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Harkis : Jean-Marie Bockel détaille le dispositif d’indemnisation

La Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les Harkis (CNIH) permettra t-elle enfin, soixante ans après la fin de la guerre, une réconciliation nationale entre la France et l’Algérie ? L’enjeu est fondamental pour les familles des 70 000 combattants officiellement recensés qui ont subi les camps, après les accords d’Evian de 1962, dans des conditions souvent indignes sur le plan sanitaire, scolaire et d‘hébergement,  et de privation de liberté. « Nous ne partions pas d’une feuille blanche mais Emmanuel Macron a marqué fortement une volonté de faire un pas important de travail mémoriel » estime Jean-Marie Bockel, président de la CNIH.

La loi du 23 février 2022 puis le décret du 18 mars ont fixé les mesures de réparation des préjudices subis : 2 000 euros pour les trois premiers mois passés dans des camps, 3 000 euros au-delà de trois mois puis 1 000 euros par année supplémentaire, avec un plafond d’indemnisation à 16 000 euros. Pour Jean-Marie Bockel, ce processus d’indemnisation « est une vraie preuve d’amour de la France. Dans le monde dans lequel nous vivons, cela ne compte pas pour rien ». Malgré les critiques de certaines associations, les familles de Harkis ne sont pas non plus restées indifférentes à cette main tendue.  Plus de 23 000 dossiers d’indemnisation ont été déposés, dont 4 000 ont d’ores et déjà traités. Le montant moyen accordé atteint 8 600 euros par famille.

« Apaiser les mémoires »

Mais la mission du CNIH ne s’arrête pas là. Depuis six mois, le président de la Commission, entouré du Préfet Marc Del Grande et de Charles Perera, a non seulement rencontré des dizaines de responsables d’associations de Harkis -parmi les 250 associations recensées- mais aussi arpenté les anciens camps (Bias, Rivelsates…) et hameaux de forestage où les réquisitionnés étaient affectés à des travaux dans les forêts domaniales. La CNIH travaille aussi dans le but « d’apaiser les mémoires et de raccrocher le destin singulier et tragique des harkis au roman national français » selon Jean-Marie Bockel. L’ancien Secrétaire d’Etat aux anciens combattants -son père était engagé dans l’Armée d’Afrique et a été grièvement blessé en 1945 et son fils pilote d’hélicoptère qui a participé à l’opération Barkhanes a perdu la vie en 2019 – sait mieux que quiconque ce que signifie l’engagement pour la France. Au printemps, un site internet officiel harkis.gouv.fr sera lancé avec un onglet historique et des témoignages des familles. En parallèle, la CNIH s’est rapproché du Ministère de l’Education Nationale pour que le « sujet puisse être mis sereinement sur la table (…) avec des outils pour les professeurs ».  Pour le travail de mémoire.

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Author: Valeurs Actuelles