* Laurent Alexandre est chirurgien urologue et spécialiste des nouvelles technologies.

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Author: Valeurs Actuelles