Valeurs Actuelles relais de brèves

En 4 ans, 343 détenus condamnés pour terrorisme ont été libérés dans l’Hexagone

Que deviennent les hommes et les femmes condamnés pour des actes liés au terrorisme islamiste en France ? Comme le fait savoir France Info lundi 14 novembre, ils sont libérés après leur peine et placés sous surveillance de la justice et des services de renseignements. Au total en 4 ans, ils sont 343 à être sortis de prison, dont 72 en 2022. Le ministère de la Justice indique que 406 prisonniers « TIS » (Terroristes islamistes) sont encore derrière les barreaux sur le territoire français.

Mesures de contrôle

Une partie de ces détenus ont été condamnés pour être partis faire le djihad en Syrie et reconnus coupables d’« association de malfaiteurs à caractère terroriste ». Après avoir purgé quelques années de prison, ils sont dans 80% des cas soumis à une Mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (MICAS). Concrètement, ce dispositif oblige par exemple les individus libérés à pointer deux fois par jour au commissariat pendant plusieurs mois. Certains doivent en plus pointer à l’antenne locale de la DGSI une fois par jour et être suivis par un psychologue. Dans de rares cas, les condamnés pour terrorisme sont aussi confrontés à la déchéance de nationalité, un moyen pour les services de renseignement d’obtenir l’éloignement de certains sortants de prison. « Potentiellement, ils peuvent repasser à l’action ou tenter de repasser à l’action », a expliqué l’un des patrons de l’UCLAT, une unité de la DGSI, auprès de France Info. Avant d’ajouter : « On est parfaitement lucides sur la probabilité très mince de désengagement de personnes qui ont été condamnées pour des faits de terrorisme ».

Pourtant, ces mesures post-détention posent un problème de droit à Me Dylan Slama. En effet, l’avocat a confié à France Info qu’il y avait un avant et un après l’attentat dans l’église de Saint-Etienne de Rouveray commis en 2016 par un ancien détenu radicalisé sous bracelet électronique. « Je pense que cette affaire a créé un véritable traumatisme chez les magistrats qui vont prendre une décision en se disant ‘Que va-t-il se passer si je prends une mesure moins restrictive ?’ », souligne Dylan Slama. Pourtant, ce dernier rappelle qu’après avoir effectué la totalité de leur peine, les individus sont libres et qu’ils ont payé leur « dette à la société ».

Lire la suite sur Valeurs Actuelles ...

Author: Valeurs Actuelles